Parlez-vous la même langue que votre banquier?

©Vincent Dubois

Avec les bouleversements provoqués par la crise du coronavirus, l’adage "parlez-en à votre banquier" est plus que jamais d’application. Mais même avec la connexion Skype ou Zoom la plus performante, il n’est pas certain que vous compreniez tout ce qu’il vous dit. Petit lexique du jargon de la banque privée.

Même si la philosophie "customer centric" fait un véritable buzz dans le secteur, il est possible que vous perdiez régulièrement le fil de la discussion à cause du jargon utilisé par votre banquier. Une liste des termes les plus couramment utilisés dans le secteur de la banque privée pourrait vous aider à mieux comprendre votre conseiller financier lors de votre prochaine rencontre physique ou virtuelle.

Gestion discrétionnaire

La plupart des clients des banques privées et gestionnaires de patrimoine optent pour la gestion discrétionnaire. Un mot compliqué pour dire que vous donnez à votre institution financière l’autorisation de prendre à votre place toutes les décisions en matière d’investissement. En réalité, tout est convenu au préalable avec le client, qui est informé en permanence.

Seuil d’accès

Notre pays compte de nombreuses banques privées, qui s’adressent à différents profils de clients. Certaines banques privées et gestionnaires de patrimoine ne proposent un service réellement personnalisé que si le patrimoine à gérer se situe entre 500.000 et 1 million d’euros. Ils offrent une gamme plus large de produits financiers et aident notamment leurs clients à planifier leur succession.

Private Banking

Le supplément Private Banking, ce jeudi 04/06, gratuit avec L'Echo

- Lorsque les rendez-vous à domicile ne sont plus possibles | Comment les banquiers privés entretiennent-ils le contact avec leurs clients à l’heure où tout le monde est confiné chez soi? Si les canaux digitaux s’imposent, ils ne sont pas la panacée pour autant.

- Transmission de patrimoine | Planifier sa succession suffisamment tôt n’est pas un luxe superflu.

Retrouvez notre dossier 'Private Banking' sur lecho.be/privatebanking

Mais le seuil d’accès est parfois moins élevé: chez BNP Paribas Fortis, les clients ont déjà droit à des services de banque privée à partir d’un patrimoine de 250.000 euros. Chez ING Belgique, des services personnalisés sont offerts à partir de 100.000 euros. Certaines banques disposent par ailleurs d’un département spécifique dédié aux clients détenant au minimum 5 millions d’euros. Dans ce cas, on ne parle plus de "private banking", mais de "wealth management". 

ESG

ESG (Environnement, Société et Gouvernance) est probablement l’acronyme le plus en vogue dans l’univers de la banque privée. De plus en plus souvent, outre le rendement de leur portefeuille, les investisseurs souhaitent que leur argent soit investi de manière la plus "durable" possible et qui réponde aux critères ESG. Les banques et gestionnaires de patrimoine subissent une pression accrue pour investir de manière responsable.

Pour faciliter la prise de décision des investisseurs, la fédération belge du secteur bancaire, Febelfin, a créé un nouveau label de qualité pour les services financiers durables, baptisé "Towards Sustainability". Depuis son lancement en novembre dernier, 410 produits financiers, représentant 175 milliards d’euros d’actifs sous gestion, ont obtenu ce label.

Gestion conseil

A l’inverse de la gestion discrétionnaire, la gestion conseil vous permet de rester aux commandes de vos investissements et de prendre vous-même les décisions. Vous bénéficiez malgré tout des conseils de votre banquier privé ou gestionnaire de patrimoine.

KYC

Depuis un certain temps, cet acronyme (Know Your Customer, ou Connaissez votre client) revient régulièrement dans les conversations entre clients et banquiers. Depuis l’éclatement des scandales liés à ING et Danske Bank il y a deux ans, la lutte contre le blanchiment d’argent se trouve en tête des priorités des banques et gestionnaires de patrimoine européens, qui sont légalement obligés de contrôler les transactions et clients suspects, potentiellement révélateurs de pratiques de blanchiment ou autre construction frauduleuse.

C’est pourquoi les banquiers doivent vérifier l’identité de leurs clients et connaître l’origine de leur patrimoine. Vu l’importance qu’a prise la lutte contre le blanchiment d’argent – en particulier au niveau des autorités de contrôle – les banques se montrent plus exigeantes envers leurs clients à qui elles demandent de fournir des documents parfois anciens avant d’autoriser certaines transactions.

MiFID

Vous avez entendu votre banquier privé lâcher le mot MIFID? Respirez un grand coup! Car il est plus que probable qu’il vous demandera de remplir un questionnaire interminable (en ligne) et qu’il vous fournira des tableaux compliqués reprenant les tarifs de la banque. MiFID (Markets in Financial Instruments Directive) est la directive européenne qui oblige depuis 2008 les banquiers et gestionnaires de patrimoine à établir le profil de chacun de leurs clients. 

Lorsque vous allez frapper à la porte d’une nouvelle institution financière, sa première démarche consistera donc à évaluer si vous êtes un investisseur conservateur ou dynamique. La directive MiFID oblige également les banques à fournir à leurs clients un relevé trimestriel détaillé de leur portefeuille.

Depuis le renforcement de la directive il y a deux ans (MiFID II), les institutions financières doivent aussi fournir à leurs clients un relevé complet des frais qui leur sont facturés dans le cadre de leurs investissements. Ces frais doivent être exprimés à la fois en pourcentage et en chiffres absolus, ce qui permet aux clients de savoir avec précision ce que leur coûte leur banquier.

Taux de pénalisation

Vous devez payer pour que votre banque conserve votre argent? Les banques belges sont légalement tenues de verser un taux d’intérêt minimum de 0,11% sur les comptes d’épargne règlementés. Il est cependant possible que les clients de certaines banques privées doivent payer un taux de pénalité s’ils conservent des sommes d’argent très importantes sur leur compte

Les montants que les banques ne peuvent transformer en crédits bancaires sont en effet placés auprès de la BCE, qui exige une contrepartie. Le taux négatif appliqué à ce "surplus d’épargne" se monte à 0,50%. En Belgique, Puilaetco applique ainsi un taux de pénalité aux clients détenant plus de 5 millions d’euros de cash sur leur compte.

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