Robert Verteneuil | L'homme devenu rouge dès ses… six ans

Sauf surprise de toute dernière minute, Robert Verteneuil sera le seul candidat au poste de secrétaire général de la FGTB. La liste doit être clôturée et officialisée ce jeudi.

"Robert Verteneuil, ce n’est pas le même style que Marc…" L’homme qui nous confie cela a raison. Là où Marc Goblet se montrait souvent réservé, presque méfiant, un peu bourru parfois (échaudé, il est vrai, par les nombreuses attaques subies par son syndicat), Robert Verteneuil est tout sourire. Jovial. Posé, aussi. Et ça, nous dit-on, c’est plutôt récent… "Il a corrigé l’un de ses défauts de jeunesse. Dans le passé, il était plutôt expansif." Explosif? "Disons qu’il avait tendance à agir avant de réfléchir. Mais aujourd’hui, il a atteint la maturité nécessaire pour être secrétaire général", estime un ancien ténor du syndicat socialiste.

Robert Verteneuil partage pourtant de nombreux points communs avec celui auquel il pourrait succéder (hier il était encore le seul candidat à s’être proposé pour remplacer Marc Goblet au poste de numéro deux de la FGTB). Comme lui, Robert Verteneuil est un pur produit de la Centrale générale. Il y est entré il y a 13 ans, faisant d’abord ses armes dans la section brabançonne. C’est aussi un militant de la première heure, entré dans la famille rouge à… 6 ans (il a intégré le mouvement de jeunesse socialiste des Faucons rouges). Le feu sacré du combat social, il l’a autant que Marc Goblet. Les inégalités, l’injustice sociale, ont le don de l’énerver au plus haut point. "Je suis viscéralement choqué quand je vois qu’il y a assez de richesse dans le monde pour que chacun vive bien, mais que ce n’est pas le cas, car la redistribution ne se fait pas comme il faut."

Le profil
  • Robert Verteneuil a 51 ans, il est marié, vit à Nivelles et a deux enfants.
  • Il est diplômé du secondaire supérieur, en technique de construction.
  • De 1987 à 2002, il a travaillé aux Mutualités socialistes du Brabant wallon.
  • Il est entré à la FGTB en 2002, comme secrétaire adjoint de la Centrale générale du Brabant wallon.
  • En 2015, il devient secrétaire général de la Centrale générale.

À 16 ans, Robert Verteneuil s’affiliera aux jeunes FGTB. Son père était délégué CGSP aux chemins de fer. "Mais ne croyez pas que j’ai voulu suivre ses pas. À l’époque, comme tout bon adolescent, je vomissais ce que pensait mon père… Il était d’ailleurs plus communiste que socialiste." Robert Verteneuil, d’ailleurs, est qualifié de socialiste modéré par ceux qui le côtoient. "Il a fait ses armes comme employé, tout en ayant appris à connaître la mentalité ouvrière. Il est plus PS que PTB", dit-on de lui.

Tout à apprendre du G10

Comme Marc Goblet, il connaît tous les rouages de la concertation sociale… mais à l’échelon sectoriel. "Or, faire partie du Groupe des dix, ce n’est pas vraiment la même chose que siéger dans une commission paritaire. C’est beaucoup plus… dur", dit un expert de la chose. Mais Robert Verteneuil inspire confiance. On le dit humble, perfectionniste, professionnel. "Il a la volonté d’approfondir ses dossiers." Le fait de siéger à la tête d’une centrale comme la Centrale générale (qui regroupe quand même 48 secteurs aussi variés que le nettoyage, la construction, la chimie, le gardiennage…) est aussi un sérieux atout. "Synthétiser les opinions de ces secteurs aussi diversifiés, trouver au sein de la Centrale le compromis que l’on portera au niveau fédéral, cela offre déjà une solide expérience", avance Robert Verteneuil.

Dans son bureau de la rue Haute, coincé entre le Sablon bling-bling et les Marolles populo, l’actuel secrétaire général de la Centrale générale de la FGTB nous dit par contre avoir tout à apprendre de la relation avec le grand public et les médias. Mwouai. On a peine à le croire, tant il semble à l’aise, le discours déjà clair et réfléchi.

"La FGTB doit évoluer avec son temps, explique-t-il. Je veux jouer un rôle dans cette évolution. On ne fait plus du syndicalisme aujourd’hui comme en 1916. Il faut faire évoluer la manière de négocier, on ne peut faire comme si l’ubérisation ou la digitalisation n’existaient pas. On peut dire que certaines choses sont inacceptables, mais en attendant, il faut vivre avec et trouver des solutions pour ces travailleurs." Pragmatique, voilà un autre trait qui se révèle dans le caractère de Robert Verteneuil. Un trait qui lui sera utile, si pas indispensable, pour mener la barque de la FGTB dans les flots agités de la concertation sociale…

En bref

La face privée

Robert Verteneuil est un passionné d’histoire ("60% des livres de ma bibliothèque sont des livres d’histoire"). Le sport ne fait pas partie de ses passions. Il préfère la lecture et aime cuisiner ("surtout les plats mijotés, comme le ragoût de mouton"). Robert Verteneuil est aussi très attaché au folklore local, la tarte al Djote et le carnaval de Nivelles n’ont aucun secret pour lui.

La FGTB, une équipe

Robert Verteneuil est conscient qu’il ne sera "que" le porte-parole de son syndicat. "Je n’en serais pas le patron. Le patron, c’est la base, c’est elle qui décide. La FGTB, ce n’est pas un homme, mais une équipe de dirigeants qui reçoivent des mandats de leurs instances." À ses yeux, il ne doit pas nécessairement être le seul porte-parole. "J’assumerai le leadership, mais je partagerai le pouvoir et la communication."

Franc-parler

Forte de ses 400.000 membres, la Centrale générale a souvent un regard critique sur les instances. Robert Verteneuil n’hésite donc pas à dire que la FGTB n’a "pas toujours bien communiqué. On a parfois été maladroits. Et on a souvent tendance à retomber sur des méthodes classiques dans le combat". Il compte bien changer cela…

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