Stanley Kroenke, premier Cannonier

L’homme d’affaires américain a fait une offre de 600 millions de livres pour se porter acquéreur du tiers de parts restantes dans le Arsenal FC.

Deux mois après le dernier match d’Arsène Wenger sur le banc, Arsenal FC s’apprête à ouvrir une nouvelle page de son histoire. Alors qu’Unai Emery coachera pour la première fois les Gunners en match officiel le week-end prochain (réception du champion Manchester City, dimanche), l’actuel actionnaire majoritaire Stan Kroenke vient d’acquérir la totalité des parts restantes. Il a fait une offre de 600 millions de livres (672 millions d’euros) à Alicher Ousmanov pour 30% d’actions qu’il ne détient pas encore. Il en possède donc désormais 97%.

Le profil
  • Né le 29 juillet 1947 à Columbia (Missouri)
  • Marié, deux enfants
  • Fortune: 8,5 milliards de dollars
  • Parti politique: Républicain
  • PDG de Kroenke Sports Enterprises
  • Propriétaire de: Arsenal FC (football), Colorado Rapids (football), Colorado Mammoth (crosse en salle), Los Angeles Gladiators (e-sport), Los Angeles Rams (football américain)

L’accord avec Ousmanov n’est pas anodin, car le magnat russe avait tenté d’acheter au club l’Emirates Stadium en mai 2017 pour 1 milliard de livres, ce que Kroenke lui avait refusé. La propriété de ce stade représente le pilier économique du club, qui pratique la politique de prix la plus élevée du football européen.

Un communiqué de sa société, Kroenke Sports Enterprises, a confirmé l’existence de cette offre mais ne s’est pas étendu sur ses motivations, affirmant simplement que la détention de toutes les actions permettra de "poursuivre les ambitions et la stratégie" du club. Il a affirmé que l’objectif était de "voir le club concourir de façon régulière pour la victoire finale en Premier League et en Ligue des champions, ainsi que remporter des trophées majeurs dans les compétitions féminines adultes et chez les jeunes".

Des objectifs évidents pour un club de la stature économique d’Arsenal, qui flirte depuis plusieurs années avec le top 5 européen selon les rapports économiques de Deloitte, mais qui n’a curieusement jamais tutoyé les sommets sportifs depuis une quinzaine d’années, malgré une bonne qualité de jeu.

Supporters sceptiques

La nouvelle n’a pas vraiment réjoui les supporters d’Arsenal, échaudés par plusieurs années de stagnation, dont Kroenke a en partie porté la responsabilité.

Le déclin sportif des Gunners a en effet coïncidé avec sa montée progressive dans le capital du club, à partir de 2007. Celui-ci a rejoint le conseil d’administration dès 2008 et est devenu actionnaire majoritaire en 2011.

Même si Arsenal est un club très ouvert sur le monde, voire internationaliste, le manque de connexions de Kroenke avec l’histoire du club a créé un certain malaise. Kroenke est en effet propriétaire de quatre autres clubs, aux Etats-Unis: les Colorado Rapids (football), le Colorado Mammoth (crosse en salle), les Los Angeles Gladiators (e-sport) et les Los Angeles Rams (football américain).

À 69 ans, celui qui est surnommé The Silent Man n’incarne rien d’autre que l’ère des présidents-investisseurs, guère impliqués dans la politique sportive, peu présents aux matchs, et qui misent avant tout sur le principal actif du nouveau modèle économique des années 2010: les joueurs.

Sous Kroenke, Arsenal a été un club de "post-formation", il a recruté des joueurs déjà révélés et très prometteurs de 18 à 23 ans en espérant les revendre au prix fort. Modèle économique payant, mais guère adapté à une politique sportive vraiment ambitieuse. Rien n’indique que celle-ci va évoluer dans un sens plus audacieux avec Kroenke aux pleins pouvoirs.

Formé sur le tas… de poussière
Stan Kroenke est un self-made-man qui a été initié au monde du travail dès l’enfance par son père, qui tenait une petite menuiserie. Son rôle était de balayer chaque soir. À l’âge de dix ans, il était chargé de tenir à jour une partie des comptes. Après avoir décroché un master en Business administration à l’université du Missouri, il a fondé sa première agence de promotion immobilière, et a fait fortune dans l’immobilier commercial.

Aussi présent dans la viticulture
L’actionnaire majoritaire du club londonien est également actif dans le secteur viticole, en tant que propriétaire du domaine bourguignon Bonneau du Martray. Il possède aussi des vignes en Californie.

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