Une entreprise nommée Athlétisme & Coe

À quelques jours des Championnats du monde de Pékin, l’athlétisme emprunte une nouvelle piste avec l’élection de l’Anglais Sebastian Coe à la présidence de la Fédération internationale.

L’ancien patron du comité d’organisation des Jeux olympiques de Londres succède à Lamine Diack, avec l’ambition d’aller un peu plus loin sur le plan commercial. Même si la transmission de témoin se fait de la façon la plus cordiale, Coe ambitionne de réformer profondément le fonctionnement de l’institution centenaire, dont il n’est que le sixième président.

Sur la ligne de départ: restructuration du calendrier, création d’un circuit populaire d’athlétisme de rue dans les grandes villes à travers le monde, relance commerciale de la Diamond League (qui ne compte plus de sponsor majeur), ainsi qu’une meilleure répartition des gains aux 217 fédérations membres.

The right man

Coe est le président dont l’institution avait besoin. Outre l’incontestable réussite de London 2012, il s’est avéré être un redoutable homme d’affaires, homme de salons, homme politique aussi depuis sa retraite sportive, il y a près de trente ans.

  • Né le 29 septembre 1956 à Hammersmith
  • Membre de la Chambre des Lords
  • Médaille d’or aux 1.500 m aux Jeux de 1980 et 1984.
  • Études d’histoire de l’économie à la Loughborough University
  • Député conservateur à Falmouth et Camborne (1992-1997)
  • Ancien président du comité d’organisation de London 2012
  • Président de CSM Sports & Entertainment

Les honneurs et récompenses qui lui ont été attribués, tant au cours de sa carrière sportive que politique, médiatique et commerciale, se comptent par dizaines.

Ce membre à vie de la Chambre des Lords est aussi ambassadeur mondial de Nike et a fondé des clubs de remise en forme qui comptent 20.000 adhérents.

Il est également président de CSM Sport and Entertainment, filiale de Chime Communications, et a par ailleurs été membre du comité d’organisation des Jeux de Tokyo en 2020, et membre du comité d’éthique de la Fifa. Des fonctions qu’il n’a pas conservées.

Cette élection coule de source, puisque Sebastian Coe était déjà vice-président de l’institution et qu’il n’avait pas caché son ambition d’en prendre les commandes lorsqu’il était interrogé à ce sujet à la fin des Jeux de Londres.

Défi

Il ne cachait pas son émotion lors de sa première conférence de presse en tant que président, hier, à Pékin.

"J’ai débuté sur les pistes à 12 ans, et n’ai pas participé aux Jeux avant 23. De la même manière, on ne crée pas une entreprise ni ne devient un leader en quinze jours, ce genre de choses demande du temps." Une preuve de sagesse…

Au "Van Damme"

Coe sera l’invité d’honneur du Mémorial Van Damme à Bruxelles, le 11 septembre. Il s’agira de la première apparition officielle de l’Anglais en Europe depuis son élection. Rendez-vous chargé d’histoire puisque le premier record du monde enregistré à ce meeting fut celui établi par Coe himself, en 1981, sur le mile.

Humour

Sebastian Coe est à l’origine de l’acceptation de la reine Elizabeth II de figurer dans le clip humoristique diffusé pendant la cérémonie d’ouverture des Jeux de 2012, au côté de James Bond. Coe a fait la demande auprès de son ancien collègue Edward Young, secrétaire privé de la reine.

"J’ai participé à quelque chose d’exceptionnel à Londres il y a quelques années, mais ceci est mon apogée personnel. Je ferai tout ce qui est dans ma capacité humaine pour être sûr que les valeurs, héritages et fondations fortes qui ont été laissés seront pérennisés."

L’insistance de Coe sur le mot humain en dit long. Le défi le plus redoutable sera en effet la lutte contre le dopage. Les soupçons pesant sur le médecin personnel du coureur britannique Mo Farah ont créé un certain malaise, de même que ces révélations du "Sunday Times" selon lesquelles l’IAAF, l’association internationale des fédérations d’athlétisme) aurait bloqué un rapport indiquant qu’un grand nombre des athlètes de haut niveau avaient eu recours à des pratiques dopantes (stimulation du volume de globules rouges dans le sang).

La première mission de Coe sera d’assumer un certain laxisme de l’IAAF au cours des dernières années, ce qui pourrait s’avérer très contradictoire avec la position très offensive qu’il entend défendre contre le dopage.

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