Escalade verbale entre Macron et Le Pen

Les deux candidats à la présidentielle française caricaturés pendant une manifestation à Paris à l'occasion du 1er mai. ©AFP

La cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen poursuit dimanche une campagne offensive sur le terrain pour ravir la victoire à son rival Emmanuel Macron qui se défend.

A six jours du second tour de la présidentielle, Emmanuel Macron, favori des sondages (entre 59 et 61% des votes), et son adversaire Marine Le Pen ont lâché leurs coups pour remobiliser leurs partisans et tenter de gagner les suffrages d'électeurs indécis.

En cette Journée internationale des travailleurs, marquée il y a 15 ans par une mobilisation unitaire syndicale et politique sans précédent après la qualification surprise de Jean-Marie Le Pen face au président sortant Jacques Chirac, les syndicats, à l'image de la CFDT et de la CGT, ont manifesté lundi en ordre dispersé dans des cortèges où l'on pouvait entendre "Ni Macron, ni Le Pen".

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Dans cet entre-deux-tours incertain et fracturé qui tourne au choc frontal, le candidat d'En Marche! a dégainé le premier lundi matin, toujours avec l'arme du symbole, en déposant une gerbe à Paris à la mémoire de Brahim Bouarram, Marocain de 29 ans mort noyé dans la Seine le 1er mai 1995 après avoir été poussé par des skinheads proches du Front national.

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Au même moment, Jean-Marie Le Pen honorait comme chaque 1er-Mai la figure de Jeanne d'Arc qu'il a comparée à Marine Le Pen, "fille de France" face à un "Hollande bis".

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Lors de son dernier grand meeting de l'entre-deux-tours, à Villepinte (Seine-Saint-Denis), en présence de Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen a ensuite usé du même registre offensif en fustigeant le "poulain" du président sortant, décrit comme "banquier", "winner autoproclamé" et "fêtard de la Rotonde".

Devant plusieurs milliers de partisans, la députée européenne a parodié le discours de candidat de François Hollande en 2012, lorsqu'il avait désigné la finance pour adversaire. "Aujourd'hui, l'adversaire du peuple français, c'est toujours le monde de la finance. Mais cette fois il a un nom, il a un visage, il a un parti, et il présente sa candidature, et tous rêvent de le voir élu: il s'appelle Emmanuel Macron!",a-t-elle lancé.

"Le 7 mai, je vous appelle à faire barrage à la finance, à l'arrogance, à l'argent roi", a-t-elle ajouté après avoir lâché: "C'est en Marche! ou crève!"

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Emmanuel Macron a riposté dans l'après-midi lors de sa dernière réunion publique d'ampleur à La Villette, à Paris, appelant à voter contre "le parti de l'anti-France". Il a mis en garde contre "un aller sans retour".

Il a accusé Marine Le Pen d'incarner une "France grimaçante" et "recuite de haine", à laquelle il entend opposer la France de la "fraternité" et qui "parle à tous".
"Mme le Pen a parfaitement résumé la situation ce midi avec sa grossièreté bien connue", a-t-il déclaré. "Elle a dit 'c'est En Marche! ou crève'. Elle a raison, En Marche! c'est nous!Il a dit toutefois qu'il refusait de juger "un Français qui vote pour le parti du FN, car il y a toujours une colère, une indignation, un désarroi, un désenchantement derrière ce vote".

Il s'est aussi adressé aux électeurs qui voteraient pour lui par défaut ou hésiteraient, tout en marquant son refus d'adapter son programme. "Mon combat est celui qui rendra aussi possible votre combat, sans l'écraser sans nier nos différences, avec tous nos désaccords. C'est cela, le sens de notre résistance, et que la colère, la rage, le désespoir pourraient aujourd'hui menacer", a-t-il dit.

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