Un ex-avocate très en affaires

Avocate respectée de ses pairs, Hilde Laga vient d’être proposée au poste d’administratrice d’Agfa-Gevaert. Elle va y amener son savoir-faire acquis au fil d’une carrière bien remplie.

L’avocate Hilde Laga vient d’être proposée à la nomination au poste d’administratrice chez Agfa-Gevaert. Cette nouvelle ne doit rien au hasard pour celle qui a quasiment rangé sa toge pour se consacrer pleinement à ses mandats d’administrateur. Actuellement, elle siège déjà aux conseils de l’Université de Louvain (KUL), de la Gimv, d’Aedifica, de Barco et de Greenyard. Excusez du peu!

Place aux jeunes

La lecture du CV de l’avocate est impressionnante. Et les casquettes d’Hilde Laga sont nombreuses. Tellement d’ailleurs qu’elle a décidé de quitter en avril dernier le cabinet qu’elle avait fondé et qui compte aujourd’hui près de 110 avocats. "Un de mes principes dans la vie est qu’il faut pouvoir clôturer un chapitre et donner la chance aux jeunes d’écrire leur histoire", nous explique-t-elle, précisant qu’elle avait le projet de devenir administratrice et qu’elle était soucieuse d’éviter les conflits d’intérêts.

"Au départ, je voulais faire des études de philosophie. Mais mon père, notaire, m’a un peu forcée à suivre des études de droit. Je suis contente d’avoir suivi ses conseils".

C’est déjà ce même souci qui l’avait poussée à démissionner du poste qu’elle occupait au sein du conseil de surveillance de la FSMA. "Juridiquement, il devenait compliqué d’être à la fois membre de l’organe qui surveille les sociétés cotées tout en faisant partie des conseils d’administration", affirme-t-elle.

Philippe Lambrecht, secrétaire général de la FEB, ne tarit pas d’éloges à son égard. "Il s’agit d’une personnalité qui compte dans le monde juridique, académique et des affaires", explique celui qui l’a côtoyé au début de sa carrière au sein du cabinet Simont & Simont. "Elle a des opinions qu’elle affirme toujours, mais de façon civile. Elle a un profil intéressant d’administrateur, elle connaît particulièrement bien le monde des affaires et des entreprises".

Aujourd’hui, si elle est toujours inscrite au barreau, elle ne plaide plus. Tout au plus prodigue-t-elle ses conseils à quelques sociétés familiales qu’elle connaît de longue date.

Un avocat qui l’a affrontée à plusieurs reprises ne dit rien d’autre. "C’est une avocate très intelligente, pragmatique. On peut toujours faire des affaires avec elle, elle est toujours ouverte à la discussion", glisse son confrère. La principale intéressée confirme. "At the end of the day, il faut trouver une solution pour que les gens puissent continuer à travailler". De nature optimiste, l’avocate cherche constamment des solutions. "Entre le verre à moitié vide et à moitié plein, je vois toujours celui qui est plein".

CV express

Mère de quatre enfants, épouse d’un chirurgien, Hilde Laga est licenciée en droit et en notariat (1979 et 1980). Elle a été commissaire dans le cadre de la liquidation de Lernout & Hauspie et membre du conseil de surveillance de la FSMA. Elle est également professeur de droit des sociétés à la KUL.

Stratège

"C’est une excellente juriste en droit des sociétés. Elle fait preuve d’un bon discernement, ce qui est important pour un administrateur. Elle est très stratégique", explique l’avocat Denis Philippe qui a été en association avec Hilde Laga.

En acceptant des postes d’administrateur, Hilde Laga espère amener son savoir-faire. "J’ai toujours été conseillère d’entreprises et d’actionnaires en tant qu’avocate, je crois que je peux apporter une autre vision. En tant que juriste, je suis habituée à être confrontée à des problèmes et à trouver des solutions pragmatiques dans l’intérêt de tous".

Dans la mêlée, il s’en trouve certains pour lui reprocher d’avoir accolé son cabinet au consultant Deloitte. Une manœuvre exécutée avec Denis Philippe qui assume totalement. "Je suis content d’avoir monté cela avec elle. Je suis favorable à des cabinets d’avocats liés à des sociétés d’audit, cela permet d’ouvrir nos horizons et d’offrir un service complet à nos clients", explique son ancien associé. Au début des années 2000, à la suite du scandale Enron, cette collaboration entre cabinets d’avocats et sociétés d’audit et de consultance était plutôt mal vue. Et les alliances n’y ont pas résisté. Sauf celle établie entre Laga et Deloitte. "J’ai toujours vu plus d’opportunités que de contraintes dans la collaboration entre eux et nous. On avait raison vu que tout le monde recommence aujourd’hui", s’amuse Hilde Laga.

"Elle dit ce qu’elle pense, c’est plus facile, ça permet de gagner du temps, mais on ne peut pas lui faire accepter n’importe quoi", assure, de son côté, un de ses confrères.

Plaider? Elle adorait ça. Une époque à laquelle elle croisait notamment le fer avec un certain Koen Geens, devenu… ministre de la Justice.

Ah oui, on allait oublier de vous dire; la dame a un carnet d’adresses aussi épais que bien fourni. Ca peut toujours servir.

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