Marine Le Pen dénonce une "instrumentalisation de la justice"

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Un proche de la candidate de l'extrême droite à la présidentielle française Marine Le Pen a été inculpé dans l'enquête sur le financement des campagnes électorales de son parti, le Front National, en 2014 et 2015.

Marine Le Pen a de nouveau dénoncé une "instrumentalisation de la justice" mise en oeuvre, selon elle, pour casser la dynamique du Front national.
"Nous avons des problèmes avec l'instrumentalisation de la justice, en témoigne l'intervention de Bernard Cazeneuve", déclare la dirigeante du parti d'extrême droite dans un entretien à La Provence.
Le Premier ministre a dénoncé vendredi l'attitude d'une dirigeante qui ne saurait "se placer au-dessus des lois" après le refus de Marine Le Pen de se rendre mercredi dernier à une convocation de la police dans l'enquête sur les assistants parlementaires du Front national au Parlement européen.
"Le parquet instruit cette affaire depuis deux ans. Pourquoi une telle agitation au moment où je connais une dynamique électorale? Pourquoi pas avant? Pourquoi pas après les élections", s'interroge Marine Le Pen.

Cette dernière est protégée par l'immunité parlementaire que lui confère son mandat de député européenne et elle ne peut faire l'objet d'aucune mesure coercitive.
"Je ne compte pas participer à cette instrumentalisation, raison pour laquelle je ne répondrai à aucune convocation pendant le temps de la campagne électorale", a-t-elle réaffirmé.
La présidente du FN a également renvoyé dos-à-dos Emmanuel Macron et François Fillon, que les sondages placent derrière elle au premier tour de l'élection présidentielle, mais qui la donnent systématiquement perdante au second tour.
"Macron et Fillon sont du pain bénit. Ils représentent la mondialisation sauvage, la continuation du laisser-faire, du laisser-aller qui diluent la France depuis tant d'années",souligne-t-elle.
Elle raille le voyage de l'ancien ministre de l'Economie en Algérie. "Il y a parlé de construire un pont favorisant la mobilité des jeunes entre la France et l'Algérie. M. Macron veut en réalité construire une autoroute d'immigration Alger/Marseille."

Une nouvelle inculpation d'un ponte du FN

Frédéric Chatillon, pilier de la communication du Front national à travers sa société Riwal, est l'ex-dirigeant du GUD, un syndicat étudiant d'extrême droite.

Il a été mis en examen (inculpé) le 15 février, pour "abus de biens sociaux" dans le cadre d'une information judiciaire ouverte fin octobre sur les élections municipales et européennes de 2014 ainsi que sur les départementales de 2015, a précisé une source judiciaire, confirmant une information du quotidien Le Monde.

Les juges soupçonnent la société Riwal d'avoir accordé indirectement un crédit au parti frontiste alors que les personnes morales n'ont pas le droit de contribuer au financement des partis politiques, selon une source proche de l'enquête.

En octobre, Frédéric Chatillon avait déjà été renvoyé devant le tribunal correctionnel pour répondre du financement de la campagne des législatives de 2012 avec des responsabels du FN.

La justice soupçonne le parti d'avoir mis en place, via des kits de campagne fabriqués par Riwal, une escroquerie au préjudice de l'Etat, qui rembourse les frais de campagne, par le biais notamment de surfacturations. Et, elle reproche à Frédéric Chatillon d'avoir mené grand train grâce à ces montages.

Cette inculpation de M. Chatillon intervient alors que l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs d'assistants de députés FN au Parlement européen s'est accélérée ces derniers jours.

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