Vitalie Taittinger, une touche féminine et artistique

La fille du PDG de la maison de champagne Taittinger, Vitalie, s’apprête à prendre la succession de son père Pierre-Emmanuel. Cette diplômée en arts sera l’une des rares femmes à diriger une société du secteur.

L’art et la gestion d’une entreprise n’ont rien d’antinomique, a fortiori quand il s’agit d’une maison de champagne. Cet aphorisme, Vitalie Taittinger l’incarne parfaitement. Fille d’une musicienne et du PDG d’une des sociétés les plus connues de Champagne, cette diplômée en dessin, co-auteure d’une biographie du peintre surréaliste Alfred Courmes, a gardé une fibre artistique tout au long de son ascension dans la hiérarchie de la maison Taittinger. Dont elle prendra les rênes le 1er janvier prochain.

Le profil
  • 1979: Vitalie Taittinger naît à Reims, où elle vit toujours
  • 2001: diplômée en art de l’École de Dessin d’Émile Cohl à Lyon
  • 2002: crée une micro-entreprise dédiée au soutien artistique de projets viticoles et gastronomiques
  • 2007: intègre la maison Taittinger que vient de racheter son père Pierre-Emmanuel
  • 2015: directrice marketing et communication
  • 1er janvier 2020: PDG de Taittinger

C’est à cette date que son père Pierre-Emmanuel, PDG de l’entreprise depuis 2006, quittera la présidence de Taittinger, avec le sentiment du devoir accompli. Non content d’avoir redressé un groupe dont les ventes ont crû de 45% en dix ans, il assure, avec la désignation de sa fille Vitalie, "la garantie d’un engagement familial" à la tête de l’entreprise.

La maison Taittinger, c’est 288 hectares de vignobles et 6,5 millions de bouteilles vendues en 2018. Pas de quoi effrayer la future PDG, qui a pu se faire la main en lançant une micro-entreprise avant de rallier l’entreprise familiale, où elle a assumé plusieurs postes à responsabilités avec son frère Clovis, en charge des marchés d’exportation.

Réticence paternelle

Bon sang ne saurait mentir, la première promotion de Vitalie Taittinger a été sa désignation au poste de directrice artistique. Elle se voit ensuite confier la direction marketing et communication.

Choisir de suivre son père dans le business du champagne a changé sa vie du tout au tout, dit-elle. "J’aurais voulu être une artiste, c’était mon projet de départ, mais j’ai été très impressionnée par la détermination de mon père à racheter la société familiale", raconte-t-elle dans une interview accordée l’an dernier à l’édition britannique de Marie-Claire.

Vitalie Taittinger a su convaincre son père Pierre-Emmanuel, plutôt réticent au départ, de l’engager. Il doit sans doute s’en féliciter aujourd’hui. A 40 ans, elle s’apprête à lui succéder au faîte de la hiérarchie. La maison Taittinger restera bel et bien dans le giron familial.

 

Des bulles anglaises
Depuis 2015, la maison est propriétaire d’un terrain de 69 hectares dans le Kent, au sud-est de l’Angleterre. La production du Domaine Evremond, un vin effervescent de haute qualité, devrait débuter en 2024. Taittinger sera ainsi la première maison de champagne à établir un vignoble outre-Manche.

Trois femmes
Les maisons de champagne qui ont une femme à leur tête sont rares. Outre Vitalie Taittinger, on retrouve Carol Duval-Leroy, qui dirige ainsi la maison éponyme à Vertus. Véronique Blin est quant à elle présidente des champagnes Nicolas Feuillatte, la plus grosse coopérative en champagne, troisième opérateur de la filière.

Changement de propriétaire
Créée en 1932 par Pierre Taittinger, la maison éponyme, a été vendue en 2005, pour 2,4 millions d’euros, au fonds américain Starwood. Un an plus tard, Pierre-Emmanuel Taittinger, qui s’était opposé à cette vente, rachetait la maison de champagne pour 570 millions d’euros.

 

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