Investir via les géants de la Bourse

©Pieter Van Eenoge

Pour l’expert boursier Tom Simonts (KBC), "les holdings peuvent représenter 40% du portefeuille d’un investisseur débutant".

"Comment pourrions-nous chauffer nos châteaux? Nous avons absolument besoin de ces holdings." Cette phrase nous vient d’un membre d’une des familles actionnaires d’un holding coté en Bourse de Bruxelles. Elle montre clairement que les objectifs des grandes familles – qui ont mis en Bourse leurs propres investissements, à savoir le holding familial – concordent avec ceux des petits épargnants.

"Les holdings familiaux détestent les risques. Ils veulent avant tout éviter de perdre de l’argent et visent généralement le long terme, explique Tom Simonts de KBC, qui a suivi le secteur pendant de longues années en tant qu’analyste. Les holdings peuvent représenter de 30 à 40% du portefeuille d’un investisseur débutant. Et ce principe ne vaut pas que pour eux."

"Les holdings font peu de folies, ce qui rassure les petits investisseurs."
Hans D’haese
responsable des relations investisseurs chez gbl

Si vous achetez une part d’un holding, vous devenez copropriétaire des investissements sous-jacents. Ceux-ci sont répartis dans toute une série de secteurs et de pays. Résultat: la valeur et les bénéfices de l’entreprise – la somme de tout ce qui est investi – évoluent sans trop de surprises. "En conséquence, les distributions annuelles de bénéfices – sous forme de dividendes – progressent aussi régulièrement, explique Hans D’Haese, responsable des relations investisseurs chez GBL, et qui fut pendant des années analyste spécialisé en holdings chez Degroof. Les holdings font peu de folies, ce qui rassure les petits investisseurs."

Fonds d’investissement bon marché

Avec un portefeuille de plus de 18 milliards d’euros, GBL est le plus grand holding belge. Plus un holding est grand, moins les frais par action sont élevés. Hans D’Haese confie que sur les cinq dernières années, les coûts chez GBL se montent en moyenne à 0,17%. Sur ce plan, GBL peut facilement concurrencer les fonds passifs (trackers) les moins chers.

"Les holdings sont en réalité des fonds très bon marché", renchérit Tom Simonts. Les frais de gestion – surtout les salaires du personnel du holding – n’augmentent pas avec la valeur du portefeuille. Dans les fonds classiques, ces frais érodent chaque année les montants investis et le rendement annuel. Dans le cas de fonds gérés activement, ils peuvent rapidement dépasser 1% par an.

Décote

Autre avantage: la décote. En d’autres termes, une réduction du prix. A de rares exceptions près, la capitalisation boursière d’un holding est inférieure à la valeur de l’ensemble de son portefeuille (voir tableau). "Cette décote n’est pas près de disparaître, estime Benoît Coens, qui investit depuis près de dix ans dans des holdings pour le compte du fonds luxembourgeois Concorde Partners. Je préfère payer moins que la pleine valeur d’une entreprise. Il faut voir cette décote comme un bonus ou un matelas de sécurité. Les actions de holdings fluctuent d’ailleurs moins que la moyenne du marché."

©Mediafin

Il est vrai que les actions des holdings sont moins corrélées que les autres aux marchés d’actions. Cela ne signifie pas qu’un investisseur qui détient des actions d’un holding pourra éviter les tendances à long terme. Mais si les marchés s’écroulent brutalement, les actions de holdings peuvent rester relativement stables, même si la décote se réduit quelque peu. Ces investissements sont moins stressants, estime Benoît Coens. "Pour ceux qui font leurs premiers pas en Bourse, les holdings présentent des avantages indéniables."

La décote représente la marge de sécurité mesurable que les marchés estiment nécessaire. Pour Benoît Coens, l’ampleur de la décote dépend surtout du marché boursier et de la transparence du holding. "En cas de doute, des investisseurs auront tendance à refuser une (trop) petite décote, explique-t-il. De plus, on a connu des périodes où par exemple Sofina communiquait le moins possible. A ce moment-là, le holding valait 33% de moins que la valeur de son portefeuille. Aujourd’hui, les choses ont changé: il y a deux ans, le CEO Harold Boël s’est personnellement adressé aux petits investisseurs à l’occasion du congrès de la VFB (Vlaamse Federatie van Beleggers, NDLR)."

Private equity

La communication est d’autant plus importante qu’un holding investit en dehors de la Bourse. En effet, s’il est facile de calculer la valeur des actions d’Umicore ou de Recticel (qui sont elles-mêmes obligées de communiquer leurs résultats) détenues par le holding Bois Sauvage , il en va autrement en cas d’investissements dans des entreprises privées. Par exemple, Brederode a décidé d’investir la moitié de ses actifs dans des projets de type "private equity". Ceux qui achètent des actions Brederode devront donc se contenter de ce que le holding accepte de communiquer. "En effet, c’est une boîte noire, reconnaît Tom Simonts de KBC. Mais Sofina comme Brederode sont de bons exemples de holdings affichant un parcours sans faute dans le private equity. Ils s’appuient sur leur réputation et leurs contacts pour investir dans des entreprises et des fonds prometteurs."

Conclusion

Pour la tranquillité d’esprit des investisseurs peu expérimentés, il est parfois préférable de ne pas connaître tous les détails (parfois négatifs) des transactions effectuées. "Un mauvais coup est vite arrivé en Bourse, en particulier pour les débutants, explique Benoît Coens. Tandis que nous savons que les familles qui sont derrière les holdings ont fait plus que simplement survivre. Si l’on tient compte des dividendes, la plupart des holdings font mieux que la moyenne du marché."

Tout comme les cours, les dividendes des actions de holdings fluctuent moins que ceux des actions d’entreprises traditionnelles, poursuit Hans D’Haese. "Résultat: la redistribution des bénéfices se fait de manière très régulière sur de très longues périodes. Je parle de vingt ans ou plus." Sur la Bourse de Bruxelles, Sofina bat le record de durée sans baisse du dividende

Enfin, les épargnants qui font leurs premiers pas en Bourse peuvent aussi beaucoup apprendre des holdings sans prendre trop de risques. "La leçon la plus importante, c’est que l’on peut obtenir de bons résultats à très long terme sans avoir besoin de vendre et d’acheter en permanence, conclut Benoît Coens. Une grande partie du monde financier semble avoir du mal à intégrer cette évidence."

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