Un duo d'architectes au sommet

Le duo bâlois est sous le feu des projecteurs. La Philharmonie de Hambourg inaugurée mercredi, c’est eux. Et le futur stade de Chelsea, qui vient d’obtenir un feu vert hier, c’est eux aussi.

Certains trouveront au futur stade de Chelsea (Londres) un petit air de Colisée, mais les aficionados diront qu’il faut être mal intentionné pour y voir une quelconque ressemblance avec le haut lieu du "panem et circenses" romain. Disons que c’est… une illusion d’optique.

©Herzog& De Meuron

Ceux qui connaissent les architectes suisses Herzog & de Meuron sont probablement peu nombreux. Tant mieux pour eux mais tant pis pour les autres, en ce compris les amateurs du ballon rond. Herzog & de Meuron n’en sont pas à leur premier coup franc puisqu’ils ont déjà à leur actif le stade de Bordeaux, inauguré en 2015, le fameux Nid d’oiseau du Stade national des Jeux de Pékin (2008), l’Allianz Arena de Munich (2005), le stade de Bâle (2002), pour se limiter au foot.

Côté culture, citons la Tate Modern à Londres (2000), le De Young Museum de San Francisco (2000), le chai et le réfectoire du domaine Petrus, complétés depuis par les architectes français Jean-Pierre Errath et Bernard Mazières (2012), la dernière réalisation spectaculaire de Herzog & de Meuron étant la Philharmonie de l’Elbe à Hambourg, présentée… avant-hier. Une salle philharmonique le mercredi, un stade de foot le jeudi, ne dites pas que vous n’êtes pas vernis ce vendredi 13.

Leur projet de centre culturel dans les anciennes cales sèches du port d’Anvers n’a jamais été concrétisé.

Prix Pritzker

Jacques Herzog et Pierre de Meuron ont créé leur bureau d’architecture à Bâle en 1978. Vingt ans plus tard (2001), ils décrochent le prix Pritzker (100.000 dollars), qui est considéré comme le Nobel de l’architecture, pour l’ensemble de leur œuvre.

©BELGAIMAGE

Aujourd’hui, Herzog & de Meuron appartiennent à l’aristocratie de l’architecture mondiale. Ils emploient environ 400 personnes à Bâle, Londres, Munich, Barcelone, San Francisco et Tokyo.

Ils ont aussi travaillé chez nous, avec un projet de centre culturel dans les anciennes cales sèches du port d’Anvers. Un projet qui n’a jamais été concrétisé.

À Londres, le projet de (re)développement du stade de Chelsea doit porter la capacité du stade de 42.000 à 60.000 places en 2021. Dont coût: 575 millions d’euros. Pour comparer, le futur Eurostadium de Bruxelles (60.000 places également) devrait coûter 300 millions. Hélas, il n’y a pas que les résultats des matchs qui posent des problèmes de pronostic dans le foot. Le stade de Bordeaux (42.000 places), dû également au talentueux duo bâlois, a coûté 360 millions d’euros alors qu’à l’origine la facture prévue était de… la moitié!

©Iwan Baan

La salle de concert philharmonique de Hambourg, nom de code Elbphilharmonie, que les Hambourgeois ont déjà rebaptisée "Elphi", a été inaugurée il y a deux jours. La prouesse architecturale et technique réside dans le fait que la double salle de concert (2.000 et 500 places) a été construite sur un ancien entrepôt dont seuls les murs extérieurs ont été conservés. La prouesse financière n’est pas mal non plus. Alors qu’elle devait coûter 75 millions EUR, Elphi a fini par revenir à… dix fois plus! Une facture qui ne devrait pas troubler les amateurs de musique. À en croire le Huffington Post, l’inauguration grandiose de la salle de concert, en présence d’Angela Merkel et au son de l’hymne de l’Union européenne, l’Ode à la joie de la 9e de Beethoven, est de bon augure…

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