Un businessman adepte des coups d'éclat

Âgé de 37 ans, l’ex-banquier néerlandais est passé maître dans le sauvetage des magasins en perdition. L’acquisition récente du groupe de chaussures Brantano par le holding coté à Amsterdam qu’il a lui-même créé témoigne de ses talents.

Comme dans Cendrillon, quand Rens van de Schoor trouve chaussure à son pied, tout se transforme en un monde merveilleux. Discret et réservé au point de laisser deux de ses collaborateurs sonner le gong à la Bourse d’Amsterdam lors de l’introduction à la cote de son holding R&S en janvier dernier, le jeune "requin" néerlandais de 38 ans n’en est pas moins celui qui a "tiré toutes les ficelles" en coulisses dans le sauvetage du groupe de chaussures Brantano.

De fait, Brantano, avec ses 130 magasins en Belgique, est tombé sous la coupe du holding néerlandais R&S, dont les actifs se bornaient jusqu’à présent à des restes de sociétés faillies comme Miss Etam et Promiss.

Le profil
  • 1996-2002: Études d’économie de l’entreprise à l’université de Maastricht
  • 2003-2011: Postes de direction auprès d’ING Bank et ING Real Estate
  • 2011-2014: Directeur de Coltex Retail Group
  • 2014-2015: Directeur de NLB Fashion (filiale néerlandaise de FNG et création de son holding R&S
  • 2016: R&S entre en Bourse et acquiert Brantano

Avant ces rachats l’année dernière, ce holding fondé par Rens van de Schoor en 2014 était restée une coquille vide.

Cette année-là, Rens van de Schoor fait aussi "la rencontre de sa vie"…sur le plan professionnel. En parallèle à ses propres investissements, il dirige aussi la branche néerlandaise du groupe belge FNG exploitant notamment l’enseigne Claudia Strater. Le contact fait "tilt" avec le directeur belge de FNG, Dieter Penninckx.

Il faut peu de temps aux deux compères pour persuader l’entreprise familiale belge Torfs de participer au sauvetage de Brantano quand l’occasion se présente.

In fine, tous les actifs de Brantano rachetés par ce trio vont échouer dans le holding R&S de Rens van de Schoor, coté à Amsterdam. Mais l’honneur est sauf: le Néerlandais ne détient que 10,8% de son capital, contre 68% en faveur de ses partenaires (le reste étant le peu de capital flottant aux mains du public).

L’opération est promise à faire des étincelles. "Rens van de Schoor est expert des restructurations, Dieter Penninckx des fusions et acquisitions et la famille Torfs dans les chaussures", commente un des intéressés.

Au secours de Coltex

En bref

Zara et H&M, ses magasins modèles

Comme ces deux enseignes de vêtements, l’une espagnole et l’autre suédoise, Rens van de Schoor veut lancer des magasins combinant un assortiment de chaussures et de vêtements, comme déjà proposé sur les sites internet.

Vague à l’âme lorsdes restructurations

Rens van de Schoor reconnaît que "le rationnel qui prime lorsqu’on arrive dans une entreprise fait très vite place à des sentiments qui touchent à même la peau parce que des gens sont en cause".

Effectivement, Rens van de Schoor a fait ses débuts dans le monde du commerce de détail en 2011 en "taillant dans le vif" au sein de Coltex. Lui qui aime se laisser aller au gré du vent lorsqu’il fait de la voile, il n’hésite à changer de bord pour aller cette année-là à la rescousse de ce groupe familial de magasins de mode.

En forme de succès, la restructuration drastique menée chez Coltex le décide à quitter alors une fois pour toutes le secteur bancaire après huit ans auprès d’ING.

Du coup, l’homme d’affaires est le cocktail savant parfait où se mêlent les talents d’un entrepreneur et l’expertise d’un banquier. Des qualités quasiment innées si l’on en croit Rens van de Schoor.

"J’ai appris très jeune l’importance d’une banque pour un patron", raconte-t-il en évoquant son père qui était entrepreneur dans le bâtiment.

Ensuite, ses études en économie de l’entreprise à Maastricht et Amsterdam vont former un terreau favorable à un esprit entrepreneurial hors du commun, frisant l’inconscience.

À la surprise générale, il introduit ainsi en Bourse en janvier dernier une société destinée à investir dans le commerce de détail alors que le secteur connaît l’apogée d’une vague de faillites sans précédent aux Pays-Bas.

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