portrait

Nicolas Dupont-Aignan, le souverainiste qui surfe sur la vague FN

À cinq jours du second tour de la présidentielle française, les défections se succèdent au sein du petit parti souverainiste de Nicolas Dupont-Aignan, Debout la France.

L’annonce, vendredi soir, du ralliement de Nicolas Dupont-Aignan (NDA) au Front national de Marine Le Pen, pour le second tour de la présidentielle française et les législatives de juin, a pris tout le monde de court. La surprise est accentuée encore samedi matin lorsque celle-ci déclare en conférence de presse le nommer Premier ministre si elle est élue dimanche. Personne ne s’attendait à un tel rapprochement.

Petit-fils d’un aviateur de la Première Guerre mondiale et fils d’un chasseur alpin de la Seconde, NDA avait toujours marqué sa défiance à l’égard du Front national. Dans la corbeille de leur alliance, NDA dit avoir obtenu le remaniement de six points du programme de la dirigeante frontiste. Parmi eux: ne plus faire de la sortie de l’euro une priorité, revaloriser l’allocation pour les personnes handicapées ou encore reconnaître le vote blanc…

Le profil
  • Naissance à Paris (XVe arrondissement) le 7 mars 1961.
  • Élu maire d’Yerres (Essonne) en 1995.
  • Élu député de l’Essonne en 1997.
  • Candidat à l’élection présidentielle en 2012, il recueille 1,79% des suffrages.
  • Il remet le couvert en 2017 et recueille cette fois-ci 4,70% des voix. Il s’allie avec le FN pour le second tour et les législatives de juin.

À 56 ans, Nicolas Dupont-Aignan n’a pas su en réalité rallier les déçus de la droite suite au Fillongate écornant la candidature de François Fillon. Pensant bénéficier d’un report de ses voix, il tombe de haut dimanche 23 avril en récoltant seulement 4,7% des suffrages. Avec ce faible score, il ne peut compter que sur une prise en charge forfaitaire (800.000 euros) de sa campagne. Or, celle-ci lui a coûté près d’1,7 million d’euros dont une large partie a été empruntée à titre personnel… Ces soucis financiers ont-ils un lien avec cet accord? Le candidat vaincu jure que non.

La réalité est plus subtile. Il a négocié avec le FN une cinquantaine de circonscriptions aux législatives et mise sur un élan frontiste pour remporter plusieurs sièges à l’Assemblée mi-juin. L’occasion de faire coup double et de renflouer ses caisses au passage, l’État versant à chaque parti une subvention d’1,42 euro par voix obtenue au premier tour des législatives le 11 juin.

Une vie dédiée à la politique

Toute la vie de Nicolas Dupont-Aignan est dédiée à la politique. Sa femme, avocate de formation, est son assistante parlementaire ("mais elle travaille vraiment, elle", répète-t-il) depuis plusieurs années. Lui-même affirme s’être passionné pour le débat public dès l’âge de 13 ans. Et c’est donc assez naturellement qu’il entreprend des études à Sciences Po Paris. Licencié en droit, il obtient également un DESS en gestion de l’entreprise et marché financier. Il fait ensuite ses débuts au Rassemblement pour la République (RPR) avant de passer au Rassemblement pour la France (RPF) puis à l’Union pour un mouvement populaire (UMP).

Il essaie alors par deux fois, en 2002 et en 2004, d’être élu à la présidence du parti sans jamais y parvenir. Maire de Yerres depuis 1995, il devient député de l’Essonne deux ans plus tard. Très apprécié de ses habitants (il est réélu depuis avec près de 80% des voix), il tente de se présenter à la présidence de la République en 2007 mais échoue à collecter les 500 signatures nécessaires à sa candidature. En profond désaccord avec Nicolas Sarkozy, il claque la porte de l’UMP la même année et transforme son courant Debout la République en un parti politique "à la fois gaulliste et républicain". En 2014, il rebaptise son parti Debout la France. Souverainiste convaincu, il parvient cette année enfin à se présenter à la présidentielle. À défaut de l’Élysée, il vise désormais Matignon.

Coup d’éclat

Ulcéré d’être exclu du débat entre les cinq principaux candidats à la présidentielle le 20 mars sur TF1, Nicolas Dupont-Aignan quitte le plateau du JT de 20h de la chaîne et appelle à son boycott.

Ébats amoureux

En pleine conférence de presse dans son QG de campagne le 12 avril 2012, le candidat à la présidentielle bafouille, peine à évoquer l’avenir de la France, perturbé par des grincements de lit et des soupirs. Les ébats amoureux de ses voisins l’obligent finalement à écourter son discours devant des médias hilares.

 

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