Méfiez-vous de vos émotions

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Dernier volet de notre série introductive au concours Rallye Boursier: l'importance de la psychologie chez l'investisseur. De nombreux biais psychologiques peuvent interférer avec votre capacité à investir rationnellement.

"L’investisseur n’est pas l’Homo Economicus comme les modèles de la finance classique le prévoient". Tel est le constat réalisé aujourd’hui par la finance comportementale. Selon de nombreuses études, des biais psychologiques vont amener l’investisseur à s’écarter par moments de décisions rationnelles et lui faire faire des erreurs. Les chercheurs parlent ainsi d’une "rationalité limitée".

Comme l’explique Catherine D’Hondt, professeur de finance à la Louvain School of Management (UCL), il existe plusieurs biais psychologiques qui influencent notre comportement d’investisseur. En voici les principaux:

  • Le biais de familiarité intervient principalement lors de la composition de notre portefeuille d’investissement. Selon la finance comportementale, les investisseurs ont tendance à se focaliser sur des actifs qui leur sont familiers. En conséquence, leur portefeuille se retrouve parfois sous-diversifié.
  • Le biais de disposition intervient lors de la gestion de notre portefeuille. Les investisseurs ont tendance à matérialiser trop rapidement leurs plus-values et à garder trop longtemps leurs moins-values ouvertes, en raison peut-être d’une croyance " non-fondée " d’un retour des prix à la moyenne. En conséquence, la performance de leur portefeuille est affaiblie.
  • Le biais de surconfiance signifie que l’investisseurs s’octroie les fruits d’un succès et rejette les échecs sur des facteurs extérieurs comme la malchance. En conséquence, il a tendance à prendre davantage de risque. "Le fait d’investir en ligne peut amplifier ce biais car, compte tenu de cet environnement riche en informations, il y a une illusion de connaissance. Par ailleurs, l’investisseur a l’impression de tout commander ; ce qui crée une illusion de contrôle".
  • Le biais de représentativité désigne la tendance de l’investisseur à préférer les informations personnalisantes aux statistiques. C’est ce que l’on appelle la loi des petits nombres. En d’autres termes, l’investisseur croit observer des tendances particulières alors que ce sont des phénomènes aléatoires.
  • Le biais de disponibilité influence notre capacité à imaginer l’avenir. Plus nous pouvons facilement nous représenter un événement, plus nous pensons qu’il va se réaliser. Par conséquent, l’investisseur peut par exemple surestimer la venue d’une prochaine crise financière après avoir connu celle de 2008.

Cependant, la chercheuse estime – étude à l’appui - que la connaissance de ces biais psychologiques permet déjà d’en réduire l’impact sur nos comportements d’investisseur. À bon entendeur…

Le Rallye Boursier de L'Echo

Participez au Rallye Boursier, le concours de L’Echo. Pendant 10 semaines, faites fructifier votre capital de départ virtuel de 50.000 euros et gagnez jusqu’à 10.000 euros (non virtuels). Inscrivez-vous dès aujourd’hui et testez le module de jeu. Le concours démarrera le 20 novembre.

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