analyse

Macron va-t-il pouvoir gouverner?

©REUTERS

Qualifié sans encombre pour le second tour de la présidentielle, Emmanuel Macron a bien conscience qu’il a toutes les chances d’être le prochain président de la République le 7 mai. Les nombreux appels à voter en sa faveur, des sondages unanimes lui font déjà sentir le parfum de la victoire. Mais quel sera réellement son style de présidence s’il est élu? Entre beaux discours et réalité, comment l’ancien ministre compte-t-il endosser le costume de président? Décryptage.

La question en France et aujourd'hui: Emmanuel  Macron va-t-il pouvoir gouverner?

Seulement s’il réussit à rassembler. Il s’est déjà attelé à la tâche en multipliant les ralliements d’élus et de ténors politiques mais cela ne suffira pas. Faute d’assise politique concrète, il est contraint de manœuvrer avec les partis existants s’il veut décrocher une majorité absolue à l’Assemblée (290 sièges sur 577) lors des législatives des 11 et 18 juin.

A gauche, il a à peine besoin de convaincre tant la débâcle du premier tour est cuisante. Dès dimanche soir, les ministres Ségolène Royal, Stéphane Le Foll et Marisol Touraine ont apporté leur soutien à leur ancien collègue. Manuel Valls les a rejoints lundi. En revanche, les proches de Benoît Hamon et de Jean-Luc Mélenchon ne sont pas prêts à lui faire la courte échelle pour les législatives.

Légalisation du cannabis ©L'Echo
Emploi & chômage ©L'Echo
Entrepreneuriat ©L'Echo
Europe ©L'Echo
Immigration ©L'Echo
Impôts ©L'Echo
Réforme des retraites ©L'Echo
Sécurité ©L'Echo
Pouvoir d'achat ©L'Echo

Autre souci majeur: les centristes (UDI) ne peuvent absolument pas soutenir Macron aux législatives, Les Républicains ayant pris soin de signer avec eux un accord d’investitures avant le premier tour. Difficile dès lors pour un parlementaire de quitter son parti d’origine, avec le risque de se voir opposer un candidat de son ancien parti… Au final, Macron devrait être contraint de cohabiter, au gré des thématiques, avec des majorités de circonstance.

Qui est dans son entourage?

Dans son entourage proche, il est évident qu’on retrouve les fidèles de la première heure, à l’instar d’Ismaël Emelien, son conseiller spécial à Bercy parti s’occuper d’En Marche! dès sa création il y a un peu plus d’un an ou Julien Denormandie, son ancien directeur de cabinet à Bercy devenu coordinateur du mouvement. Parmi les politiques, il peut compter sur Gérard Collomb, le sénateur maire PS de Lyon qui veille sur son parcours, et Richard Ferrand, député PS du Finistère (rapporteur de la loi Macron). Et, bien sûr, sa femme Brigitte Trogneux-Macron, très active durant la campagne, qui devrait bénéficier d’un bureau à l’Elysée. "Elle m’a toujours accompagné (…) c’est mon équilibre de vie", a confié Emmanuel Macron qui la fait applaudir dès qu’il peut.

Sa plus grande fierté est d’avoir réussi à construire un parti en un an avec près de 257 000 adhérents (sur inscription gratuite en ligne). Il promet d’être un président "qui préside" avec "le sens du temps long, la parole rare et grave", à contre-pied des présidences de Nicolas Sarkozy et de François Hollande.

Qui pourrait être "ministrable"?

Au-delà de la majorité parlementaire, le candidat Macron a promis de nommer de nouvelles têtes, "des experts" en priorité (par exemple "un médecin à la Santé") dans un gouvernement resserré de 15 membres maximum respectant la parité. Très proche de lui, l’actuel ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian serait prêt à resigner pour le même poste sous mandature Macron. 

De même des personnalités politiques appréciées des Français pourraient être invitées à jouer un plus grand rôle que simple soutien. Ce pourrait être le cas de Corinne Lepage (présidente de Cap21, future ministre de l’Environnement?), de Henri de Castries (ex-PDG d’Axa, futur ministre des Finances?) ou de Jean Arthuis (ex-ministre de l’Economie et des Finances). Le maire de Pau et président du Modem François Bayrou ne devrait pas faire partie du gouvernement si l’on en croit ses récentes déclarations publiques. De même s’il est élu, Emmanuel Macron prendra grand soin à ne pas nommer une personne ayant un casier judiciaire.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés