Primaire de la gauche en France, sept candidats à l'épreuve du débat

Arnaud Montebourg, Jean-Luc Bennahmias, Francois de Rugy, Benoit Hamon, Vincent Peillon, Manuel Valls et Sylvia Pinel ©REUTERS

Le premier débat télévisé de la primaire de la gauche s'est tenu ce jeudi soir sur TF1. Un débat trop souvent technique qui n’a dégagé aucun favori.

Y a-t-il un candidat pour sauver le PS? C’est la question qu’on s'est posé ce jeudi soir en regardant le premier débat télévisé de la primaire de gauche entre ses sept candidats. Si Sylvia Pinel, 39 ans, du Parti radical de gauche, Jean-Luc Bennahmias, 61 ans, du Front démocrate et François de Rugy, 42 ans, du Parti écologiste, ne devraient guère peser dans cette campagne, à l’inverse Manuel Valls (54 ans), Arnaud Montebourg (53 ans), Benoît Hamon (49 ans) et Vincent Peillon (56 ans) ont tout à gagner de cette première exposition médiatique. Ces quatre anciens ministres de François Hollande ont d’ailleurs très vite pris l’ascendant dans un débat trop souvent technique (revenu universel, chômage, immigration…) jusqu’à devenir rébarbatif par moments. Endossant son costume de Premier ministre, Manuel Valls s’est sans surprise dit "fier d’avoir servi la France" alors que la plupart des autres candidats se sont démarqués du quinquennat Hollande, "difficile à défendre" selon Montebourg.

→ Découvrez les 7 candidats en survolant leur portrait.


 

La vague Hamon

Faute d’être audible, la primaire du PS n’a toujours pas dégagé de favori. Certes, Manuel Valls reste en tête des sondages du premier tour le 22 janvier avec 35% des voix, fort de sa légitimité d’ex-Premier ministre. Mais il ne dispose pas du réservoir de voix au second tour suffisant pour faire la différence face à Arnaud Montebourg (25%) allié à Benoît Hamon (23%). Et surtout, il pourrait bien être pénalisé par un relent "Tout sauf Valls", toujours présent chez les hollandistes qui lui en veulent d’avoir "empêché" une nouvelle candidature du chef de l’état. Ces ressentiments ont jusqu’à présent plutôt profité au jeune aubryste Benoît Hamon (il a été le porte-parole de Martine Aubry à la tête du PS entre 2008 et 2012) en train de jouer le troisième homme à l’image de François Fillon à droite.

Le pire, c’est qu’au final, cette guéguerre fratricide ne devrait guère peser sur l’avenir du pays. Et c’est sans doute conscient de cela que l’électorat de gauche se mobilise si peu derrière cette primaire. A en croire les sondeurs, le candidat PS désigné le 29 janvier ne pourrait guère prétendre à mieux qu’une 5e place lors du premier tour de la présidentielle, loin derrière Marine Le Pen suivie de François Fillon, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon… Une gifle pour le PS déjà en pleine déliquescence.

Trop tard

 En y regardant de plus près, le vrai problème de cette primaire citoyenne est qu’elle intervient beaucoup trop tard. Faite sur-mesure pour la candidature de François Hollande, elle se révèle minée pour ses successeurs. Deux autres candidats à gauche, partis bien plus tôt, ont déjà fait leur trou: le social-démocrate Emmanuel Macron et à gauche de la gauche, Jean-Luc Mélenchon.

À leurs yeux, la primaire citoyenne du PS ne sert à rien puisque l’offre est déjà constituée à gauche à travers leurs deux candidatures. Les électeurs semblent leur donner raison. Leurs meetings font salles combles et ils sont même contraints de refuser du monde alors que les sept candidats peinent à faire le plein.

Le programme des débats suivants

♦ Le 15 janvier, les candidats se retrouveront de 18 heures à 20h30 sur BFMTV, RMC et iTélé, pour un deuxième débat animé par Ruth Elkrief (BFMTV), Laurence Ferrari (iTélé) et Laurent Neumann (RMC) au Studio Gabriel, où entre 200 et 250 personnes sont attendues selon BFM.

♦ Le 19 janvier, un troisième débat opposera les candidats en direct sur France 2 et Europe 1 à 20h55. Il sera présenté par David Pujadas et Léa Salamé côté France 2 et Fabien Namias côté Europe 1.

♦ Enfin entre les deux tours, prévus les 22 et 29 janvier, les deux finalistes débattront une dernière fois le mercredi 25 janvier à 21 heures pour une émission en direct sur France 2, TF1 et France Inter, un dispositif exceptionnel également déployé pour la primaire de la droite. Gilles Bouleau (TF1), David Pujadas (France 2) et Alexandra Bensaid, qui présente "On n'arrête pas l'éco" sur France Inter, poseront les questions.


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