Macron fâche sa base qui va devant les tribunaux

Emmanuel Macron entouré de ses militants après sa victoire à l'élection présidentielle. ©EPA

Le parti d'Emmanuel Macron, En Marche!, propose à ses adhérents de voter jusqu'à la fin du mois pour ses nouveaux statuts. Une partie de la base regrette que ces statuts n'aient pas été soumis à une discussion et veulent reporter ce vote.

La pression est énorme sur les épaules d'Emmanuel Macron. Il a remporté l'élection présidentielle grâce à ses promesses de renouveau politique, de démocratie et de participation citoyenne. Mais cette victoire est à double tranchant. Ses électeurs et ses adhérents l'attendent maintenant au tournant. 

Côté popularité, ce n'est pas la forme. En juillet, 54% des Français sondés par Le Journal du Dimanche se sont dits satisfaits par leur président, soit dix points de moins qu'en juin. Ce n'est pas une catastrophe (par comparaison Donald Trump ne remporte que 36% d'opinions favorables), mais c'est représentatif d'une certaine désillusion... quasi inévitable. Comme l'a rappelé Pierre Moscovici, le commissaire européen aux Affaires économiques, "gouverner" c'est "affronter l'impopularité".

©AFP

Mais à côté des Français lambda, Emmanuel Macron déçoit aussi ses adhérents. Au centre de leur mécontentement, on retrouve les nouveaux statuts du parti En Marche. Parmi ceux-ci, le parti s'engage à représenter ses adhérents au sein du Conseil national, à garantir l'indépendance des comités locaux du parti, à ne mettre aucun échelon supplémentaire entre les niveaux local et national, à maintenir une parité homme-femme au sein des postes à responsabilités du parti, etc.

Délai et démocratie

Le problème, c'est que ces statuts n'ont pas été décidés et discutés avec la base. "Les extraits ou synthèses des statuts que l’on daignait nous communiquer n’avaient plus rien à voir avec l’esprit d’En Marche! Et les premiers témoignages de députés sur le fonctionnement du groupe à l’Assemblée ne nous rassuraient pas vraiment...", a déclaré un militant au journal Le Parisien. Ainsi les adhérents souhaitaient que 50% des membres du futur Conseil national soit tirés au sort parmi les adhérents. Finalement ce ne sera le cas que pour 25%.

Une trentaine d'adhérents (qui disent représenter 600 comités locaux sur 3.200) ont donc pris le taureau par les cornes et ont contesté la validité de ces statuts. Ils ont saisi la justice pour demander l'annulation du vote de ces statuts qui commence ce dimanche jusqu'au 31 juillet. Leur principal argument? Le vote de ces statuts n'a pas respecté le délai légal prévu par le parti. Réponse ce mardi après-midi.

Du côté du parti, on ne s'excite pas. La sénatrice LREM Bariza Khiari estime qu'il existe toujours des mécontents et affirme que "les statuts sont le fruit de la consultation des adhérents, ils ont été enrichis".

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