Comment investir 10.000 euros?

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Actions, obligations, immobilier coté… Pour surfer sur les vagues parfois agitées des marchés financiers, tout est une question d’équilibre.

Le Rallye Boursier est à présent terminé. Le grand gagnant du concours organisé par L’Echo/De Tijd sera officiellement connu le 7 février. Et il remportera un chèque de 10.000 euros.

Mais comment placer cet argent? Alors que le Rallye Boursier était centré sur le marché actions, notre gagnant peut aujourd’hui investir dans toutes les classes d’actifs. Tout comme vous. Alors comment composer votre nouveau portefeuille? Nous avons posé la question à plusieurs gestionnaires de fonds et stratégistes. Voici leurs conseils, en fonction de différents horizons de placement.

À court terme, évitez les obligations d’État

Soyons clairs dès le début, investir sur un ou deux an(s) n’a pas de sens pour les experts que nous avons rencontrés. Il peut se passer beaucoup de choses en l’espace de quelques mois, dans n’importe quelle classe d’actifs. C’est pourquoi ils vous conseilleront toujours d’investir sur le long terme. Sur un an, votre portefeuille sera donc très diversifié et de nature très défensive. Cependant, "une classe d’actif qui ne devrait pas être surpondérée, ce sont évidemment les obligations", prévient tout de go Frank Vranken, chief strategist chez Puilaetco Dewaay.

À long terme, les actions restent la meilleure classe d’actifs.
Aymeric Forest
Schroders

L’environnement actuel de taux bas offre peu de rendement attrayant pour l’investisseur. Il peut s’intéresser à des obligations de moins bonne qualité en zone euro mais avec une duration la plus courte possible. En dehors de la zone euro, l’effet de change risque par contre d’impacter négativement le rendement attendu. "Sauf si l’on va sur le très exotique style Turquie, Afrique du Sud, Mexique, etc. mais il faut bien connaître la situation économique et politique desdites régions." Mais là encore, rien n’est garanti.

Chez Leleux Associated Brokers, Arnaud Delaunay conseille tout de même d’avoir aux alentours de 85-90% de son portefeuille investi dans des revenus fixes. Comme les obligations d’entreprises – avec un bilan solide – qui vont apporter des coupons et ainsi permettre de contrebalancer la hausse des taux. La part réservée aux actions sera donc minime, voire inexistante dans ce cas-ci.

Un avis peu partagé par les autres experts interrogés. La plupart d’entre eux recommandent de rester présent au sein des marchés actions. En particulier, les petites et moyennes capitalisations dans la zone euro. "Elles sont actives dans une niche, avec une croissance des bénéfices durable. Et leurs valorisations sont encore attractives, surtout par rapport aux big caps", souligne Ken Van Weyenberg, head of CPM asset allocation chez Candriam. Dans un contexte de reprise de la croissance économique mondiale, l’investisseur devrait se focaliser sur des secteurs qui vont en bénéficier. Notamment les valeurs bancaires, mais aussi le secteur des matières premières.

Les placements alternatifs comme source de revenus

À défaut d’investir sur le marché obligataire, l’investisseur particulier peut également se tourner vers des placements alternatifs comme l’immobilier coté par exemple. Les sociétés immobilières réglementées (SIR) sont très prisées pour leur rendement dividendaire. "Dans un premier temps, vu la hausse actuelle des taux d’intérêt, les SIR pourraient ne pas surperformer les autres secteurs d’actions. Mais je pars toujours du principe qu’à travers le temps, on peut attendre environ 4-5% net. Ce qui est déjà pas mal pour celui qui aime bien les coupons", note Frank Vranken.

Les valeurs technos asiatiques sont l’un de mes chevaux de bataille.
Frank Vranken
Puilaetco Dewaay

Les plus connaisseurs ou les profils de risque plus agressifs pourraient s’intéresser à certaines stratégies complexes. Aymeric Forest, head of multi-asset investment Europe chez Schroders, en privilégie deux à court terme: la stratégie equity long short, qui consiste à se positionner à l’achat sur une action considérée comme sous-évaluée et shorter l’indice dans lequel elle est reprise, et la stratégie CTA (pour "Commodity Trading Advisors"). Pour un particulier, ces stratégies ne seront toutefois accessibles que via des fonds spécialisés.

Le gestionnaire recommande par ailleurs d’avoir une partie assez importante en cash, jusqu’à 20% de son portefeuille. Une réserve qui vous permettra de profiter de belles opportunités en cas de dislocations de marché, que ce soit sur le marché actions ou le marché obligataire. "Sur un an, c’est toujours prudent de le faire. Cela peut vous permettre d’avoir des munitions pour réinvestir. En général, ces 20% auraient peut-être été alloués à des obligations", explique-t-il.

La stratégie "barbell"

Si vous souhaitez placer votre argent sur une durée plus longue, vous pouvez par contre réduire a minima votre cash pour investir dans les actions. Pour une période de 5 ans par exemple, celles-ci représenteront environ 50% de votre portefeuille. À plus long terme, cette part va encore augmenter jusqu’à atteindre environ 65-70%, en réduisant la partie obligataire. "Sur 10 ans, les marchés actions restent la meilleure classe d’actifs, bien que les rendements attendus soient susceptibles d’être un peu moins intéressants qu’il y a quelques années en raison de la forte progression de marchés mondiaux", explique Aymeric Forest.

L’investisseur doit en effet s’attendre à des perturbations sur les marchés financiers dans la prochaine décennie. C’est pourquoi Frank Vranken suggère d’adopter une stratégie d’investissement appelée "barbell": à l’image d’une barre de musculation, l’investisseur va équilibrer son portefeuille en se focalisant sur deux extrêmes complémentaires. "Un côté est axé sur la stabilité et le rendement, et l’autre est focalisé sur la croissance", détaille-t-il. Pour le premier axe, le stratégiste cite à nouveau le secteur immobilier, mais également certaines sociétés pharmaceutiques.

Côté croissance, il pointe les États-Unis et les pays émergents, avec un focus sur le secteur technologique. "Les valeurs technos asiatiques sont l’un de mes chevaux de bataille." Il conseille également de s’intéresser à tous les secteurs liés à la hausse des capex (dépenses en investissements). "On est dans une vague d’investissement qui commence seulement et qui peut porter cette croissance économique encore un an ou deux ans". Chez Candriam, Ken Van Weyenberg recommande également de jouer certaines tendances de marché. Il en pointe quatre: la démographie, le poids économique de plus en plus important des pays émergents, les technologies innovatrices et la durabilité.

Autre véhicule pour diversifier au maximum son portefeuille, les fonds multi-actifs permettent également à l’investisseur d’augmenter son horizon de placement. Aymeric Forest préconise d’ailleurs de diviser son portefeuille long terme en deux parts égales: 50% en actions internationales et 50% en fonds multi-actifs, notamment ceux qui génèrent des cash-flows que vous pourrez réinvestir de manière opportuniste.

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