Wang Jianlin, l'ancien soldat devenu milliardaire

Le deuxième homme le plus riche de Chine, après Jack Ma (Alibaba) est un proche du Parti communiste, patriote et ancien militaire. Il mène ses affaires au pas de charge.

Il fait partie du plus grand club d’entrepreneurs de la planète: le Parti communiste chinois. Wang Jianlin, 60 ans, est un patriote milliardaire. Lorsqu’il quitte l’uniforme après seize années sous les drapeaux, Wang Jianlin prend d’abord un poste au bureau du Parti à Dalian. Il connaît déjà mieux que personne les relations étroites et parfois dangereuses qui unissent, en Chine, capitalisme et communisme.

Cet archétype brillant du milliardaire rouge s’est lancé dans les affaires en 1989. Il fait ses premiers pas dans l’immobilier, avant de prendre la tête de Wanda, un conglomérat qui deviendra l’outil de son ascension et qui fera sa fortune.

Né le 24 octobre 1954.

Diplômé de l’université du Liaoning.

Passe 16 ans dans l’Armée populaire de libération.

Entre chez Wanda en 1992.

Devient en 2013 l’homme le plus riche de Chine, selon Forbes, avant de se faire détrôner par Jack Ma.

Mais sa force de caractère, Wang Jianlin affirme l’avoir apprise dans les rangs de l’armée. Wang impose ainsi un management quasi militaire, exigeant, selon ses termes, "rigueur et précision" à ses troupes. Les cadres de son groupe doivent ainsi revêtir des costumes noirs, les employés ont trois repas gratuits quotidiens à heures fixes, et le groupe se targue de "n’avoir jamais livré un projet en retard ou en dépassant le budget".

Ses affaires, ils les mènent au pas de charge, non sans avoir étudié les plans de bataille sous toutes les coutures. C’est ainsi qu’en mai 2012, il dépense 2 milliards d’euros pour s’offrir le deuxième réseau de salles de cinéma d’Amérique du Nord, AMC. Voir ce militaire chinois se frotter avec les stars de Hollywood avait à l’époque beaucoup surpris. Mais l’opération s’est révélée fructueuse. Aujourd’hui les salles de cinéma, les centres commerciaux et les opérations immobilières signées du fameux W de son groupe sont partout. À Londres, Madrid, Chicago ou Beverly Hills, Wang Jianlin achète et construit à tour de bras. "Nous voulons faire de Wanda un groupe aussi connu que Wal-mart, IBM ou Google", claironnait-il l’an dernier sur les antennes de CNN.

Mais l’homme a également ses passions. Sa famille d’abord. Comme de nombreux hommes d’affaires chinois il avance en meute. Sa femme et son fils ont des parts importantes dans ses sociétés et des fonctions de direction. Il délègue peu et il faut du temps pour obtenir sa confiance.

Il a su avant tout le monde en Chine prendre la mesure de la fièvre consumériste en construisant des "malls" à l’américaine et des cinémas multiplex au pays de la contrefaçon et des DVD pirates.

Intègre

Malgré des relations un peu obscures notamment avec l’ancien ministre Bo Xilai qui purge une peine de prison à vie pour corruption, il affirme ne pas verser de pot-de-vin. Jusque-là il a réussi à passer à travers les mailles du filet de la lutte anti-corruption menée tambour battant par le gouvernement.

L’homme est également un amoureux du ballon rond. En 1994, au début de son ascension, il achète le modeste club de football de Dalian pour en faire une équipe vedette, quatre fois vainqueur du championnat de Chine.

Son autre marotte: l’art. Il possède ainsi un millier de calligraphies chinoises anciennes et, l’an dernier, Wang a dépensé 28 millions de dollars pour s’offrir une toile de Picasso.

Grâce à la fièvre du marché immobilier, Wang Jianlin a été sacré première fortune chinoise en 2013 par le magazine Forbes, avec des actifs de 14,1 milliards de dollars. Pour finalement se voir détrôner cet automne par Jack Ma, après l’entrée en fanfare d’Alibaba à Wall Street.

Mais la cotation de Wanda Commercial hier à la Bourse de Hong Kong pourrait lui permettre de retrouver prochainement sa couronne. Pour Wang Jianlin, la bataille ne fait que commencer.

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