"Des gens qui adoraient Marine Le Pen se sont mis à la détester"

©AFP

Au soir de la défaite du Front national au second tour de l'élection présidentielle, les sourires de façade n'ont trompé personne. Bien que le nombre de voix soit historiquement élevé pour les frontistes, des voix dissidentes se font entendre. Alors, Marine Le Pen, stop ou encore ?

Au soir de la défaite du Front national au second tour de l'élection présidentielle dimanche, Marine Le Pen a dansé tandis que les cadres du parti se sont félicités d'un score historique. L'extrême droite a en effet obtenu le nombre le plus important de voix de son histoire avec 10,6 millions d'électeurs convaincus, soit un électeur qui s'est rendu aux urnes sur 4.

"On a découvert qu’elle n’avait pas seulement un problème de ligne, mais de mentalité: elle n’est pas capable de se contraindre au nom d’impératifs politiques."
Acteur de la campagne frontiste

Ca, c'est le coté face. Le côté pile est nettement moins reluisant. Dès l'annonce des résultats, les attaques envers Marine Le Pen et ses plus proches conseillers ont commencé à voler. Pour beaucoup de militants, le débat de l'entre-deux tours a été révélateur. "On a découvert qu’elle n’avait pas seulement un problème de ligne, mais de mentalité: elle n’est pas capable de se contraindre au nom d’impératifs politiques" déclare un acteur de la campagne frontiste au journal Libération.

"Marine doit désormais aller très loin dans le retrait: elle devrait n’être plus qu’une porte-parole du FN, au sein d’un triumvirat ou sous un président aux pouvoirs réduits."
Conseiller régional FN

"En voyant ça, on s’est senti trahis. Dans mon entourage, le ressentiment est énorme. Des gens qui adoraient Marine se sont mis à la détester", explique un jeune militant, avant qu'un autre renchérisse: "J’avais des amis de droite prêts à voter Marine, mais le soufflé est retombé tout de suite après le débat. Dans les fédérations de ma région, l’état d’esprit, c’est: "Ça va bien cinq minutes." Du vieux pied-noir au gaulliste en passant par les jeunes, tout le monde pense qu’elle nous a plantés." "Marine doit désormais aller très loin dans le retrait: elle devrait n’être plus qu’une porte-parole du FN, au sein d’un triumvirat ou sous un président aux pouvoirs réduits", précise un conseiller régional.

 

Florian Philippot sur la sellette ?

"Marine a bon fond, mais elle ne sait pas s’entourer."
Jeune cadre du FN

Pour d'autres, ce n'est pas Marine Le Pen la principale coupable de la défaite subie dimanche, ce sont ses plus fidèles conseillers que sont Philippe Olivier, son beau-frère, et Florian Philippot, vice-président du FN. "Marine a bon fond, mais elle ne sait pas s’entourer", déclare un jeune cadre. "Marine doit prouver qu’elle sait trancher, qu’elle n’accorde plus la même importance à une certaine équipe, à commencer par la personne responsable de la communication et de la stratégie (Florian Philippot)", poursuit le conseiller régional. 

Pour Michel Janva, blogueur sur "le Salon beige", un influent blog traditionaliste, "Marine Le Pen peut sans doute se maintenir à la tête du FN. Mais, comme Jean-Marie Le Pen entre 2002 et 2010, ce serait pour présider un cycle pour rien. Un cycle où ni les cadres, ni les militants, ni les électeurs ne croiront plus la victoire possible à l’horizon visible."

Marion Maréchal-Le Pen pour un renouveau ?

"L’élection d’un type de 39 ans, cela rend tout le monde vieux, sauf Marion Maréchal-Le Pen."
Elu FN

Dimanche soir, Marine Le Pen a annoncé une "transformation profonde" du parti. Le cadre devrait en être le prochain congrès du FN, fin 2017 ou début 2018. L'occasion de changer de nom et de s'ouvrir à de nouveaux jeunes talents ? Marine Le Pen ferait-elle alors un pas de côté ? "L’élection d’un type de 39 ans, cela rend tout le monde vieux, sauf Marion Maréchal-Le Pen, estime un élu. Marion est pour l’union des droites et n’est impliquée, elle, dans aucune affaire judiciaire."

Il est vrai que la députée du Vaucluse pourrait être une alternative à sa tante. Mais serait-elle intéressée ? La nièce de Marine Le Pen a encore déclaré il y a moins d'un mois qu'elle avait "l'intention à terme de ne pas continuer la politique". Le débat est en tout cas ouvert.

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