Philippe Lambin, "professeur anti-cancer"

En moins d’un mois, le professeur Philippe Lambin, un médecin belge de l’université de Maastricht, a vu deux des sociétés qu’il a créées prendre leur envol. Sa petite dernière s’appelle Convert Pharmaceuticals et vient de lever 13,6 millions d’euros.

Deux jeunes pousses sorties du cocon académique et mises sur les rails en quelques semaines: qui dit mieux, quand on ne s’appelle pas Marc Coucke ou Jean Stéphenne? Moins d’un mois après avoir annoncé la clôture d’un premier financement de 8 millions d’investissement et de subsides pour Oncoradiomics, une jeune medtech pionnière de l’intelligence artificielle dans l’imagerie médicale, le professeur Philippe Lambin récidive. Ce radiothérapeute oncologue wallon, enseignant à l’université de Maastricht, voit une autre société créée par ses soins, Convert Pharmaceuticals, attirer à son tour les investisseurs.

Le profil
  • Médecin spécialiste, diplômé de l’UCL.
  • Professeur à l’université de Maastricht.
  • Directeur médical d’un centre anticancéreux à Maastricht pendant 15 ans.
  • UZ Leuven avec mandat FWO-V pendant 7 ans.

Convert a été cofondée par le fonds spécialisé Droia Oncology Ventures, Philippe Lambin, Paul Tulcinsky et Nicolas Geûens. Elle a mis au point un traitement anti-cancer exploitant l’hypoxie tumorale qui a lieu lorsque les cellules cancéreuses sont privées d’oxygène.

Le promédicament (ou prodrogue) qui est en train d’être développé pourrait apporter une approche novatrice pour combattre certaines tumeurs cancéreuses agressives et résistantes aux traitements classiques.

Signe du sérieux de ces recherches, Convert a pu compter sur un financement total de 13,6 millions d’euros en fonds propres et non dilutifs octroyés par Droia, Meusinvest et Spinventure, ainsi qu’un financement non-dilutif de la Région wallonne et du programme européen Eurostars. La start-up s’est installée à Liège, au Val-Benoît, avec un labo au Sart Tilman, où se trouve également Oncoradiomics.

Avant de rejoindre l’université de Maastricht, où il a occupé la fonction de directeur médical d’un centre anti-cancéreux pendant 15 ans, Philippe Lambin a travaillé à l’UZ Leuven, sur le site du Gasthuiberg. "C’est là que j’ai appris le néerlandais", confie-t-il.

Made in New Zealand

Le médicament que développe Convert Pharmaceuticals a été conçu par l’un des laboratoires de recherche les plus réputés au monde dans le domaine des promédicaments sélectifs de l’hypoxie, à savoir l’université d’Auckland en Nouvelle-Zélande. Cette dernière a fait ensuite appel aux services de Philippe Lambin, qui est spécialisé les questions d’hypoxie (le manque d’oxygène) tumorale.

Depuis quelques années, après avoir consacré une grande partie de son existence à la recherche et à l’enseignement, le professeur veut désormais se pencher sur la valorisation des recherches académiques. "Nous sommes dans une économie de la connaissance. Il est intéressant que ces connaissances soient valorisées, pour qu’elles soient utilisées de façon routinière, fait-il valoir. Un de mes objectifs à la fin de ma carrière, c’est de faire des start-ups qui ont un impact sur le traitement des patients cancéreux et d’enrichir l’économie wallonne."

Ce qui ne va pas toujours de soi. La première société qu’il a lancée en tant que chercheur au sein d’un incubateur à l’université de Maastricht n’a pas répondu aux attentes initiales et a dû réorienter ses recherches. Par contre, Oncoradiomics et Convert, elles aussi incubées dans la ville néerlandaise avant de rejoindre Liège, semblent désormais bien parties. Et Philippe Lambin espère ne pas s’arrêter là. Une autre biotech qu’il a contribué à créer (mais pas comme investisseur), ptTheragnostic, a été reprise il y a deux ans par l’américain de la Silicon Valley DNAmito. Elle pourrait avoir un jour un siège en Californie et un autre à Liège…

Derrière Droia oncology, Marc Coucke et Alexandre Van Damme

Droia Oncology Ventures est un investisseur spécialisé dans la lutte contre le cancer. Droia investit dans de nouvelles thérapies prometteuses contre le cancer et accélère leur évolution en apportant un soutien actif à de jeunes entreprises spécialisées dans le développement de traitements afin qu’elles puissent obtenir les preuves cliniques de leur concept. Son portefeuille actuel, composé d’une dizaine d’entreprises, est réparti entre l’Europe et les États-Unis. Aujourd’hui, Droia gère 73 millions d’euros, financés par 9 investisseurs privés, dont Marc Coucke et Alexandre Van Damme.

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