Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France

Philippe de Villiers

Il prend un peu de recul, en quittant la tête du conseil général de Vendée. Mais il reste président du mouvement souverainiste.

C’est l’épilogue d’un bail de vingt-deux ans. Vingt-deux années passées à la tête du département de Vendée, dont Philippe de Villiers vient de décider de quitter la présidence. Dimanche prochain, son dauphin de toujours, Bruno Retailleau, avec lequel il entretenait pourtant depuis deux ans un conflit public, prendra sa succession. Un coup de tonnerre dans ce territoire de France, façonné sur la scène nationale par le vicomte. C’est parce qu’il estime qu’il a mené à bien sa mission qu’il a pris cette décision surprise: "Quand je suis arrivé il y a 22 ans, j’avais le projet de rendre leur fierté aux Vendéens. Aujourd’hui, on nous regarde différemment", déclarait-il récemment, en annonçant sa sortie.

Associé au patrimoine génétique de la région, marquée encore aujourd’hui par la répression féroce des Chouans pendant la Révolution, le souverainiste porte à son actif deux réussites politiques indéniables: la création du spectacle du Puy-du-Fou, devenu au fil des ans le plus grand son et lumière monté en France; et celle de la radio locale Alouette FM. Mais Philippe de Villiers n’est pas "juste" un homme politique local haut en couleur, comme le pays en compte tant. A la tête du Mouvement pour la France, mouvement souverainiste, il représente la frange la plus extrême de la droite dure, vitupérant contre l’influence de "Bruxelles" et dénonçant à grands coups de déclarations sans nuances la "mainmise" des immigrés, en particulier originaires du Maghreb, sur le pays. En 2006, un de ses ouvrages, "Les mosquées de Roissy", avançant la thèse d’une infiltration islamiste dans le plus grand aéroport français, provoqua le scandale.

Son retrait de la vie politique locale ne signifie pourtant pas la fin de carrière de Philippe de Villiers. Affaibli par un cancer de l’œil, qu’il affirme avoir vaincu, confronté à l’accusation de viol formulé par l’un de ses fils à l’encontre d’un autre de ses fils, il ne devrait toutefois pas quitter ses fonctions de président du MPF, comme l’a tout de suite confirmé le mouvement. Au grand dam de certaines organisations concurrentes, tel le Bloc identitaire, qui avait immédiatement appelé les sympathisants villiéristes à se tourner vers lui. Philippe de Villiers conservera par ailleurs son mandat de député européen.

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