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Pierre Lebecque, l'homme derrière le cerveau du disquaire idéal

©doc

Offrir aux gens la musique qu'ils veulent au moment voulu, telle était la volonté du Belge Pierre Lebecque en créant Musimap. Musicologue de formation, ce passionné du son voit aujourd'hui son idée passer en main helvétique.

L'homme qui permet à vos plateformes musicales de vous proposer une offre fidèle à vos goûts, à vos humeurs, à vos émotions, c'est lui: Pierre Lebecque.

Aujourd'hui, sa vision "de la discothèque idéale" est saluée. Sa société Musimap est ainsi acquise par le suisse Utopia Music. "L'ajout de la technologie d'intelligence artificielle et de l'expertise en métadonnées de Musimap contribuera à créer une norme d'excellence pour le balisage et l'enrichissement avancés des métadonnées, en connectant la bonne chanson au bon public au bon moment", lit-on dans un communiqué.

"Pierre, c'est un chercheur suffisamment pugnace et passionné pour donner vie à un projet portant un réel potentiel de rupture technologique."
Vincent Favrat
Ex-CEO de Musimap

Pour Musimap, c'est l'occasion de s'ouvrir sur d'autres territoires. Le montant de la transaction n'a toutefois pas été précisé.

Baigné dans l'univers du son

"Pierre, c'est un esprit créatif exceptionnel, un chercheur suffisamment pugnace et passionné pour sortir des sentiers battus, mener son équipe vers des innovations majeures et donner vie à un projet portant un réel potentiel de rupture technologique", dira de lui Vincent Favrat, ex-CEO de Musimap au site Digimédia.

Sociologue, musicologue et musicothérapeute, à près de 63 ans, Pierre Lebecque a pendant plus de 30 ans évolué dans le monde du son tant pour les films que les shows télévisés. Il a ainsi œuvré chez Canal+ Belgium et chez nWave Pictures que l'on retrouve derrière les films d'animations "Robinson Crusoé" ou "Les Aventures de Sammy".

Robinson Crusoé

En 2015, soutenu par Frédéric Notet et Vincent Favrat, il fonde Musimap. Interrogé à l'époque, il expliquait que l'idée était née de sa thèse de doctorat de 1991 à l'Université de Louvain-la-Neuve partant du postulat qu'aucun musicien ne peut créer de la musique sans en avoir entendu.

"Je prends souvent l'image de James Brown, qui n'aurait jamais pu créer le funk sans avoir été lui-même influencé par les rythmes binaires africains, les pasteurs noirs et le gospel", explique-t-il. Selon lui, le musicien a donc des relations d'influence. Auparavant, il avait déjà réalisé une première thèse sur le profilage musical.

Quincy Jones séduit

Les trois hommes envisagent ainsi de cartographier l'histoire de la musique et de ses influences. La société "The World Is a Mix" nait en 2008. Mais l'idée ne s'arrête pas là. Grâce à la technologie de l'intelligence artificielle, la transformation en un outil interactif sera lancée pour arriver à terme à un magasin virtuel de la musique du monde,  le "cerveau du disquaire idéal" en quelque sorte. "Chaque morceau de musique est qualifié par 55 paramètres reliant les émotions aux qualificatifs humains, permettant de répondre à des requêtes humaines et précises."

Après plus de quinze ans de développement, cette société liégeoise est vue comme la plus avancée dans ce domaine, ce qui n'a pas échappé à Quincy Jones. En 2020, l'icône de la musique alors âgée de 87 ans, entrerait au capital de start-up, tout comme Andreas Spechtler, l'ex-président de Dolby International qui lui s'offrira aussi une place au conseil.

CV Express

  • Diplômé en socio-musicologie avec un doctorat en morphing musical à L'UCLouvain
  • 1990-1992: directeur de production à Canal+
  • 1992-1996: directeur de production chez Little Big One, société audiovisuelle désormais faillie
  • 1992-aujourd'hui: ingénieur du son, superviseur et manager postproduction chez nWave Digital
  • 2008-2011: responsable recherche de The World Is a Mix
  • 2015-aujourd'hui: responsable de la recherche chez Musimap

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