Tite, le manager qui redonne confiance au Brésil

Depuis deux ans à la tête de la Seleção, Adenor Leonardo Bachi, dit Tite, impose son autorité et ses méthodes avec naturel et permet au Brésil de rêver à un sixième titre de champion du monde.

Jamais un coach n’aura fait autant l’unanimité en si peu de temps. Selon un sondage du cabinet Atlas Politico, paru le 2 juillet, plus de 80% des Brésiliens estiment que Adenor Leonardo Bachi, alias Tite, l’entraîneur arrivé à la tête de la Seleção en juin 2016, fait un "bon" ou un "très bon" travail. Ses joueurs l’encensent, la presse l’adore, et même Maradona a salué son travail après le huitième de finale contre le Mexique. Et les résultats sont là.

Le profil
  • Né le 25 mai 1961 à Caxias do Sul. Son vrai nom: Adenor Leonardo Bacchi
  • En 1989, il arrête sa carrière de joueur (anonyme) suite à des blessures
  • Commence sa carrière d’entraîneur en 1990 au Grêmio Atlético Guarany
  • Élu meilleur entraîneur du championnat du Brésil en 2015, à la tête des Corinthians
  • Nommé sélectionneur de l’équipe nationale du Brésil le 21 juin 2016
  • Le 28 mars 2017, il qualifie le Brésil à la Coupe du monde 2018
  • Marié, deux enfants

L’équipe qu’il a reprise il y a deux ans vivait encore le drame de la défaite contre l’Allemagne en demi-finale de "sa" Coupe du monde en 2014, l’humiliant 7 à 1. Le Brésil ne s’en relèvera pas: les auriverdes perdent la Copa America en 2015 en quart de finale, et ne se qualifient même pas au premier tour de celle de 2016. L’entraîneur Carlos Caetano Bledorn Verri, dit Dunga, ancien champion du monde en 1994, arrivé juste après le "Mineração", ne s’en sort pas.

Une tactique basée sur la défense

En 2016, la Fédération brésilienne fait finalement appel à Tite. Joueur moyen du championnat brésilien qui a dû arrêter sa carrière à 28 ans après une blessure, il sera considéré comme un entraîneur mythique après avoir décroché titres et victoires pour les deux plus grands clubs brésiliens, le Gremio de Porto Alegre et le Corithians de São Paulo.

Deux ans plus tard, alors que le Brésil est en difficulté pour se qualifier au Mondial 2018, l’arrivée de Tite change tout. Les victoires s’enchaînent et le Brésil est finalement le premier pays sélectionné de la zone Amsud, quatre jours avant la fin des éliminatoires.

Tite tranche avec les méthodes auxquelles sont habitués les Brésiliens. Originaire du sud du pays, il est pragmatique et avant tout un manager. Il travaille en s’appuyant sur ses auxiliaires et assistants, délègue et écoute. Son charisme lui permet d’imposer son autorité et les joueurs le respectent. En 2014, après une série de victoires au Corinthians, il prend une année sabbatique et en profite pour muscler sa méthode: il lit des biographies de Simeone (l’actuel coach de l’Atletico de Madrid), Pep Guardiola (qui entraîne Manchester City), rencontre Carlos Bianchi (l’ancien entraîneur de Boca Juniors, à Buenos Aires) puis Carlo Ancelloti, l’ancien coach du Real Madrid et fait des piges à Arsenal. Il en retire une très fine connaissance du jeu à l’européenne qui alimente sa tactique: sans tuer l’improvisation du jogo bonito à la brésilienne, il intègre un jeu basé sur une défense solide, en 4-3-3, et des attaques très rapides. Bourreau de travail, il garde aussi un œil sur ce qui se passe ailleurs. En deux ans, il a demandé à ses auxiliaires et aux membres de la commission technique de la Seleção d’aller voir plus de 250 matchs sur place – dont 90 en dehors du Brésil. "Voir un match in loco permet d’élargir le jugement des analystes sur le système tactique, c’est quelque chose que Tite nous demande beaucoup", expliquait au quotidien O Globo, Edu Gaspar, coordinateur de la Seleção.

Un entraîneur "différent"

Il a su s’imposer auprès de ses joueurs, y compris Neymar, à qui il retire le brassard de capitaine, pour le redonner à Thiago Silva, puis Marcelo ou Miranda. En conférence de presse le joueur Willian affirmait même que Tite était aussi "un père". "Il nous donne les bons messages sur le terrain. Il a un plan A et un plan B. C’est un entraîneur différent, parmi les meilleurs du monde". Avec 19 victoires en 24 matchs depuis l’arrivée de Tite, l’équipe brésilienne se prend même à rêver à un sixième titre... qui semblait impossible il y a quatre ans.

Popularité sans limite

Selon un sondage réalisé en 2017 par l’institut Parana Pesquisas, 15% des Brésiliens seraient prêts à élire Tite… président de la République!

Déception en 2014

Après l’échec cuisant du Brésil en demi-finale du Mondial en 2014, Tite s’attendait à être appelé à cause du travail réalisé. Champion du Brésil, et de la Libertadores au Corinthians, il est cité comme l’unique option pour la Seleção mais c’est Carlos Verri, alias Dunga qui est choisi. La Confédération brésilienne de football rappellera finalement Tite au secours, deux ans plus tard.

Chute mémorable

Le coach de la Seleção, qui courrait sur le terrain pour célébrer le but de Philippe Coutinho lors du match contre le Costa Rica, tombe et se blesse. Il doit revenir sur le banc en boitant… Sa chute mémorable est devenue l’un des mèmes les plus partagés sur les réseaux sociaux au Brésil pendant cette Coupe du monde.

 

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