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"Je ne suis pas là pour gérer. Je suis là pour transformer la France"

©REUTERS

Le président français accordait dimanche soir sa première grande interview télévisée. Récentes réformes, critiques, liberté de ton, Emmanuel Macron a répondu aux questions sans convaincre les Français.

Première grande interview télévisée peu convaincante pour le Président français, Emmanuel Macron. Selon une enquête Harris Interactive pour RMC et Atlantico, 39% des sondés se disent convaincus par son intervention, 61% déclarent ne pas l'avoir été. Son discours en matière sociale a le moins séduit. 

Durant 1h12, le chef de l'Etat, dont la cote de popularité a chuté de 15 points en moyenne entre juin et octobre, s'est employé à expliquer ses réformes, à déminer les critiques, ou à défendre sa liberté de ton. Mais au final, aucune grande annonce n'a été faite.

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Emmanuel Macron a en effet affirmé qu'il allait continuer "avec le même rythme et la même détermination" son programme de "transformation radicale" de la France. "Sur tout, je fais ce que je dis. C'est en effet assez nouveau. Je ne suis pas là pour gérer. Je suis là pour transformer" la France et "je continuerai au même rythme et avec la même détermination",a-t-il lancé dans cette interview accordée à TF1 et LCI.

Le style Macron

-> Des réformes trop à droite?: Le président assure que "la plénitude des réformes" et leurs effets sur le chômage seraient visibles "dans un an et demi, deux ans". Le chômage est en train de baisser, a-t-il remarqué.

"En l'espèce, le mot 'bordel' c'est du registre populaire, comme dit l'Académie française."

-> Le président des riches?  Répondant à l'accusation, il a affirmé que lui et son gouvernement s'occupaient de "la France où les choses vont mal", sans pour autant "croire" en la "jalousie envers les "riches".

"Quand on décide d'aider celles et ceux qui travaillent, aussi modestes soient-ils, par des réformes en profondeur, on s'adresse aux classes moyennes et aux classes populaires."

-> "Bordel", "fainéants" ... des propos assumés?  Le président s'est défendu d'avoir voulu "humilier" ou d'avoir été "clivant" en employant des termes comme "fainéants", "cyniques" ou "bordel". "Nos élites politiques se sont habituées à ne plus dire les choses, à avoir un discours en quelque sorte aseptisé. Et à considérer que ce qui était intolérable, c'était le mot qu'on mettait et pas la réalité." "En l'espèce, le mot 'bordel' c'est du registre populaire, comme dit l'Académie française."

72 minutes
Au cours d'un entretien d'une heure et douze minutes, le président s'est voulu pédagogue sur les décisions prises depuis son élection, sans faire de nouvelles grandes annonces.

-> Aucune interview en 5 mois, pourquoi? "J'ai pris la décision de ne pas avoir une présidence bavarde, de ne pas parler tout le temps parce qu'il faut que la parole présidentielle garde de la solennité. Je tiens beaucoup à l'esprit de nos institutions", a-t-il dit, en défendant son mode de gouvernance, qualifié par certains de "jupitérien".

Les questions d'actualité

-> Le producteur américain de cinéma, Harvey Weinstein, et sa Légion d'Honneur:  Emmanuel Macron affirme avoir "engagé les démarches" afin que la Légion d'Honneur soit retirée à l'homme accusé de viols, agressions ou harcèlement sexuels.

©AFP

-> Le harcèlement: Le président veut une "procédure de verbalisation plus simple" des actes de harcèlement ". Il déplore qu'"aujourd'hui, bien souvent, on ne va pas porter plainte, parce qu'on n'ose pas". Il a aussi annoncé que les étrangers en situation irrégulière qui commettraient un délit seraient expulsés.

-> Le contexte international: Emmanuel Macron a redit son "désaccord" avec le président américain Donald Trump sur le dossier du nucléaire iranien et indiqué qu'il prévoyait bien de se rendre en Iran "au moment voulu", ce qui serait la première visite d'un chef d'Etat français en Iran depuis 1976.

L'Europe comme l'environnement n'ont pas été abordés.

Les réactions à cette interview

-> Le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner: Il a loué "un discours clair, un cap ambitieux, une vision précise".

-> Bruno Retailleau, chef de file des sénateurs LR: "un exercice d'auto-satisfaction bien loin des préoccupations quotidiennes des Français."

-> Eric Coquerel, député de la France Insoumise: "Emmanuel Macron avait 60 minutes pour convaincre. C'est fait: il est bien le président des riches et du mépris pour ceux qui luttent."

-> Dans la presse, les éditorialistes affirment que le Président a montré qu'il maintenait "le cap" en restant "droit dans ses bottes" sans pour autant convaincre "tout le monde".

Première interview d'Emmanuel Macron sur TF1 et LCI

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