Un philosophe pour le siège d'Olivier Maingain

François De Smet a été désigné tête de liste DéFI pour les élections fédérales. Le directeur de Myria change vie.

Une nouvelle page se tourne dans la vie du futur ex-patron de Myria, le centre fédéral d’analyse de la migration et de défense du droit des étrangers où il officiait depuis mars 2015. François De Smet fait le grand saut en politique en acceptant la tête de liste bruxelloise de DéFI pour les élections législatives. Sauf improbable effondrement électoral, un siège de député fédéral tout chaud l’attendra donc au lendemain des élections du 26 mai pour assurer la succession d’un Olivier Maingain bien décidé à passer le relai à la Chambre. 

Docteur en philosophie issu de l’ULB, François De Smet est bien connu des médias où il distille chroniques et analyses depuis plusieurs années. Il avait par exemple proposé aux lecteurs de L’Echo son regard décalé sur le football durant la dernière Coupe de monde. À 41 ans, François De Smet est l’auteur de plusieurs livres témoignant d’un penchant de touche-à-tout qu’il ne renie en rien. Après avoir disserté sur la laïcité, la souveraineté, nos relations avec le nazisme et nos rapports avec le mal en général, il interrogeait, dans "Lost Ego" (2017), sur la réalité du libre arbitre dans nos sociétés contemporaines. Son dernier ouvrage "Eros Capital", consacré à l’amour et "aux lois du marché amoureux" vient juste de sortir. Sa promotion risque d’ailleurs d’être quelque peu contrariée.

Propos en boomerang

LE PROFIL
  • Né en 1977 à Bruxelles.
  • Docteur en Philosophie (ULB).
  • 1999-2004: conseiller au cabinet d’Hervé Hasquin (MR), alors ministre-président de la Communauté française.
  • 2006-2010: collaborateur au Centre pour l’égalité des chances.
  • 2010-2015: directeur de l’ASBL Promojeune, active dans le secteur de l’aide à la jeunesse.
  • 2015-2019: directeur de Myria, centre fédéral Migration.
  • 2019: tête de liste DéFI pour les élection fédérales dans la circonscription de Bruxelles.

Le philosophe n’est pas tout à fait étranger au monde politique puisqu’entre 1999 et 2004, il a travaillé comme conseiller au sein du cabinet d’Hervé Hasquin (MR), alors ministre-président de la Communauté française. Amateur de poker et fan des oeuvres cultes des Tarantino et des frères Coen, François De Smet a poursuivi sa carrière dans le monde associatif. Au MRAX d’abord (entre 2006 et 2010), ensuite chez Promojeune, une ASBL dédiée à l’aide à la jeunesse dont il fut directeur entre 2010 et 2015. Il s’est également engagé pour d’autres associations comme la Charge du rhinocéros (théâtre) ou Yapaka, oeuvrant pour la prévention de la maltraitance sur enfants. 

"L'attachement aux droits fondamentaux doit être le premier marqueur d’une formation libérale"
François de Smet
Candidat DéFi

Pourquoi DéFI? Le libéral de gauche n’hésite pas. "D’abord pour son attachement aux droits fondamentaux qui, pour moi, doivent être le premier marqueur d’une formation libérale", confie-t-il après avoir mesuré cet engagement au moment de la polémique sur le retour de migrants soudanais. Une deuxième ligne de force a convaincu le philosophe de partir à l’assaut des élections pour DéFI: sa position nette et très construite sur la laïcité, un principe que les amarantes souhaitent inscrire dans la Constitution. François De Smet salue aussi le "courage" d’une formation "à taille humaine".

"Les politiques n’ont de prise que sur peu de choses, si ce n’est de nommer des gens et de distribuer des subsides. Avant d’être utile en politique, il faut grimper bien des échelons", avait indiqué François De Smet à l’occasion du portrait que L’Echo lui avait consacré à son arrivée à la direction de Myria. "J’espère prouver le contraire", dit-il aujourd’hui en constatant que la Chambre, depuis quelques années, avait gagné en vitalité démocratique. En attendant le grand bain parlementaire, il entend nourrir DéFI de sa créativité dans le domaine de la migration "bien sûr" mais également sur les enjeux démocratiques en général.

De Rocard à Hasquin

Quand on lui demande quelles personnalités politiques font figure d’exemples à ses yeux, François De Smet évoque tout de suite Hervé Hasquin pour "le lien qu’il opère entre intellect et force de caractère". Il pense aussi à un autre libéral, Louis Michel, en tant que promoteur du libéralisme social. Le philosophe aime aussi l’esprit réformateur du socialiste français Michel Rocard, "qui n’a pas eu sa chance" en raison des intrigues de François Mitterrand.

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