Les 5 priorités économiques de Macron

©Nicolas Vadot

Une France plus adaptée à la mondialisation, un marché du travail plus souple, un budget tiré au cordeau… Mais aussi des investissements et plus de pouvoir d’achat.

Il résume son programme économique en une devise: "Libérer la France et protéger les Français." Elle n’est pas prête de s’afficher sur le fronton des mairies, mais elle a le mérite de la clarté. Donner de la latitude aux acteurs économiques, c’est le cœur du programme d’Emmanuel Macron, qui défend une France agile dans la mondialisation, "conquérante". Et en même temps le nouveau président promet d’adapter les outils de protection sociale pour en conserver l’efficacité. Le tout dans un cadre résolument européen, puisque Macron s’engage à respecter les règles budgétaires communes – dans l’espoir de convaincre ses partenaires, à commencer par Berlin, de la nécessité de faire un bond en avant dans la gouvernance de la zone euro.

1. Être bon élève budgétaire

Emmanuel Macron entend respecter la règle budgétaire européenne, et tout le monde sait que cette intention ne sera pas facile à tenir. Il prévoit pour cela de réaliser 60 milliards d’euros d’économies sur le budget de l’État français au cours de son quinquennat.

120.000 postes
Emmanuel Macron entend respecter les règles budgétaires européennes. Il compte pour cela supprimer 120.000 postes de fonctionnaires.

Il entend ainsi réduire les dépenses publiques de 25 milliards d’euros, notamment en "modernisant" la fonction publique. Il prévoit la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires. Il prévoit aussi 15 milliards d’économies sur l’assurance-maladie, 10 milliards sur l’assurance-chômage et dix de plus sur les dépenses des collectivités territoriales (communes, départements, régions…).

2. Investir

Une telle cure de rigueur risque-t-elle de compromettre la croissance du pays? Non, répondra Macron. Car le nouveau président entend très vite lancer un programme d’investissement de 50 milliards d’euros, dont 15 milliards pour la formation et 15 de plus pour l’énergie – alors qu’il veut notamment faire de la France le leader mondial de la recherche sur la transition environnementale. Le solde serait réparti équitablement entre la santé, la modernisation des administrations, les transports, et l’agriculture (Emmanuel Macron veut par exemple faire en sorte que la moitié des produits proposés dans les cantines d’écoles et d’entreprises soient bio ou issus de circuits courts d’ici la fin de son mandat).

3. Doper le pouvoir d’achat

Le nouveau président prévoit aussi de revaloriser le travail. Pour gonfler le porte-monnaie des employés comme des indépendants, il entend réduire leurs cotisations sociales. Pour financer cette politique, il compterehausser la "CSG", la Contribution sociale généralisée: un prélèvement proportionnel qui, comme son nom l’indique, met chaque Français à contribution. L’équipe d’Emmanuel Macron estime le gain "poche" pour un salaire net mensuel de 2.200 euros à 500 euros par an. Au final, ce sont notamment les 60% de retraités les plus aisés qui financeront la mesure.

Autre mesure phare pour le pouvoir d’achat: Emmanuel Macron entend exonérer de taxe d’habitation les quatre cinquièmes des ménages. Coût de l’opération: 10 milliards d’euros.

4. Assouplir le travail

Pour faciliter les changements de carrière, le nouveau président français veut permettre aux salariés qui démissionnent d’accéder à l’assurance-chômage. Mais les chômeurs qui refuseraient des "offres raisonnables" d’emploi se verraient suspendre leurs allocations.

Alors que la réglementation du temps de travail est un sujet hautement sensible en France, Macron veut aussi réformer le code du travail, pour faire primer les accords d’entreprise sur les accords de branche. La durée légale du travail resterait fixée à trente-cinq heures au niveau national, mais les partenaires sociaux pourraient donc, au sein des entreprises, la modifier.

5. Rénover l’Europe

Macron souhaite créer un budget pour la zone euro, supervisé par un "ministre de l’économie et des finances" de la zone euro, lui-même placé sous le contrôle d’un Parlement de la zone euro. D’où viendra ce budget, cette nouvelle solidarité entre États membres ?

À Berlin, on l’a encore répété hier: pas question de faire des emprunts en commun… Les efforts budgétaires de la France permettront-ils d’injecter suffisamment de confiance entre les partenaires pour faire faire à ce débat un grand bond en avant? La boucle est bouclée.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés