Marc Collet: "Comme Buffett, j'étais réticent aux techs"

Marc Collet, journaliste spécialisé en marchés financiers à L'Echo, est également l'un des quatre participants vedette du Rallye Boursier. ©Dieter Telemans

Notre journaliste spécialisé en marchés financiers Marc Collet voit la performance de son portefeuille grimper doucement mais sûrement. Il veut doper son rendement en misant désormais sur les valeurs technologiques.

Le début du concours était synonyme de routine pour notre journaliste maison et spécialiste des marchés financiers Marc Collet. "J’ai choisi de procéder comme je le fais habituellement pour mon portefeuille privé, mais je me suis vite rendu compte que, pour un concours qui ne dure que deux mois, il valait mieux être plus agressif", explique-t-il. 

Dans un premier temps, il n’a misé que sur des valeurs cycliques, qui représentent au total 20% de son portefeuille. "Les économistes ne prévoient pas de récession dans les 12 prochains mois, ces valeurs sont donc reparties à la hausse depuis la fin de l’été", indique celui qui se trouve en 2e position du classement des participants vedettes.

Dans son panier, on retrouve notamment Aperam , BNP Paribas et Renault . "J’ai osé parier sur un rebond de cette dernière valeur qui se situe à 42-43 euros, sachant qu’il y a un an elle était à 100 euros", explique Marc Collet. "Avec une action qui cote 0,3 fois la valeur comptable de la société par action, Renault est vraiment bon marché. Le rebond risque de se faire attendre, à moins que la fusion Peugeot-Fiat-Chrysler, ne se fasse pas. La spéculation sera alors reportée sur Renault", analyse-t-il.

Comme Warren Buffett, j’étais réticent aux valeurs technologiques, mais en même temps il fallait donner un coup de pouce à mon portefeuille. J’ai donc profité d’un tweet de Trump sur le commerce avec la Chine pour sélectionner quelques techs.
Marc Collet
Participant vedette du Rallye Boursier

Bpost pour son dividende, les techs pour leur croissance

Pour doper son portefeuille, le journaliste s’est tourné vers les services, où il a opté pour bpost , spécialement pour la distribution de dividende, grâce à quoi il a empoché 217 euros. "Je m’attendais aussi à une bonne nouvelle qui aurait pu faire bondir le cours de bourse, mais elle n’est pas venue…"

Nos quatres participants vedettes cette année. De gauche à droite: Fanny Jandrain, Marc Collet, Mikael Petitjean et Nathanaël Dumortier. ©Dieter Telemans

La performance de son portefeuille est jusqu’ici positive, mais pas satisfaisante aux yeux de notre participant vedette. "Il manquait, dans ce portefeuille, des valeurs de croissance. Comme Warren Buffett, j’étais réticent aux valeurs technologiques, mais en même temps il fallait donner un coup de pouce à mon portefeuille. J’ai donc profité d’un tweet de Trump sur le commerce avec la Chine pour sélectionner quelques techs."

L’investisseur multimilliardaire Warren Buffett, qui est en effet resté longtemps à l’écart des valeurs technologiques, a fini par acheter des actions Apple et Amazon , considérant que ces valeurs pouvaient être évaluées sur la base des mêmes critères de valorisation que les autres actions. Marc Collet, lui, a misé sur Microsoft , Nvidia et Amazon.

"Un choix qui s’avère concluant, car la performance de mon portefeuille est repartie à la hausse, frôlant les 2%", se réjouit notre investisseur vedette. Et il n’entend pas s’arrêter là avec les techs, regrettant de ne pas s’y être positionné plus tôt. Avec 55% de cash en portefeuille, le journaliste a encore de belles réserves pour effectuer quelques placements d’ici à la fin du concours.

Pas trop de biotechs

UCB est à la fois une pharmaceutique traditionnelle qui dégage des bénéfices et en même temps une biotech, c’est donc un bon mélange.
Marc Collet

Si Marc Collet a la biotech belge Galapagos en portefeuille, il ne regrette pas pour autant d'être passé à côté d’Asit Biotech au tout début du concours. "Je suis très réticent par rapport aux sociétés qui sont en bourse depuis quelques années, mais qui n’ont jamais réalisé de bénéfices. Je manque de visibilité par rapport au secteur biotech", explique-t-il. S’il a misé sur Galapagos, c’est "parce que les marchés reculaient sensiblement à la suite du tweet de Trump ce mercredi, alors que cette valeur continuait à monter dans des volumes étoffés. J’ai donc voulu profiter de sa tendance haussière".

Marc Collet garde une action à l’œil, il s’agit d’UCB ."C’est à la fois une pharmaceutique traditionnelle qui dégage des bénéfices et en même temps une biotech puisqu’elle vient encore de faire un achat important dans ce secteur aux États-Unis. C’est donc un bon mélange. On la qualifie d’ailleurs de biopharma. J’attends toutefois que le cours recule."

L’avis du coach - Youry Huygen (l’Investisseur)

Bien que mon rôle consiste à avoir un œil critique sur ce que font nos vedettes, je dois avouer que la tactique de Marc est pour le moins réfléchie. En ayant opté pour les technologiques américaines Microsoft et Nvidia, Marc pourrait en effet profiter ces dernières semaines de l’année du phénomène du "Window dressing". En fin d’année, les gestionnaires de portefeuilles ont ainsi tendance à acheter les valeurs qui se sont distinguées au cours de l’année. Car, d’un point de vue marketing, cela fait bien de pouvoir les afficher dans leur propre portefeuille au 31 décembre.

Avec Nvidia, le leader du marché des cartes graphiques, Marc pourrait aussi bénéficier ces prochaines semaines de nouvelles positives relatives au marché des jeux vidéos (surtout en cette période de fêtes).

En ce qui concerne le choix pour bpost, Marc a profité du fait que, dans ce "Rallye Boursier", le dividende (intérimaire) détaché par l’entreprise postale n’est pas soumis au précompte mobilier dans ce concours. Avec l’arrivée récente du nouveau CEO de bpost, Jean-Paul Van Avermaet, on aurait pu effectivement s’attendre à quelques annonces, mais le nouveau "boss" se laissera probablement jusqu’au printemps 2020 pour donner sa vision stratégique. Ce qui sera un peu tard pour ce concours…

Avec Renault, Marc a opté pour un retardataire dans le secteur automobile. La baisse de la marque au Losange s’explique par une importante mise en garde à l’automne et surtout la fusion annoncée entre Fiat-Chrysler et Peugeot. La probabilité semble faible que cette fusion n’ait pas lieu, mais qui sait? Et comme Marc le dit, si c’est le cas, l’attention pourrait à nouveau être portée sur Renault.

Enfin, en ce qui concerne son poids lourd BNP Paribas, il n’est pas exclu qu’en fin d’année les banques (qui affichent cette année le deuxième plus mauvais score au niveau sectoriel) soient remises à l’honneur. Acheter en janvier 2020 les perdants de 2019? Certaines années, ce choix peut s’avérer rentable...


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