Le Pen: "La France sera dirigée par une femme, ce sera moi ou Madame Merkel"

A quatre jours du second tour, Emmanuel Macron et Marine Le Pen s'attaquent au cours d'un débat capital. "Vous êtes l'enfant chéri du système et des élites", affirme la candidate du FN. "Votre stratégie c'est de dire des mensonges", riposte le centriste.
  • C'est la fin de ce débat

    Rendez-vous dimanche pour le verdict du second tour et l'élection du nouveau président/de la nouvelle présidente français(e).

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  • "Vous méprisez le peuple français car vous n'avez pas de programme"

    "La France que vous défendez n'est pas la France, c'est une guerre de marchés. Tout le monde devra se battre les uns contre les autres. La France, c'est une nation, une culture, un peuple. Nous ferons du commerce avec le monde entier. Moi j'aime la France, sa culture, son patrimoine, ses frontières, son peuple. Vous voulez une France ouverte à tous les vents. Vous êtes le candidat des fermetures (hôpitaux, usines,...) sauf des frontières", explique Marine Le Pen en guise de conclusion.

    "On vous demande une carte blanche et vous salissez l'adversaire. Vous méprisez le peuple français car vous n'avez pas de programme. La France que je veux, c'est une France ouverte. J'entends la colère de nos concitoyens. Je veux une politique de réformes. Avec moi, la construction viendra du bas, des associations. Vous n'avez pas de projet pour notre pays. Je veux une France réconciliée, vraiment transformée. Je ne veux pas des profiteurs de l'échec et des exploitants de la colère. La France est dans une crise profonde. J'ai entendu les colères, les doutes, les manques. Je ne vous promets pas des choses invraisemblables. Je recommande le travail qui fait grandir, dans un monde ouvert avec une Europe forte", a pour sa part conclu Emmanuel Macron.

  • "Vous n'êtes pas digne d'être garante des institutions, vous salissez les juges, les institutions,..."

    "A l'école, il faut retrouver l'autorité du maître, il faut y remettre de l'ordre. Il faut également revaloriser les filières professionnelles qui sont délaissées aujourd'hui", explique Marine Le Pen.

    "Vous êtes sous le coup d'une affaire judiciaire, vous avez un patrimoine sous-évalué. Moi pas. Vous n'êtes pas digne d'être garante des institutions, vous salissez les juges, les institutions,...", déclare Emmanuel Macron. "Votre parti d'extrême droite ne ressemble pas à notre France, vous ne méritez pas leur colère, vos électeurs méritent mieux que cela", affirme Emmanuel Macron.

  • Un débat bien résumé par une journaliste du Monde sur Twitter

  • "La France sera dirigée par une femme, ce sera moi ou Madame Merkel"

    "La France sera dirigée par une femme, ce sera moi ou Madame Merkel", clame Marine Le Pen. 

    "Moi, je veux l'indépendance de la France. Une France forte en Europe. Je veux une France qui construise la paix. Je veux continuer le travail avec Donald Trump en termes de renseignements et de coopération pour notre sécurité. Je veux continuer avec lui sur le climat aussi, le convaincre du bien-fondé de la lutte contre le réchauffement climatique", explique Emmanuel Macron. "Avec Vladimir Poutine, je serai très ferme. Ce sera un partenaire de travail, bien que nous ne serons pas d'accord sur beaucoup de points", conclut-il.

    "La France sera respectée si elle retrouve sa grandeur, son indépendance. Nous devons être à équidistance des Etats-Unis et de la Russie. Je me moque des relations entre Américains et Russes. Moi je parlerai avec les deux. Nous devons retrouver notre place diplomatique et indépendante", répond de son côté Marine Le Pen.

  • "Quand nous reviendrons au franc, chaque pays changera sa monnaie"

    "Il faut complètement réformer l'Union européenne, en faire une alliance de pays souverains où chacun décide de son propre destin", déclare Marine Le Pen. "De tous les candidats, vous êtes celui qui se soumet le plus radicalement à l'Union européenne", poursuit la candidate FN. "Il y aura une monnaie pour les échanges entre Etats, entre entreprises, l'euro, et une monnaie qui se retrouvera dans les portefeuilles de tous les citoyens, le franc", explique encore Marine Le Pen.

    "Mais donc les entreprises payeront les uns en euros et les autres en francs, c'est impossible. En quelle devise payerons-nous la dette ?", se demande Emmanuel Macron. "Les autres pays auront l'euro. Donc le paysan qui doit acheter certains produits en Italie, il devra payer en euros, mais après il payera ses salariés en francs, c'est ridicule", rigole Emmanuel Macron. "Non, chacun va changer sa monnaie", réplique Marine Le Pen. "Ah ok, vous allez changer la monnaie des autres pays, très bien", répond ironiquement l'ancien socialiste. "Oui", conclut Marine Le Pen.

  • "Les cités sont des zones de non-droit détenues par des caïds intouchables"

    "Je veux engager des policiers, créer une police de sécurité quotidienne à laquelle je donne deux pouvoirs: un pouvoir d'amende pour les vols à l'étalage par exemple. Comme les délits routiers par exemple", explique Emmanuel Macron.

    "Eux, ce sont des honnêtes citoyens, des braves personnes qui devront payer l'amende. Dans les lieux de non-droit où les policiers ne vont plus, où les pompiers ne vont plus, vous croyez vraiment qu'on va aller chercher des amendes. Ce sont des caïds qui tiennent les cités, personne n'ose y aller, cela ne marchera jamais", répond Marine Le Pen.

    Alors que Marine Le Pen appelle Macron "Hollande Jr" et lui rappelle une nouvelle fois qu'il est le candidat socialiste issu du système, Emmanuel Macron s'exaspère et rappelle qu'il a quitté le gouvernement car il était en désaccord avec François Hollande.

  • "Le plus grand souhait des terroristes, c'est que vous deveniez présidente"

    "Le plus grand souhait des terroristes, c'est que vous deveniez présidente. Vous allez créer la guerre civile et c'est exactement ce que veulent les terroristes", déclare Emmanuel Macron.

    "C'est vous qui attisez la haine en parlant de "crimes contre l'humanité" quand vous vous rendez en Algérie. C'est normal qu'après, ils en veulent à la France et qu'ils viennent s'y faire sauter", explique alors Marine Le Pen. "Il y a eu des crimes contre l'humanité. Vous avez eu des propos odieux quant à la rafle de Val D'Hiv", affirme le candidat d'En Marche.

    "A Val d'Hiv, la France n'était pas coupable. La France était à Londres", confirme Marine Le Pen.

  • "Aujourd'hui, les terroristes sont partout. C'est la coopération entre les Etats qu'il faut améliorer"

    A propos du terrorisme, Marine Le Pen répète ses propositions de fermeture des frontières, d'expulsion des fichés S étrangers et de déchéance de nationalité qui, selon elle, régleront le problème du terrorisme en France. "Vous croyez vraiment qu'un terroriste qui veut se faire exploser en France ne le fera plus si on lui retire la nationalité française", demande ironiquement Emmanuel Macron. "Il faut créer 40.000 places de prison et renvoyer les criminels étrangers chez eux", renchérit la candidate FN.

    "La lutte contre le terrorisme, ce sera ma priorité pour les prochaines années. Il n'y a qu'un quart des terroristes qui ont commis des attentats en France qui étaient fichés S. Je suis pour des expulsions mais plus chirurgicales. Pas tout le monde d'un coup comme le propose Marine Le Pen. Fermer les frontières n'arrangera rien. Aujourd'hui, les terroristes sont partout. C'est la coopération entre les Etats qu'il faut améliorer", explique Emmanuel Macron.

    "Vous allez faire quoi aux frontières ?", demande le candidat d'En Marche. "Mettre des douaniers", répond Marine Le Pen. "Mais vous croyez vraiment qu'un douanier va arrêter des terroristes ? Ils ne sont pas formés pour, les terroristes trouveront d'autres moyens", réplique Emmanuel Macron. "Elle est payée par les contribuables européens, elle ne va jamais au parlement et toutes les lois anti-terroristes, vous avez voté contre", conclut le candidat centriste.

  • "Vous culpabilisez toujours les Français. Je ne le supporte plus"

    "Vous culpabilisez toujours les Français. Je ne le supporte plus", déclare Marine Le Pen. "Ils ont le droit qu'on ne les prenne pas pour des imbéciles", répond Emmanuel Macron.

    "C'est de la faute du système qui vous soutient. Je propose la retraite à 60 ans. Pour le payer, je ferai baisser le chômage en cassant la concurrence sauvage. Vous, vous n'êtes jamais arrivé à le faire", explique la candidate FN. "La retraite à 60 ans, c'est 30 milliards, c'est impayable ! On ne peut pas expliquer aux gens qui vivent plus longtemps, qui commencent à travailler plus tard, qu'ils pourront tous partir à la retraite à 60 ans. Je ne change pas l'année de départ, ni le niveau de cotisations. Il n'y a pas de finances magiques", répond le candidat centriste.

  • "Quitter l'UE ? Cela coûtera très cher !"

    "Je pense au monde associatif bénévole qui est un élément de la vie française. Pour vous, tout doit se vendre et s'acheter. Vous ne pensez qu'en termes de dividende", clame Marine Le Pen.

    "Vous avez une vision qui n'est pas celle de la France aujourd'hui. La France est ouverte et accueillante, pas fermée comme vous le proposez", réplique Emmanuel Macron. "Vous nous faites plein de belles propositions mais vous ne chiffrez rien, vous faites des cadeaux à tout le monde, mais à qui allez-vous prendre l'argent?" demande-t-il.

    "A l'Union européenne par exemple, en la quittant, cela nous rapportera 9 milliards", explique Marine Le Pen. "C'est 6 milliards déjà, mais passons. Cela coûte de quitter UE. Regardez le Royaume-Uni, c'est 80 milliards qu'il doit payer tout de suite", explique Macron. "On peut négocier", sourit Marine Le Pen.

  • "Madame Le Pen n'a pas de projet"

    "Madame Le Pen n'a pas de projet", rigole Emmanuel Macron.

    Il est clair qu'à l'inverse d'Emmanuel Macron qui répond à chaque question par des propositions concrètes (qu'elles plaisent ou non), Marine Le Pen ne fait qu'attaquer le candidat centriste sur le bilan du quinquennat de François Hollande auquel il a participé en tant que ministre de l'Economie. La candidate FN a sans conteste choisi la stratégie de décrédibilisation de son adversaire.

  • "Vous considérez que la loi du plus fort doit s'appliquer"

    "Ce qui tue les salariés, c'est la concurrence déloyale. Je propose de taxer les entreprises qui délocalisent. Si elles n'ont pas de bénéfices à aller dans des pays où les salaires sont très bas, elles ne le feront plus. Vous considérez que la loi du plus fort doit s'appliquer, explique Marine Le Pen. 

    C'est à présent le cas de l'entreprise Whirpool qui vient sur la table. "Alors que vous faisiez votre numéro devant les caméras, moi je suis allé au contact avec eux, je leur ai fait des propositions. Vous, vous ne proposez rien", répond Emmanuel Macron à Marine Le Pen qui l'attaque sur le fait que la mondialisation prônée par le centriste ne résoudra jamais le problème d'entreprises comme celle de Whirpool qui délocalise leurs activités hors de France.

  • "Vous ne proposez rien, vous ne dites que des bêtises"

    "Vous aidez les grands groupes. Vous avez permis la directive "détachement des travailleurs", ce qui fait que beaucoup de travailleurs français sont au chômage. Vous êtes la France qui se soumet", attaque Marine Le Pen.

    "Vous ne proposez rien. Vous ne dites que des bêtises", rétorque Emmanuel Macron. Les deux candidats s'écharpent ensuite sur Alstom et SFR, deux entreprises vendues à de riches milliardaires. La candidate FN attribue ces ventes à Emmanuel Macron, ce que réfute formellement le candidat centriste.

  • "Vous êtes l'héritière d'un nom, d'un parti"

    "Macron est le candidat de la mondialisation sauvage, du communautarisme, du pilotage de la finance décomplexée. Moi je suis la candidate du peuple, de la nation qui protège face à la concurrence déloyale et le fondamentalisme islamique", déclare d'emblée Marine Le Pen qui attaque très fort.

    "Vous avez démontré que vous n'étiez pas la candidate de la finesse, vous êtes l'héritière d'un nom, d'un parti. Vous portez cet héritage depuis que vous avez repris le parti. Les citoyens veulent-ils l'esprit de défaite que vous portez ? Se replier car on a peur de tout. Moi je porte l'esprit de conquête français. Nous sommes forts dans le monde. Il y a beaucoup de changements que je souhaite et que je vais les mener à leurs termes pour que l'esprit de conquête triomphe", répond Emmanuel Macron

  • Le débat commence

    Il devrait durer un peu plus de 2h.

    ©AFP

  • "Deux visions radicalement différentes"

    Au moment d'arriver dans les studios, Marine Le Pen évoque le débat en déclarant: "J'attends qu'il démontre qu'Emmanuel Macron et moi avons deux visions radicalement différentes. Soit la continuité de la politique de François Hollande pour lui, soit le changement que je représente."

    "J'attends un moment de clarification qui va me permettre d'expliquer en détails le projet que je porte. Je veux montrer que le projet de Madame Le Pen n'est pas de nature à défendre le pays", a répliqué Emmanuel Macron à son tour.

  • Pour voir le débat en vidéo

     

  • Macron face à Le Pen pour un débat sous haute tension

    ©AFP

  • Bonjour à toutes et à tous et bienvenue pour suivre en direct le débat capital de l'entre-deux tours entre le jeune centriste Emmanuel Macron et la candidate du FN Marine Le Pen.

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