Et si ces élections perturbent les marchés?

"Le problème porte davantage sur le long terme et concerne ce qui se passe sur les spreads mais cela dépasse le cadre des interventions monétaires", selon Ignazio Visco, gouverneur de la Banque d'Italie. ©REUTERS

La BCE peut aider les banques françaises après le vote, selon un membre du conseil des gouverneurs de la banque centrale. En cas de qualification pour le second tour de la présidentielle en France de Marine Le Pen ou de Jean-Luc Mélenchon...

La Banque centrale européenne pourra fournir des liquidités aux banques en cas de turbulences sur les marchés financiers après le premier tour de l'élection présidentielle en France ce dimanche. C'est ce qu'assure Ignazio Visco, membre du conseil des gouverneurs de la BCE.

Les investisseurs craignent une qualification pour le second tour de la présidentielle en France de Marine Le Pen ou de Jean-Luc Mélenchon, voire des deux, car leurs programmes menacent à leurs yeux l'existence de la zone euro. Un tel résultat pourrait creuser les écarts de rendements (spreads) entre les dettes souveraines des pays membres de la zone euro à partir de lundi, ce qui pourrait mettre en difficulté certains Etats aux finances jugées plus fragiles comme l'Italie.

En Chiffres

• Les banques françaises disposent actuellement de davantage de liquidités que nécessaire.
• Les données de la BCE montrent qu'à la date du 3 mars, dernier jour disponible, leurs réserves excédentaires auprès de l'institut de Francfort s'élevaient à 174 milliards d'euros.

La Banque centrale européenne sortirait de son mandat si elle s'efforçait de limiter une éventuelle hausse des coûts d'emprunt des pays membres de la zone euro. Le gouverneur de la banque centrale d'Italie précise: "Le problème porte davantage sur le long terme et concerne ce qui se passe sur les spreads mais cela dépasse le cadre des interventions monétaires."

Afin de soutenir l'inflation et l'activité dans la région, la BCE achète chaque mois pour 60 milliards d'euros d'actifs, essentiellement des obligations d'Etat sur le marché secondaire, mais les traités de l'Union européenne lui interdisent de financer directement des Etats.

Ignazio Visco et son homologue de la banque centrale d'Autriche, Ewald Nowotny, ont dit que la BCE était prête à venir en aide aux banques en recourant à ses liquidités d'urgence via le mécanisme ELA, comme elle l'a fait pour les banques grecques. Ils se disent cependant certains que cela ne serait pas nécessaire.

"S'il devait y avoir des problèmes de type liquidités pour des banques françaises en particulier, alors la BCE dispose de (...) ELA, mais nous ne nous attendons pas bien sûr à des mouvements spéciaux", a dit Ewald Nowotny à Washington.

S'exprimant un peu plus tard au FMI, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a refusé de se projeter dans des scénarios post-élection et a jugé que les déclarations d'Ignazio Visco et d'Ewald Nowotny n'engageaient que leurs auteurs.

Pour Ewald Nowotny, l'"hystérie" autour de l'élection présidentielle en France est exagérée. S'exprimant à ses côtés, le ministre autrichien des Finances a prédit qu'une éventuelle panique sur les marchés financiers serait probablement de courte durée et que l'Eurogroupe n'y réagirait pas. "Si l'on se fonde sur les expériences du passé, cette réaction des marchés est très courte", a dit Hans Jörg Schelling. "Je ne pense pas qu'il y ait la moindre réaction de l'Eurogroupe."

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