Un homme de défi rodé par une méga-fusion

Les résultats trimestriels publiés hier par Nyrstar montrent que le marché du zinc a empiré depuis juin. Tout sauf un cadeau pour Bill Scotting, qui a pris la direction du groupe il y a à peine deux mois. L’homme veut relever le défi et son CV plaide pour lui.

Nommé à la tête de Nyrstar en août dernier, à un moment où le leader du marché du zinc et du plomb devait faire face à des turbulences, Bill Scotting ne pensait pas que la situation du groupe belge allait encore se détériorer. Mais les prix du zinc ont continué de chuter depuis lors, avec pour conséquence que l’activité minière de Nyrstar ne cesse de broyer du rouge. Contraint, forcé, Bill est obligé à présent de serrer la vis à tous les étages et dans l’urgence.

"Quand j'ai accepté le poste, j'étais conscient des performances de la compagnie, de son histoire, de l'insatisfaction des actionnaires. J'ai été nommé pour redresser les affaires. Cela reste l'objectif. Tout ce qui est arrivé a resserré les délais et les contraintes. C'est pourquoi j'ai déjà pris des actions."

Pas grave, ce citoyen australo-britannique (il a les deux nationalités) est un homme de défis et en a vu d’autres au cours de sa déjà longue carrière. "J’aime les défis, dit-il. Ce sont eux qui nous motivent. Je n’aurais pas accepté ce poste si je n’étais pas convaincu qu’il y a une affaire fondamentalement saine à développer et des opportunités pour progresser. Je le crois toujours après huit semaines passées chez Nyrstar, je dois juste faire face à un vent contraire plus fort que je ne le pensais."

Né à Newcastle, au nord de Sydney sur la côte ouest australienne, William Scotting a commencé par faire ses classes dans son pays natal en décrochant un baccalauréat en métallurgie à l’Université de Newcastle en 1982. Au passage, il a gagné un prix à l’Institut austral asiatique des métaux. Dix ans plus tard, il a obtenu une MBA à la Warwick Business School au Royaume-Uni, qui allait devenir sa deuxième patrie.

Une sacrée expérience chez Mittal

Entré au service du groupe Mittal en 2002, Bill Scotting y a supervisé l'intégration d'Arcelor après le rachat du sidérurgiste grand-ducal en 2007.

Il a partagé la direction de cet énorme chantier avec Jérôme Granboulan. Les deux hommes ont piloté la mise en place de la nouvelle organisation, ont identifié les synergies et réglé les questions culturelelles.

Marié, deux enfants, Bill Scotting a fait la plus grande partie de sa carrière dans les secteurs minier et métallurgique. Après avoir travaillé successivement pour BHP Steel, Pioneer Concrete, Mascott Partnership et CRU international, il est entré en 1995 au service du bureau de consultance McKinsey & Company, où il est devenu associé principal. Il y emmagasine assez d’expérience pour entrer en 2002 au service du géant indien Mittal Steel afin d’y développer un vaste programme d’augmentation des performances. Il devient ensuite directeur de la stratégie au moment où l’aciériste rachète le géant luxembourgeois Arcelor. En 2007, Bill sera l’un des deux responsables, avec le Français Jérôme Granboulan, d’un énorme chantier, celui de l’intégration des deux sidérurgistes, Mittal et Arcelor. Nul doute qu’il n’y ait appris, si ce n’était déjà fait, ce que le mot "défi" veut dire dans un contexte industriel. Les deux hommes ont dirigé la manœuvre. À leur menu: dessiner la nouvelle organisation, identifier les synergies et régler les problèmes culturels entre les équipes des deux groupes.

  • Né à Newcastle, Australie en octobre 1958
  • Marié, deux enfants
  • Baccalauréat en métallurgie, Université de Newcastle; MBA, Warwick Business School
  • A débuté chez BHP Steel, avant de passer au service de Pioneer Concrete, Mascott Patnership, CRU int.
  • Au service de Mittal, puis d'ArcelorMittal de 2002 à 2015n où il a dirigé l'intégration des groupes fusionnés
  • Á la tête de Nyrstar depuis le 17 août 2015

Après cela, Bill Scotting est retourné à ses premières amours, puisque Lakshmi Mittal l’a nommé directeur de l’activité minière d’ArcelorMittal. Il y est resté deux ans, avant de répondre positivement aux sirènes de Nyrstar, où il a accepté de prendre la succession de Roland Junck (après que le CFO Heinz Eigner eut assuré la direction générale ad interim durant huit mois). Un sacré "challenge" donc, pour un garçon qui connaît bien le secteur, sa cyclicité, ses contraintes, et qui n’aura sans doute pas froid aux yeux au moment de prendre des décisions difficiles.

Versant loisirs, Bill Scotting avoue trois passions, pour les sports nautiques, le golf et la lecture. Pas sûr que ses nouvelles responsabilités lui en laissent beaucoup le temps…

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