Un bas de laine pour Bart Van Malderen, le "roi du lange"

L’homme d’affaires flamand Bart Van Malderen s’apprête à vendre une part substantielle de sa participation dans le groupe VGP. Il entend ainsi se donner les moyens d’investir dans sa société de langes Drylock.

L’immobilier, c’est bien, mais rien de tel que le bruit des machines pour se sentir l’âme d’un vrai industriel. Pour l’homme d’affaires flamand Bart Van Malderen, l’heure est venue d’alléger sensiblement sa présence dans le groupe VGP, le spécialiste belge de l’immobilier logistique dont il détient 48%.

Il ne le clame pas sur tous les toits, mais Van Malderen entend ainsi, à l’évidence, se donner les moyens d’investir dans la croissance de son enfant, la société Drylock Technologies.

L’histoire de cette société spécialisée dans les langes ultrafins sans cellulose est liée à la destinée professionnelle du fils du fondateur d’Ontex, petite PME alostoise devenue aujourd’hui un authentique géant européen des produits d’hygiène personnelle.

À bientôt 51 ans, Bart Van Malderen peut se targuer d’un passé professionnel qui l’a progressivement érigé en "roi des langes" dans le nord du pays.

Le profil
  • Bart Van Malderen naît le 19 novembre 1966 à Merchtem.
  • 1986: il entame sa carrière dans la société Ontex, créée par ses parents.
  • 1996: CEO d’Ontex.
  • 2004: président d’Ontex.
  • 2007: Bart Van Malderen quitte Ontex. Il investit dans le groupe de logistique immobilière VGP.
  • 2011: il crée la société Drylock Technologies.
  • 2017: Bart Van Malderen allège sa participation dans VGP.

Entré chez Ontex en 1986, il grimpe petit à petit les échelons avant de succéder, dix ans plus tard, à son père Paul, qui lâche les rênes de l’entreprise pour se consacrer à la politique.

Entrée en Bourse en 1998, Ontex est rachetée cinq ans plus tard par le fonds britannique Candover, qui la retire de la cote.

Devenu président en 2004, Bart Van Malderen se voit contraint de quitter Ontex trois ans plus tard. Une clause de non-concurrence l’oblige à rester durant trois ans à l’écart du secteur des langes.

L’homme d’affaires ronge son frein en investissant, avec son vieux complice Jan Van Geet, dans la société VGP.

Pas un "mini-Ontex"

Dès 2011, il se relance dans la production de couches-culottes en créant sa propre société. Il y investit 100 millions d’euros. Présente en Russie et en République tchèque, Drylock Technologies peut s’appuyer sur le développement de langes sans cellulose, ultrafins et confortables.

Van Malderen refuse de parler d’un "mini-Ontex". Son ancienne entreprise est un "concurrent comme un autre", dit-il. Mais Drylock se profile de plus en plus comme un concurrent de la société d’Erembodegem. Depuis deux ans, sa croissance organique s’est en effet accompagnée d’une extension par acquisitions. Après la société italienne CIP Assorbenti, c’est l’Américaine Presto Absorbent qui passe dans l’escarcelle de Drylock, lui ouvrant du même coup les portes du gigantesque marché nord-américain.

Cette croissance est nécessaire, selon Bart Van Malderen. "Pour survivre dans ce secteur, il faut une masse critique", dit-il. Cette masse, il l’estime à 250 millions d’euros de chiffre d’affaires. Bénéficiaire l’an dernier, Drylock devrait atteindre les 300 millions de revenus cette année. Mais l’entrepreneur flamand refuse de se reposer sur ses lauriers. D’autres deals devraient suivre. Pour les financer, l’heure est donc à l’allégement de sa participation dans VGP.

Un actionnariat à "diversifier"

La raison officielle invoquée par VGPpour justifier la vente d’une partie de la participation de ses deux principaux actionnaires tient à son souhait de "diversifier" l’actionnariat en accroissant le capital flottant.Cela tombe bien: Bart Van Malderen et Jan Van Geet sont vendeurs.

Un groupe est-européen

Contrairement à Ontex, Drylock, la société créée en 2012par Bart Van Malderen - qui détient 80% du capital -, n’est pas basée en Belgique.Elle dispose d’une usine en Russie et d’une autre en Tchéquie, sur un terrain appartenant à…VGP. C’est dans la seconde que sont produits les fameux langes ultrafins sans cellulose qui font la réputation de la société.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité