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Salvatore Iannello, nouveau boss des chocolats Galler

©doc

Jean Galler cède le reste de ses parts de la chocolaterie éponyme à son actionnaire qatari. Qui ramène à sa tête celui qui fut déjà son directeur financier et CEO, Salvatore Iannello. Avant de sillonner le monde à bord de son voilier.

Le changement dans la continuité, celle d’une entreprise familiale qui allie l’ambition à un climat social serein: à 63 ans, Jean Galler, le patron fondateur de la société éponyme créée en 1976, cède le relais à Salvatore Iannello pour assouvir à plein-temps sa passion du vin.

Le profil
  • Salvatore Iannello naît le 25 février 1968
  • Sa licence en gestion des affaires de l’ULg en poche, il débute sa carrière professionnelle chez PWC
  • 1993 Directeur financier chez Galler
  • 2006 Il négocie l’entrée de la famille royale du Qatar dans Galler Belgique
  • 2011 Il revend ses parts dans Galler à l’investisseur qatari
  • 2013-2017Il sillonne les océans sur son voilier
  • Août 2018 Réintègre Galler en tant qu’assistant du CEO

Arrivé fin août pour assister le responsable opérationnel, le Sud-Africain Joao De Gouveia, Salvatore Iannello n’est pas un inconnu dans la maison. À 50 ans, ce Liégeois bon teint, petit-fils de mineurs, retrouve une maison qu’il avait intégrée à la fin des années 90. Avec une mission bien précise: relancer une entreprise qui battait de l’aile.

"J’ai proposé à Jean (Galler) un plan stratégique de trois fois deux ans, et en échange, j’ai réclamé une prime de risque: recevoir pour l’euro symbolique la filiale Galler International", raconte-t-il. A l’époque, cette modeste filiale ne produisant que 35 tonnes de chocolat par an réalisait un chiffre d’affaires de 500.000 euros. Mais en perdait 250.000. Cinq ans plus tard, la production était passée à 350 tonnes.

Salvatore Iannello noue une coentreprise au Japon en 2002, puis au Qatar en 2004. "Nous abordions alors la troisième phase du plan stratégique. J’ai proposé à Jean Galler d’ouvrir le capital à ce partenaire qatari pour constituer le groupe Galler."

Entrepreneur dans l’âme

Les années suivantes sont consacrées à la poursuite du redressement de la société et à des innovations comme les mini-bâtons et les mini-tablettes de chocolat. En 2011, Galler pèse 20 millions d’euros de chiffre d’affaires et est à nouveau rentable. Salvatore Iannello décide alors de revendre ses parts à la famille du cheikh Bin jassim Al Thani, membre de la famille royale du Qatar, qui prend 75% du capital.

Entrepreneur dans l’âme – il a notamment repris en 1994, avec son frère, les Gâteaux d’Olga, une pâtisserie fine logée au cœur de Liège, et la société verviétoise Macbel Europe deux ans plus tard, Salvatore Iannello décide de prendre du recul en emmenant femme et enfants sillonner les océans à bord d’un voilier.

Ce ressourcement de quatre ans débouche sur un retour à la tête d’une société performante qui emploie 170 salariés et pèse 30 millions d’euros de chiffre d’affaires.

L’adoubement de Salvatore Iannello est accueilli favorablement au sein de l’entreprise basée à Vaux-sous-Chèvremont. "Lors de sa période précédente, il présidait les organes de concertation. Nous avons toujours entretenu de bons contacts avec lui. Et il est très apprécié du personnel, notamment pour son sens de l’écoute", dit Patrick Rehan, secrétaire régional de la FGTB Horval.

Celui-ci salue par ailleurs les ambitions affichées par le nouveau CEO, qui entend gonfler les revenus de 50 % dans les quatre ans tout en garantissant l’ancrage liégeois de l’entreprise. "J’ai un contrat moral avec l’actionnaire, précise Salvatore Iannello. Les investissements se feront dans la région. Je veux aussi mettre en place une nouvelle approche du management, qui reste belge. C’est la volonté de l’actionnaire qatari."

Son credo: la "non-aversion au risque", autrement dit gérer les risques prévisibles avec bon sens et utiliser les risques inconnus comme moteur de rendement.

"Mon ambition, c’est de faire de cette PME la plus rentable de son secteur et de la doter d’une équipe de management qui amène du bonheur au travail." Vaste programme….

Le sauveur
Dire que Jean Galler a une haute opinion de Salvatore Iannello tient de l’euphémisme. Alors que la société traversait une période difficile au début des années 2000, celui qui était alors directeur financier a mis en place un plan de redressement qui a remis la chocolaterie sur les rails. "Il est exceptionnel. Sans lui, je n’aurais pu traverser cette période plus difficile", a dit de lui Jean Galler en 2005 à L’Avenir.

Le CEO du XXIe siècle
Le nouveau patron de la chocolaterie Galler a une idée bien précise de la manière dont il veut gérer l’entreprise: en équipe. "Le CEO style Louis XIV, omniscient et qui ne délègue pas, c’est fini. Le CEO du XXIe siècle rêve d’être entouré par des gens plus intelligents que lui dans leurs domaines respectifs", souligne Salvatore Iannello.

Les 40es rugissants
Salvatore Iannello a toujours été mordu de mer et de voile. Une passion qu’il a assouvie en emmenant femme et enfants sillonner les océans durant quatre ans. "La voile, c’est un bon apprentissage de l’humilité. A chaque voyage, on apprend quelque chose."

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