Moi Marine Le Pen, présidente de la république

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Si Marine Le Pen réussit, le risque est grand que la France s’isole et s’appauvrisse et que l’Europe s’affaiblisse face à la Russie et à la Chine.

Marine Le Pen, élue présidente, mettrait en œuvre un programme protectionniste visant à économiser 200 milliards, mais risquant de mettre à terre l’économie française et d’affaiblir l’Europe.

Lundi 8 mai 2017. La France se réveille avec un nom dans tous les esprits: Marine Le Pen. Dans le métro, c’est le silence. De nombreux visages sont graves, certains jubilent, d’autres lancent des regards narquois aux voyageurs étrangers. La société est déchirée entre les partisans du FN et ceux qui craignaient l’arrivée au pouvoir d’un parti néofasciste.

Dès son investiture le 15 mai, la présidente Le Pen annonce la mise en œuvre de son programme de préférence nationale. Conformément à ses "144 engagements présidentiels", tous les bâtiments publics sont pavoisés des couleurs nationales, les drapeaux européens sont retirés. Dans les écoles, les enfants doivent porter l’uniforme. Les subsides au roman nationaliste sont rétablis. Les clubs de sport reçoivent des aides pour le recrutement de joueurs français. Marine Le Pen annonce aussi la venue de mesures protectionnistes qui devraient rapporter, promet-elle, "200 milliards d’euros".

"Marine Le Pen devra très vite organiser des référendums ou réviser la Constitution, ce qui risque d’entraîner assez vite une crise institutionnelle."
Jean-Yves Camus
Spécialiste de l’extrême droite

Pour parvenir à ses fins, la nouvelle présidente doit d’abord respecter les garde-fous constitutionnels. "Pour appliquer la plus grande partie de son programme, Marine Le Pen devra très vite organiser des référendums ou réviser la Constitution, ce qui risque d’entraîner assez vite une crise institutionnelle", explique Jean-Yves Camus, spécialiste de l’extrême droite à l’Iris (Institut de relations internationales et stratégiques).

Dans l’hypothèse où Marine Le Pen traverse cette crise, ce qui suppose que le FN transforme l’essai aux législatives, elle commence à mettre en œuvre son programme au moins un an après son élection.

La France sort de l’espace Schengen, rétablit les contrôles aux frontières et enclenche une procédure de sortie de l’euro. La première réaction risque d’être un effondrement de la monnaie européenne sur les marchés mondiaux. Privée de son moteur franco-allemand et confrontée au Brexit, l’Union européenne arrête de fonctionner. Le marché intérieur est menacé. La politique de la concurrence paralysée. L’Europe en sort très affaiblie face au reste du monde.

Inflation et chômage

Alors qu’il avait fallu dix ans pour introduire l’euro, la présidente Le Pen rétablit le franc français de manière improvisée. L’opération, catastrophique, alourdit la dette publique. Pour tenter de restaurer la compétitivité de l’économie française face aux autres États européens, la monnaie nationale est dévaluée. Les exportations augmentent, mais l’inflation aussi. Le pouvoir d’achat recule. Des entreprises perdent de l’argent dans l’aventure, en particulier celles dont les créances en euros sont converties en francs français, une monnaie dévalorisée. Le marché du crédit est déstabilisé. Les banques françaises, à peine remises de la crise de 2008, sont à nouveau dans la tourmente. BNP Paris Fortis, dont le premier actionnaire est l’État belge, est exposé. D’après l’institut Montaigne, la sortie de l’euro détruirait en dix ans 6 à 19% de la richesse de la France. Le chômage bondirait d’un million d’unités.

La taxation sur les dividendes et l’impôt sur la fortune sont augmentés, ce qui provoque des délocalisations et des expatriations. Les petits salaires sont augmentés de 200 euros, ce qui concerne plus de dix millions de personnes. La retraite est abaissée à 60 ans.

Des dépenses importantes sont engagées. La France se retire de l’Otan. Pour compenser, elle lance la fabrication d’un second porte-avions, Le Richelieu. L’armée française est renforcée de 50.000 hommes. L’alliance atlantique perd un de ses membres les plus importants. La défense européenne est affaiblie face à la Russie.

Les forces de police sont renforcées et 15.000 effectifs engagés. Marine Le Pen ordonne l’arrêt de 5.000 chefs de bandes en banlieues, un autre de ses engagements.

L’immigration est limitée à 10.000 étrangers par an. Pour renouveler la population, une politique nataliste est mise en place, avec plusieurs mesures incitatives comme le revenu de 80% du salaire minimum pendant trois ans à partir du troisième enfant.

Pour financer ces politiques, Marine Le Pen introduit une taxe de 3% sur les importations, une manière de sanctionner le dumping pratiqué par la Chine. L’argent rentre dans les caisses, mais l’inflation grimpe et la France subit des mesures de rétorsions des pays visés.

Au final, alors qu’elle voulait renforcer la nation et faire des économies, Marine Le Pen a divisé sa population, isolé son pays, mis en danger les banques françaises et affaibli l’Europe face à la Russie et la Chine.

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