Olivier Maingain veut arrimer DéFI au En Marche! de Macron

©Thierry du Bois

Le président de DéFI a fait le déplacement à Paris Bercy pour assister lundi au meeting d'Emmanuel Macron.

Il y avait bien quelques Belges, lundi après-midi, dans la fosse de Paris-Bercy. Point de concert de rock'n'roll - quoique les décibels étaient de la partie - mais bien le dernier grand meeting de premier tour du candidat Emmanuel Macron. Et parmi ces Belges: le président de DéFI Olivier Maingain, entouré de quelques cadres de sa formation, avait fait le déplacement jusqu'à Paris. Forêt de drapeaux bleu/blanc/rouge, t-shirt "EM" en pagaille, au milieu de ces 17.000 "marcheurs", Olivier Maingain liste ce qui le rapproche de Macron. "Ce qui a été décisif, dit-il, c'est le ralliement de François Bayrou". "Je me suis toujours senti très proche du positionnement de Bayrou", rappelle Maingain, alors que le maire de Pau était lui aussi présent dans les tribunes de Bercy pour soutenir son poulain.

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Maingain, qui ferraille en Belgique pour installer sa formation sur des thèmes socio-économiques davantage que communautaires, trouve avec l'envolée de Macron et de son mouvement une jolie occasion de montrer qu'il est bien davantage qu'un dur-à-cuire communautaire. "Sur des questions cruciales, comme celle de la réforme des retraites ou sur la fiscalité, ce que propose Emmanuel Macron est en ligne avec ce que nous voulons pousser en Belgique", explique-t-il.

♦ Au rayon retraites/pensions, Macron défend un système de retraite par capitalisation où, peu importe le statut occupé par le retraité au cours de sa carrière, une continuité puisse être dégagée. "C'est beaucoup plus cohérent avec le parcours de carrière qu'ont les gens aujourd'hui, passant d'un statut à l'autre", commente Maingain.

♦ Sur le volet fiscal, Macron propose une globalisation des revenus. Aïe, aïe, aïe: cette proposition est une des revendications phares des partis de gauche en Belgique ainsi que de la FGTB, DéFI vire-t-il donc à gauche? "Non, mais nous défendons également cette mesure, si on peut par exemple toucher les multipropriétaires. C'est une question de justice sociale; il n'est pas normal que seuls les revenus du travail contribuent au financement de la sécurité sociale", assène Maingain.

"Entre Défi et En Marche!, il existe des convergences de réflexion pour dégager enfin de nouveaux équilibres de société."
Olivier Maingain
Président de DéFI

Plus largement, chez DéFI, on estime qu'entre le mouvement initié par Emmanuel Macron et le parti amarante, "il existe des convergences de réflexion pour dégager enfin de nouveaux équilibres de société". Les contacts entre les deux mouvements ont été lancés, mais DéFI lorgne également vers le Nord: des liens ont été établis avec D66 aux Pays-Bas, la formation politique qui a gagné plusieurs sièges lors du dernier scrutin. "Il est important de nous ancrer parmi des formations politiques pro-européennes, on veut changer l'Europe, mais certainement pas en sortir", insiste Maingain en faisant référence à Marine Le Pen et à Jean-Luc Mélenchon. Le président de DéFI souhaiterait d'ailleurs que son parti intègre le groupe des libéraux européens ALDE. Mais là, il risque de tomber sur un os (bleu). Pas certain, en effet, que le MR voit d'un bon oeil DéFI rejoindre le groupe. "Il faudrait que les relations entre nos deux partis revienne au beau fixe", souffle Maingain. Ahhh: voilà donc le scoop qu'on attendait.

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