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analyse

L'impressionnant catalogue de revendications de Macron

©EPA

Le Président français a dévoilé un plan visant à relancer sur des points-clés la communauté des Etats membres.

Lyrique, incantatoire, Emmanuel Macron a livré mardi sa vision de l’Europe telle qu’il souhaite la voir évoluer. Jugeant l’Union "trop faible, trop lente" le Président français a voulu donner une impulsion au projet européen, avec une efficacité quelque peu grevée par la longueur de son discours.

Au sein du prestigieux amphithéâtre de la Sorbonne, il a expliqué en pesant ses mots qu’il n’avait pas de "lignes rouges" mais des "horizons", que ce soit pour la défense, les migrants, l’écologie, l’économie de la zone euro, l’organisation de la gouvernance, la vie étudiante. Sur tous ces thèmes Emmanuel Macron s’est posé en défenseur vibrant de la souveraineté européenne, face à la tentation chez certains membres de glisser vers un nationalisme dangereux pointant actuellement son nez avec des "habits neufs".

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Avec une hauteur de circonstance, il a déroulé un impressionnant catalogue de revendications visant à faire du Vieux Continent un pays moteur et non "suiveur" face aux différents défis de la mondialisation.

• Présentant ses idées par priorité, Emmanuel Macron a débuté par le thème-clé de la sécurité, plaidant pour une "capacité autonome de l’Europe" et une "culture stratégique commune", relançant ainsi la vieille idée d’une Europe de la défense qui peine à se concrétiser. En précisant plus tard que les ambitions françaises à l’égard de l’Europe n’étaient pas là pour résoudre des "problèmes domestiques", certains auront bien compris que la France, comme elle l’a déjà fait savoir par le passé, ne voulait pas être la seule à intervenir sur des théâtres d’opérations extérieures.

• Sur le plan économique, Emmanuel Macron a réclamé un budget de la zone euro, conduit par un ministre des Finances travaillant sous la houlette du Parlement. Là aussi beaucoup devaient penser aux budgets 2017 et 2018 de la France, censés se situer enfin sous ligne de flottaison vertueuse des 3%.

• Dans la foulée, la voix présidentielle a réclamé plus de convergence fiscale et sociale visant à éviter les effets de dumping qui se produisent entre les Etats membres. Le mot taxe est au moins intervenu trois fois dans ce domaine: sur les transactions financières, sur le prix du carbone aux frontières de l’Europe et la possibilité prometteuse de ponctionner les bénéfices des géants du numérique comme Google, Amazon, Facebook, Apple et leurs successeurs.

• Sur le plan parlementaire, Emmanuel Macron a suggéré que les 73 postes de députés européens laissés bientôt vacants par la Grande-Bretagne en raison du Brexit, pourraient être pourvus par des listes transnationales d’eurodéputés. Autre innovation audacieuse, il s’est dit prêt à non seulement réduire de moitié le nombre de commissaires européens, mais à ce que les pays fondateurs laissent leur place à des membres de l’Union moins prépondérants.

• En attendant de convaincre l’Allemagne et tous les autres de sa vision globale pour le continent, il a cherché à séduire les étudiants présents en évoquant un espace Erasmus agrandi et enrichi, les invitant dans le même temps au multilinguisme, s’inspirant fort à propos des recommandations du vieux bruxellois Erasme. Il aurait aussi pu reprendre cette formule de l’écrivain Umberto Eco qui postulait que la première langue de l’Europe était la "traduction".

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