Quelles alternatives à François Fillon?

©AFP

Sa candidature est de plus en plus contestée et les spéculations sur sa succession se multiplient. Mais qui peut sauver les meubles à droite alors qu'un nouveau sondage la donne perdante face à Le Pen et Macron dès le premier tour?

Quand François Fillon va-t-il se montrer aussi raisonnable que François Hollande? Beaucoup de parlementaires français s’interrogent à la veille d’un week-end dans leur circonscription qui s’annonce houleux. Pour une grande majorité d’entre eux, soucieux d’être réélus lors des législatives de juin, un renoncement rapide de Fillon leur permettrait de tourner la page de dix jours de tsunami. Et de, peut-être, sauver leur siège.

 

Mais comment convaincre le principal intéressé qui leur a demandé de "tenir quinze jours", le temps de l’enquête? Par qui le remplacer, en cas d’empêchement? Si les plans "B" ne manquent pas en théorie, encore faut-il s’entendre sur la personnalité à adouber et sur son mode de désignation.

Si les plans "B" ne manquent pas en théorie, encore faut-il s’entendre sur la personnalité à adouber.

Car si la primaire est caduque, comme le prétendent déjà certains, seules trois instances peuvent être appelées à désigner un nouveau candidat: le bureau politique des Républicains, son Conseil national ou les militants eux-mêmes via un vote interne. Le Conseil national des Républicains, en tant que parlement du parti, aurait les faveurs. Reste à s’entendre sur un candidat. Petit tour d’horizon des noms qui circulent sous cape.

-Gérard Larcher. Le président du Sénat, très apprécié des parlementaires, est un homme de réseaux très consensuel. Fillonniste historique, il serait approché pour aller lui faire prendre conscience qu’il doit renoncer. Sa proximité avec Fillon, son autorité naturelle et sa capacité de rassembler le parti font de lui un recours quasi-naturel. Mais peu connu des Français, ce ténor de 67 ans n’incarne en rien le renouvellement et l’avenir du parti.

-Alain Juppé. Arrivé deuxième à la primaire (4,4 millions de votants), il pourrait naturellement prétendre prendre la suite de François Fillon, qu’il a soutenu loyalement. Mais le perdant de la primaire n’entend pas jouer les roues de secours: "En toute hypothèse, je ne serai pas le Plan B", a-t-il prévenu cette semaine. Son programme est plus social et plus centriste que celui de Fillon. Âgé de 71 ans, il s’est retiré de la vie politique nationale dans sa ville de Bordeaux et a déjà été condamné dans une affaire d’emplois fictifs.

-François Baroin. A 51 ans, il est la carte jeune du parti, à l’image de Benoît Hamon à gauche. Rallié à Nicolas Sarkozy, qui lui avait promis Matignon, François Baroin est l’homme qui monte à droite. Les sarkozystes – dont l’ex-président – poussent en faveur du ticket Baroin (candidat) associé à Laurent Wauquiez aux commandes du parti. Ancien centriste, il pourrait rassembler le parti. Sa désignation serait une vraie victoire pour Sarkozy.

-Laurent Wauquiez. Vice-président des Républicains, Laurent Wauquiez, 41 ans, est protocolairement le mieux placé pour succéder à François Fillon dans la hiérarchie du parti. Mais le patron de la région Auvergne-Rhône-Alpes reste peu connu et clivant (droite dure) au sein du parti.

-Xavier Bertrand. Le nouveau président du conseil régional des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, 51 ans, a vaincu Marine Le Pen dans le Nord et se verrait bien l’affronter à la présidentielle. Ancien sarkozyste ambitieux, il a néanmoins promis de se consacrer à plein-temps à sa région.

Un nouveau sondage élimine Fillon du premier tour

Un nouveau sondage publié samedi donne François Fillon éliminé du second tour de la présidentielle, qui verrait Marine Le Pen opposée à Emmanuel Macron. L'ancien Premier ministre est crédité au premier tour de 20% des voix dans cette étude BVA pour Orange et la presse régionale réalisée les 1er et 2 février, soit peu de temps après les révélations du Canard enchaîné. Son score tomberait même à 18% si François Bayrou se présentait, soit six points de moins que dans un sondage effectué début janvier dans la même configuration.

Dans le même temps, Emmanuel Macron recueillerait entre 21% et 22% des suffrages selon la présence ou non du président du MoDem et la présidente du Front national Marine Le Pen 25% dans tous les cas de figure.

Deux sondages publiés cette semaine donnaient déjà François Fillon en troisième position. Et alors que le vainqueur de la primaire de la droite en novembre pouvait compter sur les voix des trois quarts des sympathisants LR lors de la précédente enquête de début janvier, il ne bénéficie plus que de 62% d'entre elles, 17% de ces derniers ayant l'intention de voter pour Marine le Pen et 14% pour Emmanuel Macron.

A gauche, l'ascendant pris par Benoît Hamon (16% à 17%) sur Jean-Luc Mélenchon (11% à 11,5%) se confirme depuis la victoire du premier à la primaire de la "Belle alliance populaire". François Bayrou recueillerait pour sa part 5% des suffrages s'il se présentait.

Marine Le Pen reste largement distancée au deuxième tour, que ce soit face à Emmanuel Macron (66% contre 34%) ou François Fillon (60% contre 40%).

L'enquête a été réalisée auprès d'un échantillon représentatif de 955 personnes inscrites sur les listes électorales, elles-mêmes issues d'un échantillon représentatif de 1.002 Français âgés de 18 ans et plus, interrogées sur internet les 1er et 2 février.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés