Sebastian Siemiatkowski, spécialiste du burger roi de la fintech

En levant 460 millions de dollars pour sa start-up de paiement en ligne, Sebastian Siemiatkowski vient d’en faire la plus importante fintech d’Europe. Une évolution impressionnante pour un projet qui a germé dans la cuisine d’un Burger King.

On savait déjà que la Suède était une référence des meubles en kit et de la musique en streaming. On peut désormais ajouter le paiement en ligne dans la liste des spécialités nationales. Ce mardi, Klarna, une start-up fondée en 2005 est officiellement devenue un géant. La jeune pousse qui propose à ses clients de payer leurs achats plus tard, sans frais ni intérêt, a annoncé avoir levé quelque 460 millions de dollars. Une colossale injection de fonds qui permet à la jeune entreprise d’atteindre une valorisation de 5,5 milliards de dollars. De quoi en faire la fintech tout simplement la plus importante d’Europe et la sixième à l’échelon mondial.

"Oublie, ça ne marchera jamais"

Le profil
Le profil
  • 1981: Naissance en Suède.
  • 2005: Lancement de Klarna.
  • 2007: Diplôme en économie de l’Université de Stockholm.
  • 2017: Klarna lève 250 millions de dollars.
  • 2019: Nouvelle levée de fonds de 460 millions de dollars.

L’histoire de cette impressionnante ascension n’a toutefois pas tout à fait débuté dans le milieu bancaire. Mais plutôt chez Burger King. C’est là que tout a commencé pour Sebastian Siemiatkowski, le cofondateur de Klarna, un Suédois aux parents d’origine polonaise. Il y travaillait à la cuisson des fameux burgers. En face de lui, se trouvait Niklas Adalberth avec qui il imaginera sa start-up. Devenus amis, ils lanceront Klarna quelques années plus tard.

Ça, c’est pour la belle histoire. Mais Sebastian Siemiatkowski a toutefois d’autres compétences à revendiquer que la préparation de hamburgers. Après l’expérience derrière les fourneaux, il a entamé des études en sciences économiques à l’Université de Stockholm, avec toujours dans un coin de sa tête l’idée de sa start-up. Lors de sa dernière année d’études, il en fit même un projet, défendu lors d’un pitch pour innovateurs. "On nous a alors dit d’oublier cette idée, qu’elle ne marcherait jamais. Sur le coup, je ne me suis pas senti génial", expliquait l’année dernière Sebastian Siemiatkowski au magazine Forbes.

La démotivation ne durera finalement pas très longtemps et Klarna fut lancé peu de temps après. Outre son expérience scolaire, le jeune homme a pu également compter sur une bonne expérience dans la vente, un secteur dans lequel il a été actif durant huit ans, en parallèle des débuts de son entreprise.

Récompenses à la pelle

Depuis son lancement,le patron collectionne les récompenses: "Rising Starof the Year" par la boîte de consultance Ernst & Young; "Leader of the Year" par Adecco; "Manager of Tomorrow" selon un magazine suédois de management ou encore "European Entrepreneur of the Year Award" reçu de TechTour.

Snoop Dogg comme actionnaire

Au fil des années, le jeune homme s’est entouré de nombreux investisseurs. Et certains sont plutôt insolites. à l’instar du célèbre rappeur Snoop Dogg qui a décidé,en janvier dernier, de mettre quelques billes dans l’aventure et prêter son image.

Un million de transactions par jour

Depuis le projet d’étudiant, Klarna a pris une jolie stature. Désormais, 2.500 personnes travaillent pour le jeune homme. La licorne est active dans quatorze pays, dont la Belgique, et revendique 10% des transactions en ligne dans le nord de l’Europe, là où l’entreprise est pour le moment principalement active. Au total, Klarna annonce compter 60 millions de clients, disposer de partenariats avec 130.000 commerçants et enregistrer un million de transactions par jour. L’objectif désormais est de poursuivre la croissance aux Etats-Unis, un marché récemment attaqué par l’entreprise et forcément prometteur.

Avec une telle taille, la suite de l’aventure Klarna semble doucement s’orienter vers une entrée en Bourse. Interrogé sur la question en avril dernier par l’agence Reuters, le patron n’était visiblement pas contre une IPO. "Nous n’avons pas encore pris de décisions formelles mais nous approchons d’une situation où nous sommes davantage prêts à une telle opération", avait alors expliqué Sebastian Siemiatkowski. C’est probablement encore plus le cas aujourd’hui.

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