Quim Torra, un indépendantiste pur et dur à la tête de la Catalogne

Quim Torra est le nouvel homme fort de la Catalogne ©AFP

Carles Puigdemont, le président déchu de la Catalogne, a habilement choisi celui qui va assurer son "intérim". Non seulement Quim Torra lui professe une loyauté sans faille– il a été l´un des premiers à lui rendre visite à Bruxelles au début de son "exil"- mais il est surtout un militant profondément indépendantiste également convaincu de la nécessité de se séparer de l'Espagne.

Quim Torra, éditeur, écrivain, député néophyte de la liste Ensemble pour la Catalogne (Junts per Catalunya), la formation de Carles Puigdemont, a été élu ce lundi au parlement catalan au deuxième tour, par 66 voix des grands partis indépendantistes contre 65 de l’opposition, et l’abstention de quatre députés du parti séparatiste d’extrême gauche CUP (Candidature d'Unité Populaire).

Tweets controversés

D'anciens tweets qui ont été effacés par Quim Torra ont refait surface. Des prises de position dures sur l'Espagne qui ont provoqué la polémique tels que "nous vivons sous occupation espagnole depuis 1714"; "Les Espagnols ne savent que piller"; "Ce qui surprend, c'est le ton, la mauvaise éducation, le “snobisme” espagnol, un sentiment de saleté. Horrible".

Il s’en est excusé ces derniers jours. "Si quelqu’un s’est senti offensé, je demande pardon parce que ce n’était pas mon intention", a-t-il déclaré.

 

Figure d'un indépendantisme radical, ou "émotionnel" comme il le définit lui-même, ses idées ont poussé Quim Torra à écrire il y a quelques années des tweets très polémiques voire xénophobes, qu’il a aussitôt supprimé mais qui ont fait le tour des médias locaux et dans lesquels il a dénoncé  l'"occupation" et le "pillage" des Espagnols.

"Travailler sans répit pour la république catalane"

Né à Blanes, sur la Costa brava, Quim Torra, 55 ans, a fait son entrée en politique il y a seulement quelques mois. Après une longue trajectoire professionnelle au sein de la compagnie d'assurances suisse Winterthur, il a mis à profit son indemnité de licenciement pour fonder en 2008 une maison d'édition, A Contra Vent, spécialisée dans la récupération de textes de journalistes catalans de la Seconde république espagnole (1931-1939) et de l'exil sous la dictature de Franco.

Sa présidence d’un an de l´association Souveraineté et Justice (Sobirania i Justicia), qui promeut l’indépendance de la Catalogne marque le début d’un activisme politique qui le propulse à la tête du Centre Culturel du Born, au Conseil de l’Assemblée Nationale Catalane dont il est membre en 2011 et à la présidence Òmnium Cultural, l'une des grandes plateformes de mobilisation de l'indépendantisme.   

Centre culturel d'El Born

Quim Torra a dirigé de 2012 à 2015 le Centre culturel du quartier barcelonais d'El Born, dans la vieille ville, très controversé pour relayer les revendications nationalistes. Construit dans une gigantesque halle de 1876, sur des ruines du XVIIIe siècle, le centre est devenu un monument contre la "répression" espagnole depuis 1714, date fétiche des nationalistes, qui marque le début du règne des Bourbons sur la Catalogne.

Le nouveau président n’a pas manqué de confirmer ses convictions dans sa prise de parole lors du débat d’investiture, le samedi 12 mai. Il s´est alors engagé à "travailler sans répit pour la république catalane " et a confirmé sa volonté d’entamer un "processus constitutif qui aboutira à l’élaboration d’une Constitution catalane". Il a également promis de respecter le résultat majoritairement indépendantiste du référendum du 1er octobre, jugé illégal par le gouvernement espagnol.

Il reprend le costume de Puigdemont, mais pas son bureau

Quim Torra a aussi annoncé son intention de lancer un "plan de choc" pour enquêter sur les conséquences de l'application de l'article 155, soit la mise sous tutelle de la Catalogne qui devrait en principe être levée. Il a également qualifiée la situation politique catalane de "crise humanitaire" et prôné la "construction d’un pays avec la plus grande radicalité possible". 

Le choix de ce nouveau candidat a été critiqué par les opposants à l'indépendance qui ont dénoncé un "président marionnette". Le gouvernement espagnol a pour sa part rappelé que le candidat avait l'obligation de respecter la loi. Le PSOE a déclaré dans un communiqué qu'il regrettait le choix de "l'un de ses profils les plus sectaires".

Quim Torra est théoriquement une figure de transition. Carles Puigdemont lui a interdit d'utiliser son bureau dans le palais de la Generalitat, pour bien marquer qu´il ne s´agit que d'une étape dans la création d'une république catalane indépendante.

CV Express

28 décembre 1962: naissance à Blanes (province de Gérone) au sein d´une famille de classe moyenne

1985: Diplômé en droit à l'université Autonome de Barcelone

1987-2007: Il travaille pour la compagnie d´assurances Winterthur

2008: Il fonde la maison d´édition A Contra Vent 

2015: Il exerce la présidence par intérim d´Omnium Cultural, l´une des grandes plateformes de mobilisation de l´indépendantisme

21 décembre 2017: Il est élu député de Junts per Catalunya (Ensemble pour la Catalogne) la formation de Carles Puigdemont

 

 

 

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