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Richard Liu, nouvelle victime du coup de balai du régime chinois

Richard Liu, fondateur de JD.com, renonce à la direction quotidienne de son groupe. ©AFP

Le fondateur de JD.com a annoncé quitter la direction opérationnelle de l'entreprise, dans un contexte de pression renforcée par Pékin. Il rejoint une longue liste de patrons forcés à faire un pas de côté.

Après le départ des fondateurs de TikTok, Pinduoduo ou encore Alibaba, la valse des patrons chinois de la tech se poursuit. En toile de fond, la volonté de Pékin de freiner "un essor technologique désordonné".

Richard Liu, patron et fondateur, abandonne donc les rênes de la gestion quotidienne de JD.com au profit de Xu Lei, actuel responsable de JD Retail. Liu Qiangdong, de son nom chinois, affirme dans un communiqué vouloir "consacrer davantage de temps à l'élaboration des stratégies à long terme" de l'entreprise de commerce en ligne.

Des rizières aux millions

Liu, c'est l'histoire d'un gamin qui grandit dans un petit village de la province de Jiangsu (proche de Shanghai) où l'eau et l'électricité font défaut. Si ses parents descendent d'une lignée de riches marchands, à sa naissance, la famille ne compte plus que des travailleurs dans les rizières.

Son parcours scolaire sans faille lui ouvre les portes de l'université de Renmin à Pékin. Tout en suivant les cours de sociologie, Richard Liu travaille dans une petite entreprise où il s'initie à la programmation informatique.

Ce job très lucratif lui donne des envies d'entrepreneuriat. Il ouvre un petit restaurant, mais la faillite est prononcée après deux ans.

En 1996, diplômé, mais endetté, il emprunte la voie du salarié. Vite, l'entrepreneuriat le titille à nouveau. Il achète un entrepôt à Pékin et fonde une boutique d'informatique, Jingdong. L'activité est florissante. En cinq ans, les magasins se multiplient et les millions s'amoncellent.

En 2003, la Chine fait face à la pandémie de SRAS. Les villes sont mises en quarantaine, les transports en commun à l'arrêt et les magasins sont fermés.

Un des employés de Liu a alors une idée: et si on mettait l'inventaire des produits de stock en ligne? L'idée séduit Richard Liu qui entrevoit l'explosion du net.

En 2005, la décision est prise de fermer les magasins physiques. Après des débuts difficiles, le succès est au rendez-vous. En 2011, Liu est même couronné personnalité économique de l'année.

JD.com est aujourd'hui un colosse de plus de 670 milliards d'euros de capitalisation, un chiffre d'affaires de quelque 97 milliards d'euros et près de 6,5 milliards de bénéfice.

Sous les griffes de Pékin

En 2018, en pleines tensions politiques entre la Chine et les États-Unis, et alors que l'action JD est chahutée en bourse, le PDG chinois est accusé de viol aux États-Unis. Interpellé à Minneapolis, il pourra toutefois rapidement regagner la Chine, faute de preuve.

Depuis quelques mois, le succès des entreprises technologiques est scruté par les autorités chinoises. Les amendes se multiplient. Depuis décembre, JD.com en a reçu plusieurs, pour mauvaise évaluation des produits vendus, déclaration incomplète de fusions d'entreprises et pratiques déloyales. Pékin s'est aussi opposé à l'IPO de Ant Group, filiale d'Alibaba.

Alors que les entreprises technologiques décrochent en bourse, le président Xi Jiping aurait indiqué, récemment, que ce n'était qu'un début. "Le gouvernement doit guider les entreprises à obéir au leadership du parti."

CV express

  • Né le 10 mars 1973 à Suqian dans la province du Jiangsu.
  • Il est marié à Zhang Zetian, connue sur le net sous le nom de "Sister Milk Tea". Le couple à une fille.
  • Diplômé en sociologie de l'université de Pékin et d'une maîtrise en administration des affaires de la China Europe International Business School.
  • En 1998, il se lance dans la vente de produits électroniques en créant Jingdong (JD).
  • En 2005, il abandonne les magasins physiques pour se concentrer sur la vente en ligne avec JD.com.

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