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Candidat par défaut

François Fillon et le Penelopegate

En bon amateur de courses automobiles, François Fillon avait réussi un petit exploit il y a quelques semaines. Tapi en embuscade derrière les favoris Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, il avait remporté la primaire de la droite française haut la main en dépassant par surprise ses concurrents dans le dernier tour. Mais une course n’est pas l’autre et celle qui devait le conduire à l’Elysée, pour laquelle il partait en pole position, le mène aujourd’hui dans le bac à graviers. Son moteur est cassé. Définitivement. Son mea culpa d’hier – il a présenté ses "excuses" aux Français – n’a pas levé les doutes sur sa capacité à relancer la mécanique et atteindre la ligne d’arrivée, encore moins à la franchir en vainqueur.

Le maintien de Fillon dans la course tient surtout au fait que son camp est incapable de trouver un pilote convenable pour reprendre le volant.

Ce lundi, on a vu un candidat aux abois, qui a bafouillé sa communication de crise, et dont le maintien dans la course tient surtout au fait que son camp est incapable de trouver un pilote convenable pour reprendre le volant. Son exercice de contrition visait du reste principalement à faire taire les critiques dans son camp. Mais aujourd’hui, la droite française n’a plus qu’un candidat par défaut, ce qui est dramatique en regard des enjeux de la prochaine présidentielle.

Les excuses de Fillon étaient certes bienvenues, mais elles étaient très tardives. En se posant comme victime d’un complot ourdi par ses adversaires et d’une cabale médiatique, il n’a convaincu personne. Surtout, il n’a guère apporté d’éléments probants sur l’emploi, présumé fictif, de sa femme et de ses enfants.

"La France peut supporter la vérité." C’est le titre d’un ouvrage publié en 2006 par un certain… François Fillon. Aujourd’hui, la vérité judiciaire est encore à écrire. Mais la vérité politique est celle-ci: François Fillon n’est plus crédible. Celui qui s’est posé en parangon de vertu, pressentant à juste titre que les Français réclament un comportement éthique irréprochable de leurs élus, n’a pas compris que le Penelopegate n’est pas un simple écart de conduite, mais bien une vraie sortie de piste.

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