"Le dumping fiscal et social va faire éclater l'UE"

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Emmanuel Macron veut trouver un accord avec la Roumanie cette année encore sur le travail détaché et le "dumping fiscal". Et d'après le président français, c'est la survie même de l'Union européenne qui est en jeu.

Le président français Emmanuel Macron est en tournée dans l'Europe de l'Est afin de s'attaquer au dumping social (main d'oeuvre moins chère) et fiscal (régime fiscal plus intéressant). Comme promis durant sa campagne, il espère obtenir fin octobre à Bruxelles un accord majoritaire pour raccourcir la durée du travail détaché et renforcer les contrôles contre les fraudes. A l'occasion de sa rencontre avec son homologue roumain Klaus Iohannis, il a rappelé le sérieux de la situation. 

"Certains politiques ou milieux d'affaires" en Europe veulent "toucher les fonds structurels et développer un modèle qui est le dumping fiscal et social", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Bucarest. Si rien n'est fait, "ça éclatera", ce sera "un démantèlement de l'Union européenne", car "aucune opinion publique des pays fortement développés n'acceptera le système tel qu'il fonctionne".

Le président français Emmanuel Macron et son homologue roumain Klaus Iohannis veulent trouver une solution sur le dossier des travailleurs détachés. ©AFP

Pas facile de faire plaisir à tout le monde. Comme l'a résumé le président roumain, "il est inacceptable de voir ces mécontentements d'une part en Europe occidentale (...) et, d'autre part, il faut tenir compte du souhait des gens en Europe de l'Est" de pouvoir travailler en France, en Allemagne ou Espagne.

Et comment on fait ça? On clarifie la directive. Selon Klaus Iohannis, il faut "améliorer cette directive", mais sans "éliminer la concurrence ou le marché libre".

Deux gestes de Macron

La France souhaite limiter la durée du travail détaché à 12 mois sur une période de deux ans, et que toutes les périodes comptent. Elle veut aussi s'assurer que les travailleurs détachés perçoivent tous les éléments de rémunération obligatoires dans le pays d'accueil. Elle souhaite en outre renforcer la lutte contre la fraude et les abus, avec des sanctions effectives. Mais comme le sujet est sensible, Emmanuel Macron a mis de l'eau dans son vin. 

1/ D'abord, il a accepté de séparer la question des transporteurs routiers qui circulent en Europe, sujet très sensible en Roumanie. Les règles pour les transporteurs embauchant des travailleurs de leur pays relèvent d'une seconde directive qui sera discutée par ailleurs, a-t-il expliqué. 

2/ Ensuite, il s'est dit prêt à soutenir la demande de la Roumanie d'entrer dans l'espace Schengen, mais seulement quand ce dernier aura été réformé. "Vous êtes en droit de demander votre intégration dans Schengen. J'y suis totalement ouvert" a-t-il lancé. 

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