Macron a du souci à se faire

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Emmanuel Macron doit battre Marine Le Pen dimanche pour devenir le 25e président français, mais il doit surtout vaincre l'abstention qui joue en faveur de sa concurrente.

Si les sondages font aussi bien leur boulot qu'au premier tour, Emmanuel Macron sera le prochain président de la République française. L'institut Elabe le donne vainqueur à 59%, Ifop à 59,5% et Opinionway à 60%. Et cette proportion 60-40 en faveur du candidat de En Marche! est stable. Mais l'élection est-elle déjà jouée d'avance? Pas si sûr...

D'après Ifop, 97% des électeurs qui ont voté pour Emmanuel Macron au 1er tour devraient à nouveau voter pour leur candidat. Et c'est plus ou moins pareil pour Marine Le Pen (95% des électeurs qui ont déjà voté pour elle, la choisiront de nouveau dimanche). Logique. Mais pour gagner l'élection, les candidats doivent surtout séduire les Français dont le 1er choix allait à un autre candidat

Macron est le plan B de prédilection, ça ne fait pas de doute. Mais le clan des abstentions gagne de plus en plus du terrain... au profit de Marine Le Pen. En effet, toute personne qui ne vote pas, permet à la candidate de l'extrême droite de se rapprocher de son concurrent, dont le score se réduit. Et l'abstention devrait osciller entre 22 et 28% dimanche, c'est beaucoup. Il faut remonter à 1969 pour retrouver un taux d'abstention plus élevé au second tour (31,15%).

Pourquoi l'abstention?

Pour certains électeurs, l'élection est déjà pliée. Avec une avance de 20% dans les sondages, Macron a de fortes chances d'être élu. Du coup, plus besoin de se déplacer jusqu'au bureau de vote.

Pour d'autres, c'est une abstention politiqueC'est notamment le cas de nombreux "Insoumis" de Jean-Luc Mélenchon. Un tiers a décidé de ne pas aller voter. Leur candidat a certes clairement pris position contre Marine Le Pen, mais il refuse de soutenir explicitement Emmanuel Macron, dont il rejette le programme social-libéral. 

Brexit, Trump, Le Pen?

A côté de demander aux électeurs pour qui ils comptent voter, on peut également leur demander quel candidat va gagner selon eux. Et ils sont de moins en moins sûrs de la victoire d'Emmanuel Macron. Un votant sur quatre estime que les deux candidats ont leurs chances. Il faut dire que depuis le vote du 1er tour, la campagne du Wonder Boy a été sous le joug des critiques face à la machine bien rodée qu'est la campagne de sa concurrente.

Après la victoire du Brexit et de Donald Trump, aucun scénario ne semble impossible. Marine Présidente? Pourquoi pas. Mais ça fait peur aux marchés, aux entreprises, à l'Europe et même aux Belges. Du coup, les appels à soutenir le candidat centriste se multiplient: artistes, politiques, patrons, scientifiques, grands médias qui espèrent tous que les électeurs vont se mobiliser en masse dimanche.

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