Macron en route vers l'Elysée

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Emmanuel Macron affrontera Marine Le Pen au second tour de la présidentielle française le 7 mai prochain. Soutenu par les ténors de gauche comme de droite, il devient le grand favori pour occuper l'Elysée. Les deux grands partis traditionnels sont éliminés.

Le centriste pro-européen Emmanuel Macron et la candidate de l'extrême droite anti-Europe Marine Le Pen, se sont qualifiés dimanche pour le second tour de la présidentielle française le 7 mai, un duel marquant le rejet des partis classiques.

Ce scénario rebat les cartes de la politique française: c'est la première fois depuis 1958 que la droite est absente du second tour, et la première fois qu'aucun des deux grands partis qui ont dominé la vie électorale depuis près d'un demi-siècle, le parti de droite Les Républicains et le Parti socialiste, n'y est présent. "On tourne clairement aujourd'hui une page de la vie politique française", a commenté Emmanuel Macron, ancien ministre de l'Economie âgé de 39 ans, arrivé, avec 23,75%, devant la cheffe du parti Front national, 48 ans (21,53%).  L'entourage de Marine Le Pen a salué "une victoire historique pour les patriotes et les souverainistes". Reste cependant le second tour le 7 mai prochain, où tous les sondages l'ont toujours annoncée battue.

Macron s'imposerait avec 62 ou 64%

Selon deux sondages publiés dimanche soir, Macron s'imposerait avec 62 ou 64% des voix le 7 mai.
Il n'a pas indiqué s'il souhaitait un débat télévisé face à Marine Le Pen, ce qu'avait refusé Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen en 2002. Mais il devrait dire "oui, à 95%", selon un proche.
Jamais élu, il est donc en bonne position pour emporter le scrutin suprême et devenir, à 39 ans, le plus jeune président de la République de l'histoire, devant Louis-Napoléon Bonaparte.

 

On tourne clairement aujourd'hui une page de la vie politique française.
Emmanuel Macron

De nombreux ténors de la droite ont fait part de leur soutien au centriste, après la défaite de leur candidat François Fillon qui a lui-même appelé à voter pour Macron. Le Premier ministre du gouvernement socialiste, Bernard Cazeneuve, a également appelé à voter Macron.

Au terme d'un match à quatre serré, le candidat de droite François Fillon (19,91%) et le candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon (19,64%) sont éliminés, au coude-à-coude pour la troisième place. Très loin derrière vient le candidat socialiste Benoît Hamon, qui n'aurait recueilli qu'un peu plus de 6,35% et Nicolas Dupont-Aignan à 4,75%, revers cinglant pour le parti au pouvoir. Tous les autres candidats auraient moins de 5%.

Emmanuel Macron, qui a créé l'an dernier son propre mouvement "En marche !" présenté comme "ni de droite ni de gauche" est en bonne position pour emporter le scrutin et devenir, le plus jeune président de la République de l'Histoire de France, devant Louis-Napoléon Bonaparte.

"Je mesure l'honneur et l'insigne responsabilité qui me revient", a-t-il indiqué en prenant la parole dimanche en fin de soirée pour remercier ses partisans mais aussi les autres prétendants à la présidence.  "En une année, nous avons changé le visage de la vie politique française", a poursuivi Emmanuel Macron.

 "J'œuvrerai dans les quinze jours qui viennent pour que nous puissions ensemble rassembler le plus largement possible autour de ma candidature. Le défi à partir de ce soir n'est pas d'aller voter contre qui que ce soit, c'est de décider de rompre jusqu'au bout avec le système qui a été incapable de répondre aux problèmes de notre pays depuis plus de trente ans", a-t-il encore dit en assurant qu'il s'apprête à construire une majorité de gouvernement, "faite de nouveaux visages, de nouveaux talent où chacun pourra avoir sa place."

Il n'y a pas plusieurs France, il n'y en a qu'une, la nôtre, la France des patriotes, dans une Europe qui protège et que nous aurons à refonder. La tâche est immense, j'y suis prêt, à vos côtés. Le combat pour être digne de conduire notre pays commence ce soir. Et nous le gagnerons.

Face à lui la candidate du Front national réédite la performance de son père Jean-Marie Le Pen en 2002 en accédant au second tour, sans arriver en tête comme elle l'a longtemps espéré. Mais il ne s'agit cette fois pas d'une surprise: sa qualification au second tour était prédite par tous les sondages sans exception depuis 2013.

Lors du premier tour tenu sur fond de menace terroriste, la participation a avoisiné les 78,69%, un des meilleurs niveaux depuis quarante ans, selon le ministère de l'Intérieur. Le niveau de mobilisation des 47 millions d'électeurs était l'une des clés du scrutin, alors qu'un sur quatre se disait encore indécis ces derniers jours. Trois jours après une attaque revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique sur l'avenue parisienne des Champs-Elysées, qui a coûté la vie à un policier, 50.000 policiers et 7.000 militaires avaient été déployés pour assurer la sécurité du scrutin.

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