La France n'est pas responsable du Vel d'Hiv, selon Marine Le Pen

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Gros émoi suscité par la dirigeante du Front National en France. La France n'est pas responsable de la rafle du "Vel d'Hiv" en 1942, au cours de laquelle plus de 13.000 juifs furent arrêtés et puis déportés, a expliqué la candidate du Front national à l'élection présidentielle, Marine Le Pen.

La France n'est pas responsable de la rafle du Vélodrome d'Hiver, souvent appelée, a estimé dimanche la candidate du Front national à la présidentielle française, Marine Le Pen, suscitant une vague d'indignation.

Or, la responsabilité de l'Etat français dans la déportation des juifs, longtemps passée sous silence en France, a été reconnue en 1995 par le président Jacques Chirac. En 2012, deux mois après son arrivée à l'Elysée, François Hollande a pour sa part qualifié la rafle du Vélodrome d'hiver de "crime commis en France par la France".

La rafle du "Vél'd'Hiv" a vu 13.152 juifs arrêtés  les 16 et 17 juillet 1942 puis déportés

Les 16 et 17 juillet 1942, 13.152 juifs étrangers réfugiés en France avaient été arrêtés à Paris et en banlieue par la police française, avant d'être déportés vers des camps d'extermination, notamment Auschwitz.

Parmi eux, 8.160 personnes, dont 4.115 enfants, avaient été enfermés durant quatre jours au Vélodrome d'Hiver, un stade voué aux courses cyclistes dans l'ouest de Paris, tandis que les 4.992 autres, couples sans enfants et célibataires, étaient entassés dans le camp de Drancy.

Sur les 13.152 victimes de cette rafle (la plus grande arrestation massive de juifs réalisée en France pendant la Seconde Guerre mondiale) seule une centaine de personnes ont survécu, dont aucun enfant.

Invitée de l'émission "Le Grand Jury" sur RTL, la candidate du Front national a jugé que "s'il y a des responsables, c'est ceux qui étaient au pouvoir à l'époque. Ce n'est pas la France". Selon Marine Le Pen, "la France a été malmenée dans les esprits depuis des années" car "en réalité, on a appris à nos enfants qu'ils avaient toutes les raisons de la critiquer, de n'en voir peut-être que les aspects historiques les plus sombres".

Auschwitz. ©BELGAIMAGE

Face à l'émoi suscité par ses propos, la présidente du parti d'extrême droite a précisé ensuite, dans la soirée de dimanche, que sa position faisait suite "à l'ordonnance du 9 août 1944 qui a frappé d'inexistence juridique le régime de Vichy, régime collaborateur et illégal." "Elle n'exonère en rien la responsabilité effective et personnelle des Français qui ont participé à l'ignoble rafle du Vel d'Hiv et à toutes les atrocités commises pendant cette période", a-t-elle indiqué dans un communiqué, dénonçant une "instrumentalisation politique indigne".

Gros émoi

Ses propos, largement relayés par la presse française, ont suscité l'émoi de nombreux internautes et de plusieurs personnalités politiques, parmi lesquelles Christian Estrosi (républicain) et Emmanuel Macron (En marche!), qui y voient un écho des déclarations polémiques tenues dans le passé par le père de la candidate du Front national Jean-Marie Le Pen.

L'union des étudiants juifs de France a également dénoncé des propos "révisionnistes", s'inscrivant "dans la lignée révisionniste du Front national".

Plusieurs dirigeants du Front national ont remis en cause ces dernières années la responsabilité de l'Etat français dans la déportation de Juifs, à l'image du fondateur du parti, Jean-Marie Le Pen, qui en 2010 a jugé scandaleux de rendre responsable le maréchal Pétain de la "persécution" des Juifs.

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