Renzo Piano, favori pour reconstruire le pont de Gênes

©Getty Images

Un mois après l’effondrement du pont Morandi, le Génois de naissance est naturellement en lice pour construire le nouvel ouvrage. Une exposition lui est également consacrée à la Royal Academy of Arts de Londres.

Ç’aurait pu être un moment drôle si la tragédie de Gênes n’était pas encore dans tous les esprits. Lors de la présentation de la nouvelle maquette du futur pont, le président de la société autoroutière Autostrade, Giovanni Castellucci, a renversé le tablier comme un vulgaire château de cartes. "ça porte chance", a rebondi le concepteur du projet, Renzo Piano, de façon tout aussi maladroite.

Cette anecdote ne saurait faire ignorer l’essentiel: le fait que Renzo Piano soit le grand favori pour ce futur pont dit tout du prestige et de la crédibilité de la star des architectes, qui fêtera ses 81 ans ce vendredi, et qui ne peut pas mieux boucler sa carrière qu’en reconstruisant le pont de la ville où il est né.

Le profil
  • Né le 14 septembre 1937 à Gênes
  • Études: Polytechnique (Milan)
  • Principales œuvres: Shard (London), Cité judiciaire (Paris), Centre Georges-Pompidou (Paris), New York Times Building (New York)
  • Récompenses: Pritzker Architecture Prize; Riba Gold Medal; Sonning Prize; Kyoto Prize

Il promet de renoncer à toute rémunération, et affirme que cette structure en métal, posée sur le même nombre de piliers que celui de personnes décédées le 14 août dernier lors de l’effondrement du pont Morandi, durera au moins cinq cents ans!

Alors qu’une exposition lui est consacrée à la Royal Academy of Arts de Londres, Renzo Piano atteint l’apogée d’une carrière qui a déjà atteint de nombreux sommets.

L’expo londonienne revisite trente ans de créations, avec des dessins préparatoires, des photos, des maquettes, qui ne représentent qu’une infime partie du travail d’imagination titanesque déployé par l’Italien, qui a souvent bousculé la logique esthétique.

Une centaine de projets sont rassemblés dans un îlot central de l’exposition, donnant une vue d’ensemble des créations du stararchitect.

Prises de risques esthétiques

Le choix de Londres pour cette expo n’est pas anodin: le Shard, la plus haute tour de bureaux d’Europe, est peu à peu adopté par les Londoniens après avoir été rejeté par quelques grincheux à l’époque de son inauguration, au début de cette décennie. Elle devient peu à peu un symbole de la capitale britannique, au même titre que le Tower Bridge ou Big Ben. Un symbole dont l’ours Paddington prend bien soin de laver les vitres dans le deuxième opus de la série, véritable publicité touristique.

La pointe du gratte-ciel, volontairement inachevée, semble ouvrir Londres à un espace infini de créations.

Le centre Georges-Pompidou, à Paris, a sans doute été son pari le plus osé. Défigurer le cœur de la capitale française, au milieu des années 70, aurait pu effrayer ses édiles. Cette usine de fer et de tuyaux lui a au contraire ouvert de nouveaux horizons.

Il en va de même pour le Stade San Nicola de Bari, construit pour la Coupe du monde 1990, et dont la partie supérieure est parsemée de larges trous béants entre les différentes tribunes.

La nouvelle cité judiciaire de Paris, sorte d’escalier à quatre marches, ou de superpositions de bacs à fleurs, a quant à elle le grand mérite d’interpeller quotidiennement les conducteurs du périphérique sur le rapport improbable entre ce bâtiment et la notion de justice.

Renzo Piano a également su faire preuve de sobriété, par exemple avec l’immeuble du New York Times, ou épouser fidèlement les aspirations locales, comme pour le centre culturel Jean-Marie Tjibaou, à Nouméa, qui reflète la sensibilité kanak.

Une famille de constructeurs
Bâtir est dans ses gènes. Renzo Piano est en effet le petit-fils d’un maçon qui a fait grandir son entreprise de construction, ensuite reprise par ses trois fils sous le nom Fratelli Piano ("Les frères Piano"). La société a profité de la grande reconstruction d’après-guerre. Renzo Piano a étudié l’architecture à l’Université de Milan, dont il est sorti diplômé en 1964. Son premier succès d’estime a été le pavillon italien de l’exposition universelle d’Osaka, en 1970, à la suite duquel il a bâti un fructueux partenariat avec le Britannique Richard Rogers.

Une dizaine d’ouvrages en cours de construction
À bientôt 81 ans, Renzo Piano reste une industrie à lui seul. Outre le futur pont de Gênes, pas moins de dix projets sont en cours de conception ou de construction, parmi lesquels le futur siège des Academy Awards, à Los Angeles, le nouveau tribunal de Toronto, et le premier bâtiment résidentiel de sa carrière à New York.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content