Valls refusé sur les listes de Macron et sous la menace d'une expulsion du PS

©REUTERS

Manuel Valls ne sera pas candidat aux élections législatives sur les listes de "La République en marche", le mouvement du nouveau président Emmanuel Macron. Il aurait dû "quitter le PS" pour remplir les "critères d'acceptation". Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a annoncé un peu plus tard dans la journée que l'ancien Premier ministre était sous le coup d'une procédure d'expulsion du parti. De son côté, Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France insoumise, se présentera face aux électeurs, probablement à Marseille.

Manuel Valls ne remplit pas les "critères d'acceptation" pour obtenir l'investiture de la République en Marche (REM) aux législatives des 11 et 18 juin, a déclaré ce mercredi Jean-Paul Delevoye, le président de la commission du mouvement fondé par Emmanuel Macron.

L'ancien Premier ministre socialiste a fait part mardi de son souhait de représenter la "majorité présidentielle" dans sa circonscription de l'Essonne. "A ce jour, il n'est pas dans les critères d'acceptation de sa demande d'investiture et donc (...) la commission nationale d'investiture que je préside ne peut pas analyser la candidature de M. Valls", a dit Jean-Paul Delevoye sur Europe 1.

"Pas opportun pour le mouvement La République en Marche"

"Il y aura aussi la lecture politique. (...) Nous mesurons bien le courage qu'il a eu de quitter un Parti socialiste aujourd'hui en décomposition et nous voyons bien aujourd'hui qu'il n'est pas forcément opportun pour le mouvement En marche ! d'intégrer cette candidature, quel que soit le passé."
Jean-Paul Delevoye
Président de la commission du mouvement fondé par Emmanuel Macron

La République en marche doit annoncer jeudi la liste des candidats retenus. "Il y aura aussi la lecture politique. (...) Nous mesurons bien le courage qu'il a eu de quitter un Parti socialiste aujourd'hui en décomposition et nous voyons bien aujourd'hui qu'il n'est pas forcément opportun pour le mouvement En marche ! d'intégrer cette candidature, quel que soit le passé", a encore déclaré Jean-Paul Delevoye.

Il a rappelé qu'un candidat ou une candidate avait été "prédéterminé" dans la circonscription où Manuel Valls a été élu pour la première fois en 2002 sous l'étiquette du PS. Selon lui, l'adhésion au parti d'Emmanuel Macron est un critère indispensable pour postuler. Le choix de Manuel Valls, qui fait le diagnostic d'une mort du PS, a amplifié la crise au sein de l'appareil, déjà ébranlé par la défaite de Benoît Hamon au premier tour de l'élection présidentielle, le 23 avril, avec un peu plus de 6% des voix.

"Manuel Valls aurait dû attendre un peu avant de polluer une semaine extrêmement importante qui est regardée dans le monde entier et qui fait la fierté de la France."
Ségolène Royal
Ministre socialiste de l'Environnement

"Manuel Valls aurait dû attendre un peu avant de polluer une semaine extrêmement importante qui est regardée dans le monde entier et qui fait la fierté de la France", a jugé ce mercredi la ministre socialiste de l'Environnement Ségolène Royal sur RTL. François Hollande vit sa dernière semaine à l'Elysée avant la passation de pouvoir avec Emmanuel Macron, prévue dimanche.

Sur Twitter, certains se moquent de la situation de l'ancien premier ministre.

Valls bientôt expulsé du PS ?

Ce matin sur BeurFM, le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a indiqué qu’une procédure avait été lancée pour exclure Manuel Valls du PS. "Une procédure est en cours. Manuel Valls est déferré devant la commission des conflits", a déclaré le patron du PS. "Au Parti socialiste, ce n’est pas comme au Front national, à En Marche ! ou à La France insoumise: ce n’est pas le chef qui décide d’exclure. Il y a des procédures", a-t-il ajouté.

Mélenchon candidat aux législatives

"Les amis ont dit 'tu ne peux pas aller dire aux gens nous repartons à la bataille, nous allons être majoritaires aux élections législatives et tout le monde y est sauf toi, ça ne tient pas debout' donc il faut y aller."
Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon a annoncé quant à lui qu'il serait candidat aux élections législatives, probablement à Marseille, l'une des quatre grandes villes de France où il est arrivé en tête au premier tour de l'élection présidentielle. "Les amis ont dit 'tu ne peux pas aller dire aux gens nous repartons à la bataille, nous allons être majoritaires aux élections législatives et tout le monde y est sauf toi, ça ne tient pas debout' donc il faut y aller", a expliqué le leader de La France insoumise sur BFM TV et RMC.

"Reste dans la courte liste (des endroits où il pourrait se présenter-NDLR), deux ou trois villes en France et en particulier la ville de Marseille" où il a recueilli 24,82% des voix le 23 avril, mais "l'affaire n'est pas dite", a prévenu l'eurodéputé, arrivé quatrième du premier tour de la présidentielle au plan national.

Avant d'adresser un petit message à Benoît Hamon et ses soutiens au PS.

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