epinglé

"Au lieu de foutre le bordel…", Macron pris au piège

©AFP

Le Président français se sent incompris, singulièrement des médias.

Au train où vont les choses "sortir une phrase de son contexte" pourrait bien un jour relever d’une infraction susceptible de poursuites. La presse française, décidément peu encline à copier-coller sagement la voix de l’exécutif, s’est largement fait écho hier d’une énième petite phrase sortie de la bouche d’Emmanuel Macron.

En visite en Corrèze, le Président français a dénoncé ceux qui feraient "mieux de chercher du boulot" au lieu de "foutre le bordel". Aussitôt, son porte-parole Bruno Roger-Petit s’est fendu d’un tweet pour fustiger la reprise d’une citation "tronquée" et "sortie de son contexte". Une parade tellement éculée désormais que le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner a de son côté plaidé pour le droit à "parler comme les Français", à arrêter "la langue de bois" et "oser nommer les choses". Comme s’il avait compris que la saga des saillies présidentielles créant des polémiques immédiates n’en était qu’au début.

Il est vrai qu’Emmanuel Macron est coutumier de ces propos peu consensuels dans la bouche d’un président, singulièrement à l’endroit des gens modestes. Avant d’être Président, en septembre 2014, tout juste arrivé au gouvernement avec une image de technocrate brillant et d’ex-financier aisé, il avait parlé des salariées "illettrées" d’un abattoir breton.

"Une gare, c’est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien", avait-il dit en juillet. Ou encore à Athènes en septembre: "Je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes."

C’est peu dire que le mot "fainéant" a fait l’effet d’une bombe et même d’un mot d’ordre idéal pour les opposants à la réforme du code du travail. Il s’en était ensuivi un laborieux exercice d’explication comme quoi Emmanuel Macron n’avait pas visé les Français mais "toutes celles et tous ceux qui pensent qu’on ne doit pas bouger en Europe et en France". La justification a depuis été oubliée.

Le Président français se sent incompris, singulièrement des médias. Lors de son déplacement à New York, Emmanuel Macron avait pris à partie une journaliste française et ses pairs. En bloc, il avait reproché à ceux-ci de s’intéresser "trop à la communication et pas assez au contenu" tout en pointant un système médiatique "totalement narcissique". Ce faisant, il oubliait deux choses.

D’une part, c’est notamment grâce à une bonne couverture médiatique que sa course à l’Elysée est allée jusqu’à la victoire. D’autre part, fournissant lui-même et amplement la communication de son action au détriment d’un contenu par conséquent difficile à distinguer, il devenait piquant de reprocher aux journalistes de rapporter et d’analyser ce qu’ils ont entendu…

©REUTERS

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés