Premier affrontement télévisé pour les prétendants à l'Elysée

©REUTERS

Les onze candidats à la présidence française se sont retrouvés pour la première fois ce mardi soir à l'occasion d'un débat télévisé, un format inédit dans l'histoire politique française.

Le premier débat télévisé de l'histoire politique française réunissant les onze candidats inscrits pour le premier tour de l'élection présidentielle a débuté mardi à 20h40 sur BFMTV et CNews. On retrouvait donc Nathalie Arthaud, François Asselineau, Benoit Hamon, François Fillon, Jacques Cheminade, Nicolas Dupont-Aignan, Jean Lassalle, Philippe Poutou, Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Le débat en direct

Dans le cadre du volet sur l'emploiHamon propose la création d'un million d'emplois pendant son quinquennat. Macron promet de son côté de revenir à un taux de chôme de 7%, comme en 2007, en simplifiant le droit du travail, en baissant les charges et en stimulant les investissements. Poutou veut interdire les licenciements. Mélenchon ne veut pas d'un code du travail par entreprise, comme le propose Fillon, et veut injecter 100 milliards d'euros dans l'économie et la transition énergétique. Dupont-Aignan veut baisser les charges pour les entreprises qui produisent en France.

Une passe d'armes sur l'Union européenne a marqué le débat, où les eurosceptiques majoritaires ont pris pour cible Emmanuel Macron qui a repris la célèbre phrase de François Mitterrand en ciblant Marine Le Pen: "Le nationalisme c'est la guerre. Moi je viens d'une région qui est pleine de ces cimetières." "Madame Le Pen, vous ressortez, pardon de vous le dire, les mensonges qu'on entend depuis quarante ans et qu'on entendait dans la bouche de votre père", a-t-il ajouté.
Ce à quoi la fille de Jean-Marie Le Pen a rétorqué: "On ne se présente pas comme la nouveauté quand on ressort des vieilles badernes qui ont au moins 50 ans."

François Fillon s'est associé à Emmanuel Macron pour critiquer le programme européen de Marine Le Pen, qui prévoit la sortie de l'euro. "A la fin, elle va soumettre aux Français par référendum (...) cette question de la sortie de la monnaie européenne", a-t-il dit. "Or, comme on sait tous qu'il y a l'immense majorité de Français qui ne souhaite pas sortir de la monnaie européenne, ça veut dire qu'en réalité, il n'y a pas de politique économique de Mme Le Pen parce que cette politique économique s'effondrera à la minute où les Français se seront prononcés sur la question du maintien dans la monnaie européenne."

Le débat s'est concentré sur la question des travailleurs détachés qui payent leurs cotisations sociales dans leur pays d'origine et non au niveau du pays d'accueil. Partisan d'une "Europe qui protège", Emmanuel Macron a dit son souhait de réformer cette directive via "une harmonisation sociale" alors que Marine Le Pen veut la supprimer. Le candidat de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a reproché à la présidente du Front national de n'avoir pas voté contre la directive "travailleurs détachés" au Parlement européen dont elle est membre. Elle s'était abstenue.

Les candidats continuent la soirée en répondant aux questions "Comment protéger les Français?" et "Comment mettre en œuvre votre modèle social?"

Les présentations des candidats

"Je ne crois pas à la fatalité du tic-tac entre la droite et la gauche", a déclaré Emmanuel Macron. "Je vous propose l'alternance profonde, le renouvellement de notre vie politique."

"Après 5 ans de droite, 5 ans de gauche, la France est livrée à l'insécurité galopante, au terrorisme islamiste, à la contestation de notre identité nationale, à la mondialisation sauvage. Je veux rendre la parole au peuple. Je veux que l'argent des Français retourne aux Français", a de son côté dit Marine Le Pen.

"D'ici 10 ans, je veux faire de notre pays la première puissance en Europe. Il faut de la force pour diriger la France et cette force je l'ai", a annoncé François Fillon.

"J'ai consacré ma vie à une cause, celle du peuple et de la république jusqu'au bout. Je veux mettre fin à la monarchie présidentielle. Je veux éradiquer la misère. Pour moi, la finance doit rendre l'argent. C'est à elle de payer le retour au plein emploi" a dit Jean-Luc Mélenchon.

"Je veux en finir avec les hypocrisies et les hypocrites", commence Benoît Hamon. "Je veux être un président honnête face à la crise politique, la crise morale. Je veux être aussi un président combattant face à Poutine, face à Trump, face à la Chine pour défendre vos intérêts."

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