Valls n'est pas le bienvenu dans le parti de Macron

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L'ancien Premier ministre français, Manuel Valls, rallie la "République en marche", et se déclare candidat aux législatives. Une euphorie qui ne semble pas être partagée par les cadres du parti qui, par de petites déclarations ici et là, tendent à lui notifier qu'il n'est pas le bienvenu.

 

Manuel Valls sera "candidat de la majorité présidentielle" sous l'étiquette du mouvement du président élu Emmanuel Macron, à Evry, aux élections législatives du 11 et 18 juin.

"Parce que je suis un républicain, un homme de gauche, parce que je reste socialiste, je ne vais pas renier trente ans d'engagement de ma vie politique (...) parce que je sais que gouverner la France c'est difficile, je ne suis pas en embuscade", a dit sur RTL l'ancien Premier ministre socialiste. "Ce Parti socialiste est mort", a-t-il lancé. "Il est derrière nous, pas son histoire et ses valeurs, mais il doit se dépasser. Je veux la réussite d'Emmanuel Macron", a-t-il ajouté.

"Je serai candidat de la majorité présidentielle et je souhaite m'inscrire dans ce mouvement qui est le sien, la République en marche."

Benjamin Griveaux, porte-parole de la République en marche! ©AFP

Dans les rangs du parti d'Emmanuel Macron, on tempère.  Invité sur Europe 1, Benjamin Griveaux, porte-parole, a répondu que l'ancien Premier ministre "n'avait pas été investi pas la commission d'investiture" du mouvement. "Il aurait du déposer sa candidature comme chacun car la règle est la même pour tous. Si vous ne déposez pas votre candidature, vous ne pouvez pas être investi par En Marche! Il lui reste 24 heures."

Autre porte-parole d'Emmanuel Macron pendant la campagne, le député Christophe Castaner (en congé du parti socialiste) a estimé que Valls "a(vait) des chances". "Emmanuel Macron s'est prononcé la semaine dernière en particulier sur le cas de Manuel Valls, Manuel a décidé de faire un choix, celui de quitter le Parti socialiste, d'assumer une transgression dans sa propre histoire (...) et c'est légitime que nous l'entendions et que nous l'écoutions", a-t-il déclaré sur Franceinfo. Mais sur l'annonce de Manuel Valls, Christophe Castaner a répondu: "Là, par contre, il se trompe parce que d'abord il faut qu'il fasse acte de candidature et qu'ensuite la commission nationale d'investiture se prononce."

Quant au président de la Commission d'investiture, Jean-Paul Delevoye, il a expliqué à BFMTV que cette proposition "allait être analysée". "Nous avons déjà arrêté une candidate dans la circonscription de Manuel Valls", a-t-il ajouté. "Nous aurons à choisir si nous maintenons cette candidate". 

Réactions au PS

"J'espère pour la France que Brutus et Judas ne vont pas solliciter l'investiture En Marche !", a ironisé le député Alexis Bachelay, ex-porte-parole de Benoît Hamon.

"Je suis progressiste réformiste mais aussi socialiste attaché à son Parti et ses valeurs. Non Manuel, je ne te suivrai pas cette fois", a écrit le maire d'Alfortville, Luc Carvounas, pourtant proche de l'ex-Premier ministre.

Prié de dire s'il était possible d'avoir à la fois la carte du PS et le label En Marche!, le premier secrétaire du parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis a répondu par la négative. "C'est impossible. Si certains veulent se singulariser, qu'ils le fassent et qu'ils nous laissent travailler. Si vous voulez vous présenter chez Macron, il y aura un candidat PS en face", a-t-il prévenu. 

Manuel Valls s'est élevé contre son éventuelle exclusion : "Le PS va exclure un ancien Premier ministre qui a toujours été loyal (...) sans jamais exclure ou se poser la question de ceux qui votaient contre la loi de finances ou de ceux qui préparaient des motions de censure ?".

Jean-Christophe Cambadélis a estimé que les mouvements à venir "ne concernaient que 5% du PS".

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