Fillon promet la lumière sur le "cabinet noir"

©AFP

François Fillon affirme non seulement que le dossier judiciaire le concernant est "vide" mais qu'en plus il fera toute la lumière sur un prétendu "cabinet noir" orchestré selon lui par françois Hollande, une fois élu. De son côté, Emmanul Macron s'érige en rempart contre l'extrême droite.

François Filllon a pressé la justice d'ouvrir une enquête sur les informations contenues dans le livre "Bienvenue place Beauvau", notamment sur un "cabinet noir" présumé, et annoncé qu'une enquête parlementaire serait ouverte s'il est élu président le 7 mai.

Le candidat Les Républicains, mis en examen dans l'enquête sur les emplois présumés fictifs de sa famille, a une nouvelle fois laissé entendre que le chef de l'Etat pourrait être à l'origine de cette affaire.

Fillon ne parvient pas à nouer les deux bouts

Une cagnotte Leetchi a été lancée par le site Le Gorafi pour soutenir les finances personnelles de François Fillon.

Ce lundi matin sur BFM TV, le candidat LR à l’élection présidentielle a avoué au micro de Jean-Jacques Bourdin qu'il ne parvenait pas à mettre de l’argent de côté, alors qu'il touche plus de 13.000 euros brut par mois hors revenus de sa société de conseil.

Selon les dernières statistiques de l’Insee, le salaire moyen des Français était de 20.670 euros net par an, soit 1.722 euros par mois. Le smic s’élève lui à 1.480,27 euros brut par mois.



"Je n'ai pas de preuve, je dis simplement qu'il y a un très grand doute à l'égard de ceux qui ont lancé cette opération", a-t-il dit sur BFMTV et RMC, en s'étonnant du silence de la justice.

"On ne fait pas d'enquête pour savoir si au plus haut sommet de l'Etat on viole la loi ? Est-ce qu'on est encore dans un pays de droit ? La question est posée. Le parquet devrait se saisir de cette affaire. S'il ne se saisit pas et si je suis élu président de la République, il y aura une commission d'enquête parlementaire"
François Fillon

Six élus Les Républicains ont écrit la semaine dernière au procureur de Paris et à la procureure du Parquet national financier pour leur demander d'ouvrir une enquête.

L'affaire Penelope, "un dossier vide"

François Fillon a par ailleurs affirmé que son épouse, mise en examen dans l'affaire de ses possibles emplois fictifs notamment comme assistante parlementaire, "ne sera pas condamnée", assurant que "le dossier est vide".

 

"Mon épouse ne sera pas condamnée. Depuis le début je vous le dis, cette affaire a été montée de toute pièce", a déclaré le candidat de la droite à la présidentielle sur BFMTV et RMC. Il a dénoncé "une calomnie dans Le Canard enchaîné", ou encore "une enquête d'enfer pendant trois semaines, qui ne débouche sur rien".

"Le dossier est vide. Si j'avais le moindre doute sur ma culpabilité je ne serais pas candidat à l'élection présidentielle"
François Fillon

Meetings, réunions d'appartement, cafés débat et document-projet : l'équipe de François Fillon a donné lundi le coup d'envoi de la dernière phase de campagne du candidat de la droite et du centre à l'Elysée censée tourner la page d'une séquence de deux mois parasitée par ses ennuis judiciaires.

Pierre angulaire de cette dernière séquence, un document-programme de huit pages a été imprimé à 10 millions d'exemplaires et a commencé à être distribué sur l'ensemble du territoire.

Après le débat télévisé de mardi soir, auquel participeront pour la première fois les 11 prétendants à  'Elysée, l'ex-Premier ministre de Nicolas Sarkozy poursuivra son "Tour de France".

Macron en rempart contre l'extrême droite

"Aujourd'hui, la favorite durable des sondages au premier tour et depuis longtemps, c'est Marine Le Pen. Ceux qui disent que Marine Le Pen ne peut pas passer le second tour sont les mêmes qui disaient que Trump ne pourrait jamais gagner. Si elle arrive largement en tête du premier tour, on ne sait pas ce qui peut arriver"
Emmanuel Macron

De son côté, Emmanuel Macron se dit persuadé d'être le meilleur candidat pour battre Marine Le Pen, "favorite" selon lui de l'élection présidentielle, et estime que le Front national serait considérablement affaibli s'il remporte la victoire.

Le candidat d'En Marche! affirme également dans une interview publiée lundi par Le Monde qu'il pense disposer d'une majorité une fois élu président et qu'il n'hésitera pas à utiliser l'article 49-3 de la Constitution pour passer en force à l'Assemblée nationale en cas de blocage de ses réformes.

Il déplore la "confusion très forte" qui règne selon lui chez le candidat socialiste Benoît Hamon et celui de la droite François Fillon, "qui ont fait d'En Marche ! et de moi la cible principale de leurs attaques".

Il se présente comme le mieux à même de la battre. "Je suis le seul candidat qui rassemble ! Vous pensez une seule seconde que les gens de gauche iront massivement voter François Fillon s'il se retrouve face à Marine Le Pen au second tour? A l'inverse, j'espère que beaucoup de gens de droite comme de gauche iront voter si nous sommes au second tour."

"Moi, j'ai une offre politique qui est symétriquement contraire à la sienne. Elle est notre principale adversaire et le débat principal se joue entre elle et moi, c'est-à-dire entre patriotes et nationalistes"
Emmanuel Macron

Si c'est le cas, il se dit "convaincu que la raison d'être du Front national sera très affaiblie" et de pouvoir disposer d'une majorité absolue pour gouverner. "Si les Français veulent ce changement, ils voteront pour moi et le confirmeront aux législatives", pense Emmanuel Macron, décidé à utiliser tous les moyens à sa disposition.

"J'ai toujours dit que je ne comptais pas retirer le 49-3 de notre Constitution. J'assume totalement les instruments qui ont été prévus par la constitution de 1958. Mais je demeure convaincu que si les Français votent pour m'élire président, ils me donneront une majorité à l'Assemblée nationale."

Le candidat d'En Marche ! juge par ailleurs "croquignolesque" d'être présenté comme l'héritier de François Hollande, avec lequel il dit avoir rompu en raison de l'existence de "divergences de fond", contrairement à François Fillon "qui pendant cinq ans a été le collaborateur de Nicolas Sarkozy, n'a jamais osé lui dire quoi que ce soit ni prendre ses responsabilités en partant".

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